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UE et violations du droit dans les territoires palestiniens : le silence de l’UMP sur la question
publié le mercredi 3 juin 2009

Younes Salameh
 
A l’occasion des élections européennes, la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine a interpellé, sur la base d’un questionnaire, les principaux partis politiques français sur le rôle de l’Union européenne pour mettre un terme aux violations du droit dans les Territoires palestiniens. [1]

Plusieurs questions relatives à la Palestine ont été posées aux différents partis. Le parti majoritaire du président Sarkozy se démarque par un silence sur de nombreux thèmes pourtant majeurs. Service minimum pour le parti présidentiel qui souligne, si preuve il fallait encore, la parti pris de la diplomatie française dans le conflit.

Tout d’abord, l’UMP n’appelle pas à la fin du blocus de Gaza. Empêchant toute possibilité de reconstruction, ce blocus plonge pourtant la bande de Gaza dans une crise humanitaire inquiétante. L’UMP, met en avant la mobilisation de la Présidence française « pour parvenir à un cessez-le-feu à Gaza » et le soutien de Nicolas Sarkozy aux conférences de Charm El Cheikh en mars 2009 et de Paris en décembre 2007.

Concernant la colonisation, la position de l’UMP est la même que celle affichée récemment par le président américain Barak Obama, à savoir un gel de la colonisation. Le parti considère que « la paix sera fondée sur les résolutions du Conseil de sécurité, l’initiative arabe de paix et sur le principe de l’échange de la terre contre la paix. La poursuite des activités de colonisation, y compris celles liées à leur « croissance naturelle », ne va pas à cet égard dans la bonne direction ».

Concernant les relations économiques entre l’UE et Israël, la plateforme soumettait trois questions précises aux différents partis :

1) La persistance de la violation des droits de l’Homme dans les territoires palestiniens occupés conduit à une violation de l’article 2 de l’accord d’association signé entre l’Union européenne et Israël. Comptez-vous appeler à la suspension de l’accord d’association tant que le droit n’est pas respecté, dans la lignée de la résolution du Parlement européen d’avril 2002 ?

2) L’accord d’association UE-Israël est en voie de rehaussement. Vous prononcerez-vous de manière officielle contre ce rehaussement ? Vous serez amené à vous prononcer sur la participation d’Israël aux programmes communautaires. Voterez-vous contre cette participation ?

3) L’Union européenne a financé de nombreuses infrastructures dans les Territoires palestiniens qui ont été détruites par l’armée israélienne. Envisagez-vous de demander réparation pour les projets financés par l’UE et détruits par Israël ?

Sur ces trois questions, le parti n’apporte aucune réponse. Comment a la fois vanter l’activité du président Sarkozy pendant la présidence de l’UE pour le cessez le feu a Gaza et ne pas avoir d’avis sur des éléments concrets, parti intégrante d’une future paix dans la région ?

De même, le parti ne se prononce pas sur la question de l’exportation d’armes européennes ou fabriquées avec des composants européens vers Israël.

Sur un éventuel jugement des responsables des violations du droit ou la mise en place d’une commission internationale d’enquête indépendante sous l’égide des Nations Unies, nouveau silence de l’UMP. Une telle commission permettrait pourtant de faire la lumière sur les violations du droit international lors de l’opération ‘’plomb durci’’.

Sur la question d’un dialogue avec le Hamas, le parti majoritaire retrouve la parole, estimant que le Hamas doit « renoncer à la violence, reconnaître et respecter les principes du processus de paix ». Une position connue depuis longtemps et qui montre toutes ses limites.

Enfin, quant à une éventuelle conférence internationale après l’échec de la conférence d’Annapolis, l’UMP annonce qu’elle soutiendra des négociations sur un règlement final mais estime « qu’il appartient aux parties, Palestiniens et Israéliens, de se déterminer sur les conditions, les modalités et les principes » de ce règlement. Le parti préfère mettre en avant L’Union Pour la Méditerranée, qui permet de se projeter « dans le futur d’une coopération apaisée entre Etats voisins du Proche-Orient. »

On le voit ainsi, le parti ne se prononce pas sur un certain nombre de question pourtant fondamentales. En cela, le parti ne fait que reprendre la position tangente du président Sarkozy, ami des palestiniens dans certains discours, mais avant tout allié inconditionnel de l’Etat d’Israël.

[1] La synthèse des réponses est disponible sur le site de la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine : www.plateforme-palestine.org

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