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Jérusalem, enjeu majeur du conflit israélo-palestinien
publié le lundi 25 mai 2009 Nicolas Falez La politique de colonisation israélienne de Jérusalem-Est est régulièrement dénoncée par les Palestiniens et par la communauté internationale.
Cela dit, les statistiques officielles israéliennes, publiées chaque année à l’occasion de la « Journée de Jérusalem », montrent une fois de plus que le nombre de résidents arabes de la ville croît plus vite que sa population juive. Dans le plan de partage de la Palestine adopté par l’ONU en 1947, Jérusalem devait être placé sous contrôle international. Ce ne fut jamais le cas puisque la première guerre israélo-arabe (1948-1949) allait aboutir à une division de la ville : le nouvel Etat juif occupant la partie occidentale et la Jordanie occupant l’est de la cité, ainsi que la vieille ville. Pendant près de vingt ans, un no man’s land et des barbelés allaient donc couper Jérusalem en deux. En juin 1967, la guerre des Six-Jours bouleverse ce décor : Israël conquiert la partie orientale de Jérusalem (ainsi que la Cisjordanie, la bande de Gaza, le Sinaï et le Golan). Dès 1967, Israël annexe Jérusalem (alors que l’Etat hébreu n’a jamais annexé la Cisjordanie ni la bande de Gaza). Depuis 1980, Israël considère la ville comme « la capitale éternelle et réunifiée du peuple juif ». Les Palestiniens qui y vivent n’ont pas la nationalité israélienne (contrairement aux Arabes israéliens) mais ils disposent du statut de résidents. La communauté internationale n’a jamais reconnu l’annexion de Jérusalem-Est. Quant aux Palestiniens, ils revendiquent la souveraineté sur cette partie de la ville, souhaitant en faire la capitale de leur futur Etat. Fait important : Israël a incorporé dans les limites municipales de Jérusalem des terrains que les Palestiniens et la communauté internationale considèrent comme faisant partie de la Cisjordanie. Lorsque l’Etat hébreu annonce des constructions dans ces zones, il affirme poursuivre sa politique de renforcement de Jérusalem (annexée) alors que les Palestiniens et la communauté internationale dénoncent une poursuite de la colonisation des territoires occupés, en contradiction avec les engagements israéliens de « la feuille de route » (2003) et d’Annapolis (2007). Qui vit à Jérusalem ? Selon les chiffres publiés en ce mois de mai 2009, la ville compte 760 000 habitants : 65% sont des juifs, 35% des arabes (musulmans et chrétiens). Depuis 1967, la population globale de la ville a augmenté de 186%. Dans le détail, la population arabe a augmenté de 291% et la population juive de 149%. Ce décalage s’explique par une natalité plus élevée au sein de la communauté arabe qu’au sein de la communauté juive (2,8% contre 2,1%) et par le fait que les Israéliens juifs sont plus nombreux à quitter Jérusalem qu’à s’y installer. Environ 200 000 juifs israéliens vivent dans la partie orientale de la ville, dans une douzaine de quartiers de colonisation construits après 1967. 74% des enfants arabes et 48% des enfants juifs vivent sous le seuil de pauvreté. Quelle est l’importance de Jérusalem dans le conflit israélo-palestinien ? Le conflit israélo-palestinien achoppe sur une poignée de questions ultra-sensibles : le droit au retour des réfugiés palestiniens, la question des frontières des deux Etats, la question de la colonisation et le statut de Jérusalem. On l’a dit : Israéliens et Palestiniens sont en conflit sur la souveraineté de Jérusalem-Est (les premiers rejetant l’idée d’une nouvelle division de la ville, les seconds voulant y établir leur capitale). La question des lieux saints est également brûlante : l’esplanade des Mosquées (ou Noble Sanctuaire) est le troisième lieu saint de l’Islam. Elle surplombe le Mur des Lamentations, premier lieu saint du judaïsme car unique vestige du Temple. La contiguïté des deux monuments fait de ce secteur de la vieille ville un des épicentres du conflit : la question de la souveraineté sur cette zone est bien souvent considérée comme l’une des causes de l’échec des négociations israéliennes de Camp David (en 2000). Et quelques semaines plus tard, la visite d’Ariel Sharon sur l’esplanade des Mosquées provoqua des émeutes violemment réprimées (c’était le début de la deuxième Intifada). Enfin, la question des constructions israéliennes dans la partie orientale de Jérusalem inquiète aussi les Palestiniens car ces chantiers grignotent l’étroit corridor de terre qui relie le nord et le sud de la Cisjordanie. A terme, l’extension des quartiers juifs dans l’est de Jérusalem compromet la continuité territoriale au sein d’un futur Etat palestinien. [1] [1] Voir aussi Michel Paul sur RFI : Extension des colonies israéliennesLe Premier ministre israélien a infligé un camouflet au président américain. Au cours de la visite de Benyamin Netanyahu aux Etats-Unis, il y a quelques jours, Barack Obama avait rappelé que la feuille de route internationale pour la paix au Proche-Orient faisait obligation à l’Etat juif de stopper toutes les activités de colonisation dans les Territoires palestiniens. Après cette rencontre, le chef du gouvernement israélien a opposé un triple non à la création d’un Etat palestinien, à un retour aux frontières de 1967 et à un gel de la colonisation. Concernant ce dernier sujet, lors du conseil des ministres, dimanche à Jérusalem, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu a indiqué que son équipe entendait poursuivre l’accroissement des colonies existantes en Cisjordanie mais sans en créer de nouvelles. « Israël a l’intention de continuer à construire dans des colonies existantes de Cisjordanie mais par contre exclut d’en créer des nouvelles ». Le Premier ministre Benyamin Netanyahu a fait cette annonce lors de la réunion hebdomadaire du gouvernement, dimanche, à Jérusalem. « Il n’est pas juste de ne pas apporter de solution à la croissance naturelle dans les implantations », a-t-il poursuivi. Une déclaration qui intervient quelques jours seulement après la demande de l’administration Obama de geler totalement la croissance des implantations... article complet sur RFI http://www.rfi.fr/actufr/articles/1... publié par RFI |
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