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Rapport Goldstone ; Des Israéliens approuvent
publié le dimanche 18 octobre 2009

Serge Dumont
 
Des voix, certes peu nombreuses, réussissent à faire entendre leur différence

« Le rapport de la commission Goldstone ne devrait pas être rejeté a priori. » A l’instar de l’ex-ministre et ex-député Yossi Beilin, plusieurs personnalités israéliennes appellent les dirigeants de l’Etat hébreu à « faire preuve de plus de discernement » dans leur condamnation radicale de l’enquête menée au nom du Conseil des droits de l’homme.

Certes, ces voix ne sont pas nombreuses. Pourtant, les ex-ministres Yossi Sarid et Shulamit Aloni, quelques professeurs d’université et intellectuels réussissent à faire entendre leur différence. A ce jeu-là, Shulamit Aloni se montre d’ailleurs la plus incisive. « En évoquant des crimes de guerre envers la population civile palestinienne, Richard Gold­stone a confirmé ce que beaucoup d’Israéliens savent de longue date sans oser se l’avouer », lance-t-elle.

Outre les grandes organisations israéliennes de défense des droits humains, les dix députés arabes à la Knesset estiment que le rapport Goldstone « est un document de première importance ». « Il marque une étape cruciale pour l’affirmation des droits de l’homme », proclame le député Ahmed Tibi.

Actuel ministre de la Sécurité sociale, Yitzhak Herzog (travailliste) n’approuve pas le rapport Gold­stone, mais ne le condamne pas a priori. Il a en tout cas été le seul membre du gouvernement à exiger que son pays participe à l’enquête au lieu de la boycotter. « Si nous ­avions agi différemment, nous ne nous serions sans doute pas retrouvés en position aussi délicate sur la scène internationale », lâche-t-il.

Incompréhension

Des propos que confortent ceux de David Bouskila, le maire de Sderot (la ville la plus touchée par les roquettes du Hamas). « Lorsque Richard Goldstone enquêtait dans la région, je lui ai demandé pourquoi il ne venait pas visiter ma ville au lieu de se cantonner à la bande de Gaza. Il m’a répondu qu’il le ferait volontiers mais que le gouvernement israélien lui interdisait l’accès à la zone », raconte-t-il. « Je ne comprends pas l’attitude de nos dirigeants. »

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