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Le dialogue interpalestinien reprend au Caire
publié le mercredi 11 mars 2009

Reuters et NouvelObs
 
Cinq commissions doivent traiter des questions déterminantes pour la réconciliation des différentes factions palestiniennes dont la formation d’un gouvernement d’union nationale.

En désaccord sur la politique à mener envers Israël et sur le contrôle de l’aide à la reconstruction de Gaza, les factions palestiniennes rivales doivent résoudre de sérieux problèmes à l’occasion de la reprise de leur "dialogue national" ce mardi 10 mars au Caire. Avant le début des discussions, qui doivent durer dix jours, des responsables affiliés au Fatah du président Mahmoud Abbas et leurs homologues du mouvement islamiste Hamas formulaient un constat identique : les chances d’une percée sont des plus minces.

Isolement du Hamas

Cinq commissions doivent traiter des questions déterminantes pour la réconciliation des différentes factions palestiniennes : la formation d’un gouvernement d’union nationale et l’intégration de l’appareil politico-militaire qu’est le Hamas à l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). Des politologues palestiniens estiment que le Hamas a décidé de prendre part aux négociations pour essayer de sortir de l’isolement que lui a imposé l’Occident parce qu’il refuse de reconnaître Israël, de renoncer à la violence et d’accepter les accords de paix intérimaires. Soutenu par les Occidentaux, Mahmoud Abbas chercherait à minimiser les tensions entre les deux bords, conscient que le Fatah risque de s’affaiblir en cas d’échec des pourparlers de paix avec un état d’Israël gouverné par la nouvelle droite de Benjamin Netanyahu. "Nous devons parvenir à un accord pour former un gouvernement de réconciliation qui respectera les obligations de l’OLP", a expliqué le leader du Fatah dimanche.

Reconstruction de Gaza

Il se référait ainsi aux accords intérimaires conclus par l’organisation, qui envisagent la création d’un Etat palestinien aux côtés d’un Etat juif aux frontières sûres - projet auquel Benjamin Netanyahu n’a jamais souscrit publiquement. Le Hamas, opposé au processus de paix appuyé par les Etats-Unis, propose de le remplacer par une trêve à long terme avec Israël. A court terme, un gouvernement d’union serait crucial pour l’efficacité d’un programme de reconstruction efficace dans la bande de Gaza, qui a subit une offensive israélienne de 22 jours en décembre-janvier, la dévastant. Israël ripostait à des tirs de roquettes sur son territoire.

Contrôle des fonds

Dans le cadre d’une conférence qui s’est tenue le mois dernier en Egypte, les donateurs internationaux ont promis une aide de 4,48 milliards de dollars à la reconstruction de Gaza. Cependant les donateurs ne sont pas d’accord quant aux modalités de distribution de l’aide tant que le Hamas gouverne seul la bande de Gaza dont il a arraché le contrôle au Fatah après de violents combats en juin 2007. Le Hamas et l’Autorité palestinienne présidée par Mahmoud Abbas veulent tous deux contrôler ces fonds. "Plus tôt un gouvernement (d’union) sera formé, plus vite la reconstruction s’accomplira", a-t-il déclaré en évoquant une administration de technocrates que le Fatah juge propre à contourner le boycott du Hamas par les Occidentaux.

Une alliance difficile

Selon Ayman Tayha, responsable du Hamas, "la reconstruction de Gaza est importante, mais nous ne sommes pas tenus en retour de renoncer à nos principes ni de reconnaître Israël, car cela n’aura jamais lieu". Bassem Ezbeidi, professeur de sciences politiques à l’université de Bir Zeit, en Cisjordanie occupée, estime de son côté que le Hamas et le Fatah sont dans l’obligation de lâcher du lest pour que les pourparlers aboutissent à une solution. Cependant, il "ne pense pas que les deux parties soient prêtes à faire ces compromis pour parvenir à un accord." L’intégration du Djihad islamique et du Hamas à l’OLP est un autre point épineux. Une telle alliance vise à concilier des idéologies contraires, l’une préconisant la destruction d’Israël et l’autre - celle du Fatah - la coexistence. "Il y a un écart immense entre les deux parties. Il serait très difficile de conclure un accord d’ici à la fois du mois", souligne un représentant de l’OLP appelé à négocier au Caire. (Avec Reuters)

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