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Nous gagnerons la guerre à Gaza
publié le lundi 12 janvier 2009

Abu Marzouq - Al Jazeera
 

Dans sa guerre contre Gaza, Israël a tué plus de 700 Palestiniens - des femmes et des enfants pour près d’un tiers - et a blessé plus de 3000 personnes [1].

Mais au siège de l’organisation à Damas, à 100 km du territoire, Musa Abu Marzouq, chef adjoint du bureau politique du Hamas, a dit à Al Jazeera pourquoi il croit que son organisation est sur le point de remporter la victoire.

Al Jazeera : Dans quelles conditions le Hamas acceptera-t-il un cessez-le-feu avec Israël ?

-  Abu Marzouq : Nous posons trois conditions pour toute initiative de paix de quelqu’Etat qu’elle provienne.

D’abord, les Israéliens arrêtent leur agression. Tous les passages sont ouverts, y compris le portail de Rafah entre la Bande de Gaza et l’Egypte. Enfin, Israël doit se retirer de la Bande de Gaza.

Nous ne disons pas que nous arrêterons de lancer des roquettes depuis la Bande de Gaza contre Israël - nous parlons seulement de l’arrêt de l’agression israélienne contre la population civile de la Bande de Gaza.

Quand d’autres parlent d’un cessez-le-feu, ils disent qu’il faut arrêter toutes les opérations militaires.

Avec le lancement de roquettes nous envoyons comme message : « Nous ne nous rendrons pas. Nous devons combattre les Israéliens et nous gagnerons cette bataille ».

Nous savons que nous subirons de fortes pertes, mais nous gagnerons In Cha’a Allah

Des membres du Hamas ont dit qu’Israël a recours aux punitions collectives en visant des civils qui soutiennent le Hamas . Mais , le fait que le Hamas cible des civils israéliens n’est-il pas aussi une forme de punition collective ?

Nous nous défendons.

Dans n’importe quelle occupation, le peuple doit résister aux soldats et à l’armée qui occupent son pays.

Nous n’avons pas d’armes suffisamment sophistiquées que pour toucher des cibles exactes.

Notre message est le suivant : "Vous ne pouvez pas fournir de sécurité à votre camp avant de garantir la sécurité du camp palestinien".

Nous cherchons la liberté et la sécurité pour le peuple palestinien. Tel est notre message à Israël.

Les Israéliens doivent comprendre que nous avons pour but un Etat indépendant.

A votre avis, comment la guerre d’Israël contre Gaza affectera-t-elle la position du Hamas ?

Le putsch contre le Hamas a fortement augmenté notre popularité parmi la population palestinienne et dans tout le monde musulman.

Après que les Israéliens ont assassiné des dirigeants du Hamas tels qu’Ahmed Yassin et Ismail Abu Shanab, le Hamas a remporté les élections avec 76 sièges sur les 132 que compte le parlement.

Par son recours à de tels moyens, loin de diminuer la popularité du Hamas, Israël l’accroît.

Que considéreriez-vous exactement comme une « victoire » pour le Hamas ?

Une victoire pour le Hamas signifierait que les Israéliens n’ont pas atteint leurs objectifs. S’ils ne peuvent pas empêcher les roquettes d’atteindre Israël, ils auront échoué.

La vraie raison pour laquelle Israël attaque le Hamas est qu’il veut changer le gouvernement Hamas dans la Bande de Gaza - c’est son projet depuis la victoire du Hamas aux élections - et ce n’est pas à cause des roquettes.

Malgré son embargo économique, Israël n’a pas réussi à soulever la population contre le Hamas dans la Bande de Gaza.

Il a essayé de pousser le Fatah à combattre le Hamas, mais nous avons vaincu le Fatah dans la Bande de Gaza et les Israéliens ont donc pris les choses en main.

Pourquoi, au début de ce conflit, le Hamas a-t-il décidé de ne pas reconduire le cessez-le-feu de six mois ?

Nous avons accepté le cessez-le-feu avec la médiation de l’Egypte à certaines conditions.

Toutes les opérations militaires devaient stopper avant le 19 juin.

Les six passages entre Israël et Gaza devaient rester ouverts.

Pendant les dix premiers jours de la trêve, 30 pour cent des marchandises provenant d’Israël devaient pouvoir passer et après cette période de dix jours, toutes les marchandises auraient été autorisées à passer.

Par ailleurs, il devait y avoir une réunion entre les Européens, les Egyptiens, l’Autorité palestinienne et le Hamas pour discuter de la manière d’ouvrir le portail de Rafah.

Enfin, le couvre-feu était censé être étendu à la Transjordanie.

Pendant ces six mois, les Israéliens ont maintenu la fermeture du passage aux frontières la plupart du temps.

Quinze pour cent seulement des marchandises étaient autorisées à passer d’Israël dans la Bande de Gaza.

Les Israéliens ont tué plus de 40 personnes durant le dernier mois du cessez-le-feu, dont huit pendant la dernière semaine.

A plusieurs occasions, les Egyptiens nous ont dit que les Israéliens ne respectaient pas l’accord.

Le refus israélien de laisser entrer les marchandises dans la Bande équivalait à une mort lente pour les Palestiniens.

A la fin, les Palestiniens se sont demandés « A quoi nous sert un cessez-le-feu ? »

C’est la raison pour laquelle nous ne l’avons pas reconduit.

En décembre, Khalid Meshaal, le dirigeant du Hamas a appelé à une « intifada militaire contre l’ennemi sioniste » et à une « intifada pacifique sur le plan interne ». Qu’est-ce qu’il entend par intifada pacifique interne ?

Je crois qu’il voulait dire qu’il faut un changement interne parmi les Palestiniens.

Actuellement, en Cisjordanie, l’Autorité palestinienne contrôle tout. Ce n’est pas acceptable.

Nous devons changer cette situation de manière pacifique.

Où en sont les relations actuelles entre le Hamas et le Fatah ?

Actuellement, la priorité pour le Hamas, le Fatah ou n’importe quelle organisation palestinienne est de résister à l’agression israélienne.

Quand nous en aurons fini avec cette bataille, je suppose que nous pourrons parler de nous réconcilier ou de nous réunifier avec le Fatah.

Nous accueillons favorablement tout type de négociation ou de dialogue entre le Fatah et le Hamas visant à mettre fin à la séparation des Palestiniens.

Quand le Président français, Nicolas Sarkozy, a rencontré le Président syrien, Bachar el Assad, beaucoup ont dit qu’il essayait d’encourager Damas à faire pression sur le Hamas pour qu’il arrête de lancer les roquettes.

Avez-vous subi une quelconque pression de la part de la Syrie ?

Nous n’avons subi aucune pression de sa part.

La Syrie respecte notre indépendance. Elle respecte nos choix. Elle respecte les politiques que nous choisissons pour notre peuple.

Le Hamas a-t-il eu des contacts avec l’administration de Barack Obama, le Président-élu des Etats-Unis ?

Non, nous n’avons eu aucun contact direct.

Qu’attendez-vous de l’attitude de Hillary Clinton, proposée au poste de Secrétaire d’Etat des USA ?

Nous ne pouvons pas évaluer l’avenir.

Nous savons qu’au sénat étasunien, Hillary a toujours voté pour Israël, mais elle changera peut-être quand elle deviendra Secrétaire d’Etat.

[1] plus de 900 morts et 4000 blessés au 12 janvier

Article publié ici : http://english.aljazeera.net/news/m...

via : http://www.info-palestine.net/artic...

Traduction : Anne-Marie Goossens

note : Afps

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