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Le rapt des réserves naturelles de Gaza par Israël (partie 3)
publié le lundi 2 novembre 2009

Peter Eyre
 
Considérons brièvement le désastre qui a frappé les pêcheurs de Gaza et la manière dont les Israéliens (avec l’aide de l’Autorité Palestinienne) ont à présent pris le contrôle total de toutes les eaux en offshore.

Lorsqu’on regarde cette carte côtière, il saute aux yeux que le peuple de Gaza n’a aucun moyen pour réussir une industrie de la pêche commercialement viable. Elle s’est maintenant effondrée et tout le stock de poisson proche de la côte est épuisé.

Cette carte est une carte officielle de l’ONU mais que signifie-t-elle ? Il en va de même de la côte où la Palestine (qui fut naguère une grande communauté pleine de vie) est à présent réduite à de petites enclaves.

Cette politique dite des deux états est une farce absolue, avec la Cisjordanie elle-même devenue quasi deux états (Israéliens - Palestiniens).

Considérons brièvement le désastre qui a frappé les pêcheurs de Gaza et la manière dont les Israéliens (avec l’aide de l’Autorité Palestinienne) ont à présent pris le contrôle total de toutes les eaux en offshore.

Il y a quelque temps, j’ai eu l’opportunité de visiter Chypre où j’ai rencontré de nombreux pêcheurs qui se vantaient de l’époque où ils pouvaient pêcher dans la zone au large de Gaza. La pêche était excellente et les prises de crevettes encore meilleures et très lucratives. Les pêcheurs cypriotes se rappellent les jours où la marine israélienne les a progressivement mais fermement éloignés de la région.

Depuis les Accords d’Oslo et l’Accord Bertini nous avons vu le gouvernement israélien exercer sa force contre les pauvres pêcheurs de Gaza. La limite initiale des 20 miles nautiques (qui aurait dû être de 24 miles nautiques) n’a jamais été appliquée et de même la limite Bertini des 12 miles nautiques n’a pas atteint son objectif.

Ce qui se passe maintenant c’est qu’en fait les pêcheurs sortent et opèrent au jour le jour dans une zone proche de la côte dont l’étendue est contrôlée par la marine israélienne.

Il y a quelque temps, pendant les pourparlers sur les réserves de gaz en offshore, le président Abbas a transféré la zone de sécurité offshore à Israël, qui la contrôle à présent.

Si j’écris cet article cela ne veut pas dire que j’approuve pleinement le blocus. Je crois que toutes les négociations menées pour le compte des Palestiniens sont totalement inacceptables jusqu’à un certain point où le peuple de Palestine est pris en otage.

Souvent nous voyons une approche de type « big brother » où il est forcé d’accepter ou de subir les conséquences. Cependant je pense aussi que le président Abbas a parfois accepté des accords qui seraient normalement totalement inacceptables à d’autres.

Examinons l’industrie de la pêche et voyons combien les pêcheurs de Gaza ont du mal à maintenir une industrie viable. Puisque, nous l’avons vu, la pêche au large de Gaza était très lucrative, qu’est-ce qui a changé pour amener cette industrie à un effondrement total et pourquoi ?

Voici un échantillon typique d’une prise à Chypre [1]. J’ai regardé les bateaux de pêche rentrer le soir avec quelque 1.500 kg de ces poissons de type thon. La nuit le poisson était débarqué et expédié en Europe. C’est une simple comparaison de ce qu’on peut décrire comme une prise très lucrative. Les poissons sont séparés dans des boîtes après avoir été pesés.

La majorité de la pêche se fait en eaux profondes, ce qui constitue le premier obstacle pour les pêcheurs de Gaza. La marine israélienne les intimide en permanence et la plupart du temps les accule à la proximité des côtes (à environ 3 km de la côte).

Quand on sort tous les jours (la même distance), c’est exercer une pression énorme sur la capacité de régénération naturelle. La zone est alors en surpêche, on capture du poisson non mature et la chaîne naturelle est rompue. Finalement il ne faut pas beaucoup de temps pour que tout le stock décroisse et s’épuise.

Voyons à présent une telle prise à Gaza et la photo ci-dessous [dans article source]] montre que malgré les effectifs le rendement est extrêmement faible.

En 2007 l’UNHCR a écrit un rapport sur le déclin de l’industrie de la pêche à Gaza et souligné l’importance de permettre aux pêcheurs de vaquer chaque jour à cette industrie vitale. Historiquement, la pêche a été la bouée de sauvetage du peuple gazaoui.

Elle a été une part très importante de sa vie quotidienne et de ses ressources alimentaires. L’ONU a permis l’établissement des Accords d’Oslo, profondément imparfaits, pour la décimer.

De manière générale, chaque Etat côtier a droit à sa propre Zone Economique Exclusive qui lui donne accès et contrôle à toutes les ressources naturelles existant dans la limite de ses 200 miles nautiques. Dans le cas de Gaza il n’est pas possible d’obtenir cette zone d’extension marine puisque les frontières entre Israël et l’Egypte, si elles sont étendues, convergent en une sorte de triangle étendu.

Cependant, il serait possible de donner à Gaza une distance d’environ 60 miles nautiques. Si une telle zone était établie, Gaza serait en bonne position pour recouvrer son industrie de pêche perdue et avoir ainsi la capacité de continuer à chercher plus de pétrole et de gaz, qui sont censés abonder dans cette zone.

Nous reviendrons au rapt du pétrole et du gaz à Gaza dans un prochain article.

[1] photo sur article source

(3ème partie par - The Palestine Telegraph )

http://www.paltelegraph.com/opinion... mardi 6 octobre 2009

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