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Un mur à abattre
publié le mardi 3 novembre 2009

Michel Warschawski
 
La liberté de la presse en Israël

La « seule démocratie au Moyen-Orient » plonge à la 150e place dans le classement de Reporters sans frontières et accuse l’organisation d’être financée par le terrorisme.

Daniel Seaman est le cauchemar des correspondants de la presse internationale en Israël. II est le directeur du Bureau gouvernemental de la presse (GPO) à Jérusalem et, en tant que tel, décide à qui donner une carte de journaliste accrédité, à qui interdire l’entrée à une conférence de presse ou dans une zone de conflits. Ses choix sont toujours politiques et sa politique est de droite., pour ne pas dire d’extrême-droite. Bref, Daniel Seaman est le censeur en chef des media, à un moment où la censure militaire – la seule ayant des prérogatives officielles – se fait discrète et relativement permissive.

La semaine dernière, ledit Daniel s’est lâché sur les ondes. Interviewé à propos du dernier rapport de Reporters sans frontières sur la liberté de la presse à travers le monde, il a d’abord accusé RSF d’être une agence soutenue et financée par le terrorisme international (sic) et de défendre des terroristes déguisés en journalistes. Interrogé sur sa responsabilité dans la décision d’interdire l’accès à Gaza l’hiver dernier, ce qui donnait le monopole de l’information aux chaînes arabes sur place, il a répondu que l’armée n’avait pas à s’embarrasser de journalistes quand elle était « en guerre » et que, de toute façon, les Américains avaient fait de même en Irak. A propos de l’accusation de RSF concernant l’assassinat de 3 journalistes à Gaza au cours de l’opération Plomb durci, Seaman a répété qu’il s’agissait de terroristes.

Le pire, dans cette interview, c’est le peu de cas qu’il fait de la presse, alors qu’il est payé pour aider les journalistes à faire leur travail. Le monde idéal, pour le directeur du GPO, c’est un monde où il n’y aurait pas de journalistes mais uniquement un porte-parole du gouvernement.

En lisant plus en détail le rapport de RSF, on peut comprendre que les autorités israéliennes soient mal à l’aise. Celle qui aime se qualifier de « seule démocratie au Moyen-Orient » a été, suite à l’offensive à Gaza, dégradée de la 47e position à la 93e derrière la Guinée Bissau, la Mongolie et l’Ukraine. En réalité, la situation est pire encore quand les enquêteurs de RSF prennent en compte l’Israël « réel », à savoir Israël ET les territoires occupés. Le pays se retrouve alors en queue de peloton, à la 150e place, derrière la République du Congo, le Soudan et … l’Irak.

Certes, Israël a d’honnêtes et courageux journalistes comme Akiva Eldar, Amira Hass et Gideon Levy, mais ce que nous rappelle Reporters sans frontières, c’est qu’ils sont aujourd’hui l’exception dans un paysage médiatique de plus en plous muselé.

publié par Siné hebdo

http://www.sinehebdo.eu

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