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Israël . Netanyahou compose avec l’extrême droite
publié le samedi 21 février 2009

Pierre Barbancey
 
Le leader du Likoud est désigné pour diriger le prochain gouvernement [1]. Il a le soutien du dirigeant raciste et ultranationaliste Avigdor Liebermann.

Les jeux sont faits. Et rien ne va plus en Israël. Benyamin Netanyahou devrait devenir le prochain premier ministre. Avigdor Liebermann, le chef du parti d’extrême droite Israël Beitenou, qui a fortement progressé aux élections législatives du 10 février en obtenant 15 sièges, s’est rangé aux côtés de celui qu’on surnomme « Bibi », lors d’un entretien hier avec le président israélien, Shimon Peres [2]. Ce dernier, qui a entamé mercredi ses consultations en vue de la désignation du futur chef du gouvernement, a normalement jusqu’au 25 février pour faire valoir son choix, qui s’appuie moins sur des considérations politiques que sur la garantie de formation d’un gouvernement stable.

« un gouvernement Bibi-Livni »

En ce domaine, Tzipi Livni, chef du parti Kadima, qui a devancé d’un siège son adversaire du Likoud, sait que ce n’est pas toujours facile. Après la démission annoncée d’Ehoud Olmert à la fin de l’année dernière, elle avait vainement tenté de trouver une majorité qui lui aurait permis de devenir premier ministre et ainsi éviter des élections. Elle en a été incapable. Celui (ou celle, tant que rien n’est conclu) qui sera chargé de former le prochain gouvernement disposera alors de quarante-deux jours pour mener à bien cette tâche et soumettre son équipe à l’approbation de la Knesset.

Cette fois, le faiseur de roi s’appelle Avigdor Liebermann, le dirigeant musclé - dans tous les sens du terme puisqu’il étaitdans sa prime jeunesse videur dans une boîte de nuit en Russie - sait l’importance qu’a acquise son parti et il tente maintenant de faire accepter les principaux points de son programme même si, officiellement, comme il l’a dit à Shimon Peres, « nous recommandons Benyamin Netanyahou, mais seulement dans le cadre d’un gouvernement élargi. Face aux défis économiques et à la menace iranienne, il faut un gouvernement incluant les trois plus grands partis : le Likoud, le Kadima et Israël Beitenou. Ceux qui voudront s’y joindre pourront le faire par la suite ». Pour bien montrer son poids, il a ajouté : « Netanyahou sera premier ministre, mais ce sera un gouvernement Bibi-Livni. Je dis au Likoud de renoncer à former un gouvernement restreint qui serait uniquement un gouvernement de survie, incapable de prendre la moindre initiative. Je dis à Tzipi Livni de renoncer à l’idée de rotation car une telle formule provoquerait l’instabilité. » Une allusion à une possible permutation au poste de premier ministre à mi-mandat entre Tzipi Livni et Benyamin Netanyahou.

Mais Livni et ses proches ont fait savoir qu’ils ne participeraient pas à un gouvernement dirigé par Netanyahou. Ce dernier revendique le poste de premier ministre, qu’il a déjà occupé, et affirme qu’il pourrait former un gouvernement sans Kadima, avec le soutien d’un bloc de droite réunissant 65 députés.

pas de déclaration d’ouverture

Pour Livni, l’arithmétique est plus compliquée. Son parti, composé de transfuges du Likoud et du Parti travailliste, créé par Ariel Sharon qui a certainement tout été dans sa carrière politique sauf de gauche, entend se positionner au centre. Ce qui ne signifie évidemment rien en termes politiques mais qui se veut le point d’équilibre entre les tendances des formations se réclamant du sionisme.

En admettant donc qu’elle parvienne à rassembler autour d’elle les travaillistes et le Meretz, elle ne totaliserait que 55 sièges. Et encore, en y ajoutant les partis arabes et le parti communiste israélien. Aucun de ceux-là n’a promis de la soutenir. D’autant que ses velléités guerrières prouvées contre le peuple de Gaza autant que ses déclarations contre les Israéliens arabes ne sont pas vraiment des déclarations d’ouverture. Elle a en tout cas rejeté l’offre de participation à un gouvernement avec Benyamin Netanyahou.


Communiqué du Parti communiste français

Israël : B. Netanyahou, Premier ministre, c’est une menace contre la paix et un danger pour tout le Proche-Orient.

Benyamine Netanyahou vient d’être chargé de constituer le gouvernement issu des dernières élections israéliennes. C’ est une menace directe contre la paix et un danger pour tout le Proche-Orient. Son principal allié sera l’ultra-nationaliste xénophobe et anti-palestinien Avigdor Lieberman qui s’ est permis d’appeler à l’expulsion des citoyens arabes d’Israël. Le PCF exprime sa grande inquiétude suite à cette nomination qui va faire du prochain gouvernement israélien un des gouvernements les plus extrémistes et les plus réactionnaires qu’ Israël ait jamais eu.

Après l’agression israélienne et les crimes commis contre le peuple palestinien à Gaza, les autorités françaises et européennes doivent faire preuve de la plus grande vigilance et conditionner la nature de leurs relations avec ce gouvernement israélien à plusieurs exigences sine qua non : choisir un règlement politique conforme aux résolutions des l’ ONU, en finir avec l’occupation et la colonisation, favoriser l’édification d’un Etat palestinien souverain à côté de l’ Etat d’ Israël. A défaut, des sanctions doivent être appliquées avec notamment la suspension, votée en 2002 par le Parlement européen, de l’ accord d’ association Union européenne /Israël.

[1] voir AFP : Netanyahu chargé de former le nouveau gouvernement israélien

Le chef de la droite en Israël, Benjamin Netanyahu, hostile à la création d’un Etat palestinien, a été formellement chargé vendredi de former le gouvernement issu des législatives du 10 février.

D’emblée, M. Netanyahu, 59 ans, a annoncé qu’il plaçait l’Iran en tête de ses priorités après avoir reçu du président israélien Shimon Peres une lettre lui confiant la tâche de former le gouvernement, à la présidence à Jérusalem.

"Israël traverse une période cruciale et doit faire face à des défis colossaux. L’Iran cherche à se doter de l’arme nucléaire et constitue la menace la plus grave pour notre existence depuis la guerre d’indépendance" de 1948, a dit le chef du Likoud.

Assuré d’une majorité de 65 députés sur 120 grâce au soutien de l’extrême droite et des formations religieuses, M. Netanyahu devra présenter son cabinet à la Knesset (Parlement) dans un délai de 28 jours, prolongeable de 14 jours.

M. Netanyahu s’est toutefois dit favorable à un gouvernement d’union "le plus large possible".

"Je lance un appel à Tzipi Livni et Ehud Barak, les chefs du Kadima (28 sièges) et du parti travailliste (13) pour serrer les rangs et agir ensemble. Vous serez les premiers que je rencontrerai (pour former une majorité) afin de discuter de la formation d’un gouvernement d’union le plus large possible", a assuré le chef du Likoud (droite, 27 députés).

Selon la radio publique, M. Netanyahu et Mme Livni sont convenus par téléphone de se rencontrer dimanche.

Lors de son précédent mandat comme chef du gouvernement (1996-1999), M. Netanyahu avait été contraint à la démission à la suite de la défection des formations d’extrême droite qui lui reprochaient d’avoir cédé aux pressions des Etats-Unis en faisant des "concessions" aux Palestiniens.

Selon les commentateurs, M. Netanyahu entend cette fois tout faire pour empêcher d’être pieds et poings liés à des alliés d’extrême droite dans un gouvernement "super-faucon" dont la politique, notamment vis-à-vis des Palestiniens, risquerait de provoquer des tensions avec les Etats-Unis.

Pour éviter un tel scénario, M. Netanyahu est prêt à être "généreux" envers Tzipi Livni proposant, selon les médias, les ministères des Affaires étrangères et de la Défense au Kadima.

Pour le moment, Mme Livni, ministre des Affaires étrangères sortante, ainsi qu’Ehud Barak, actuel ministre de la Défense, ont exclu de se rallier à un gouvernement dirigé par M. Netanyahu.

Du côté palestinien, le président Mahmoud Abbas a affirmé qu’il ne traiterait pas avec le prochain gouvernement israélien s’il se dérobait à la paix, selon son porte-parole.

A Gaza, le mouvement islamiste Hamas, dont M. Netanyahu préconise le renversement, a estimé qu’Israël avait opté pour un dirigeant "plus extrémiste" que le Premier ministre sortant Ehud Olmert.

Catégoriquement opposé à l’origine aux accords sur un régime d’autonomie palestinienne conclus en 1993, M. Netanyahu en avait réduit la portée lorqu’il était au pouvoir, pour relancer à grande échelle la colonisation juive dans les territoires palestiniens.

Hostile à la création d’un Etat palestinien qui disposerait d’une réelle souveraineté, il a maintenu le flou sur ses intentions lors de sa dernière campagne électorale. Dans son discours devant le président Peres, il n’a pas mentionné les Palestiniens.

Marius Schattner http://fr.news.yahoo.com/2/20090220/tts-netanyahu-charge-de-former-le-nouvea-c1b2fc3.html

[2] voir l’Orient le Jour du 21 février :

En Israël, le retour au pouvoir de la droite dure

Le chef de la droite en Israël, Benjamin Netanyahu, hostile à la création d’un État palestinien, a été formellement chargé hier de former le gouvernement issu des législatives du 10 février. D’emblée, M. Netanyahu, 59 ans, a annoncé qu’il plaçait l’Iran en tête de ses priorités après avoir reçu du président israélien Shimon Peres une lettre lui confiant la tâche de former le gouvernement à la présidence à Jérusalem. « Israël traverse une période cruciale et doit faire face à des défis colossaux. L’Iran cherche à se doter de l’arme nucléaire et constitue la menace la plus grave pour notre existence depuis la guerre d’indépendance » de 1948, a dit le chef du Likoud.

Assuré d’une majorité de 65 députés sur 120 grâce au soutien de l’extrême droite et des formations religieuses, M. Netanyahu devra présenter son cabinet à la Knesset (Parlement) dans un délai de 28 jours, prolongeable de 14 jours. M. Netanyahu s’est toutefois dit favorable à un gouvernement d’union « le plus large possible ». « Je lance un appel à Tzipi Livni et Ehud Barak, les chefs du Kadima (28 sièges) et du Parti travailliste (13) pour serrer les rangs et agir ensemble. Vous serez les premiers que je rencontrerai (pour former une majorité) afin de discuter de la formation d’un gouvernement d’union le plus large possible », a assuré le chef du Likoud (droite, 27 députés). Selon la radio publique, M. Netanyahu et Mme Livni sont convenus par téléphone de se rencontrer demain.

Lors de son précédent mandat comme chef du gouvernement (1996-1999), M. Netanyahu avait été contraint à la démission à la suite de la défection des formations d’extrême droite qui lui reprochaient d’avoir cédé aux pressions des États-Unis en faisant des « concessions » aux Palestiniens. Selon les commentateurs, M. Netanyahu entend cette fois tout faire pour empêcher d’être pieds et poings liés à des alliés d’extrême droite dans un gouvernement « superfaucon » dont la politique, notamment vis-à-vis des Palestiniens, risquerait de provoquer des tensions avec les États-Unis. Pour éviter un tel scénario, M. Netanyahu est prêt à être « généreux » envers Tzipi Livni proposant, selon les médias, les ministères des Affaires étrangères et de la Défense au Kadima. Pour le moment, Mme Livni, ministre des Affaires étrangères sortante, ainsi qu’Ehud Barak, actuel ministre de la Défense, ont exclu de se rallier à un gouvernement dirigé par M. Netanyahu. Du côté palestinien, le président Mahmoud Abbas a affirmé qu’il ne traiterait pas avec le prochain gouvernement israélien s’il se dérobait à la paix, selon son porte-parole. À Gaza, le mouvement islamiste Hamas, dont M. Netanyahu préconise le renversement, a estimé qu’Israël avait opté pour un dirigeant « plus extrémiste » que le Premier ministre sortant Ehud Olmert.

Catégoriquement opposé à l’origine aux accords sur un régime d’autonomie palestinienne conclus en 1993, M. Netanyahu en avait réduit la portée lorsqu’il était au pouvoir, pour relancer à grande échelle la colonisation juive dans les territoires palestiniens. Hostile à la création d’un État palestinien qui disposerait d’une réelle souveraineté, il a maintenu le flou sur ses intentions lors de sa dernière campagne électorale. Dans son discours devant le président Peres, il n’a pas mentionné les Palestiniens. http://www.lorientlejour.com/article/609454/En_Isra%C3%ABl%2C_le_retour_au_pouvoir_de_la_droite_dure.html

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