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Barbarie
publié le samedi 28 mars 2009

T. Hocine
 
Depuis soixante ans, il n’y a jamais eu autant d’accusations portées contre Israël, même si les condamnations sont toujours inexistantes, sans que cela soit une autre question.

Depuis janvier dernier les images des principaux médias aidant, le monde découvre, pour les plus incrédules bien entendu, de quoi Israël est capable, quand il s’agit d’étouffer le sentiment de résistance des Palestiniens. Quoique la réalité est chaque fois travestie au moins pour atténuer cette barbarie, sinon en faire une action de légitime défense. Rien que cela, même s’il faut mutiler toutes les notions de droit et de justice.

Il se trouve, en effet, des pays qui font barrage à toute condamnation d’Israël et cela l’encourage à persister dans cette voie. Et puis dira-t-on, comme si certains découvraient subitement la réalité, avec quel armement ? Qui le lui a fourni et, qui plus est, avec quel financement ?

Même réduite à l’inaction, l’ONU a rarement raté l’opportunité de rappeler ce qui tient lieu d’évidence, c’est-à-dire que la question palestinienne n’est pas une classique, puisque relevant du droit des Palestiniens à vivre dans un Etat libre et indépendant pourvu de tous les symboles de souveraineté, mettant en garde contre une guerre conventionnelle. Elle s’est ainsi placée en porte-à-faux quand Israël a décrété unilatéralement, en juillet 2008, que la bande de Ghaza était une entité hostile. C’était une déclaration de guerre, aidée en cela par des déclarations bienveillantes tendant en tout cas à justifier l’injustifiable.

Sauf que cette fois, des témoins indépendants, selon la formule consacrée et à crédibilité avérée, ont décidé de parler afin que l’opinion internationale sache qu’Israël incarne un terrorisme d’Etat, même si, aujourd’hui, des organisations israéliennes, tout en accompagnant un tel discours, tendent beaucoup plus à allumer des contre-feux pour mettre en cause des responsabilités individuelles ou tout au plus celle d’une institution, l’armée en l’occurrence, accusée d’avoir manqué à l’éthique, alors qu’il s’agit d’une politique tracée en toute connaissance de cause par l’administration israélienne, jusqu’aux assassinats ciblés, ce qu’on appelle les liquidations physiques de dirigeants palestiniens, décidées au plus haut niveau israélien.

Ce que le monde entier n’ignore pas, car même si cela devait être le cas, il en est qui ont décidé de ne rien occulter, comme l’Américain Richard Falk que certains traitent par la dérision en soulignant que ce nom rappelle celui d’un acteur bien connu. Quel sens de la responsabilité décidément sélective comme l’indignation ou l’application au cas par cas de ce qui tient lieu de légalité. Mais encore une fois, le mérite revient à l’institution qui a fait de lui un homme de terrain chargé de suivre la situation des Palestiniens. Sans être véritablement dures, ses remarques interpellent avec force la conscience universelle et aussi ce qui tient lieu de justice internationale menacée, quant à elle, de mort si elle continue d’opposer aux victimes palestiniennes les questions de procédure.

publié par el Watan le 28 mars 2009

http://www.elwatan.com/Barbarie

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