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Les Palestiniens manifestent, Israël poursuit ses frappes sur Gaza
publié le samedi 3 janvier 2009

Mai Yaghi
 
Des milliers de Palestiniens ont manifesté vendredi en Cisjordanie contre l’offensive israélienne à Gaza, où trois enfants d’une même famille ont été tués au septième jour des raids.

Dans une rare intervention depuis le début du conflit, le chef en exil du Hamas, Khaled Mechaal, a assuré que son mouvement "ne capitulerait pas" et prévenu qu’un "sombre destin" attendait Israël s’il mettait le pied à Gaza.

A Jérusalem-est occupé, où la police israélienne avait déployé d’importants renforts et limité l’accès à l’esplanade des Mosquées, près de 3.000 fidèles ont prié dans le calme.

Des heurts entre lanceurs de pierres palestiniens et police israélienne ont toutefois éclaté après les prières dans plusieurs quartiers, selon un photographe de l’AFP. Les policiers israéliens ont tiré des grenades assourdissantes et des gaz lacrymogènes.

Des manifestations ont également eu lieu en Cisjordanie à l’appel notamment du Hamas, qui avait proclamé vendredi "journée de la colère".

Ainsi à Ramallah, siège de l’Autorité palestinienne, des milliers de manifestants encadrés par un important dispositif de sécurité ont défilé après la grande prière du vendredi.

Brandissant des drapeaux palestiniens et du Fatah, le parti du président Mahmoud Abbas, ainsi que quelques bannières du Hamas rival, les participants scandaient "nous sommes prêts à sacrifier notre âme et notre sang pour Gaza" [1]

Ils ont appelé "à frapper Tel-Aviv".

"O Qassam, amenez les voitures piégées", ont scandé des centaines de manifestants à Naplouse, plus au nord, se référant à la branche armée du Hamas, les brigades Ezzedine Al-Qassam.

A Hébron, un millier de manifestants ont été dispersés à coup de matraques et par des tirs en l’air de la police palestinienne après avoir lancé des pierres sur les forces de l’ordre, selon des témoins.

Le raid qui a coûté la vie aux trois petits Palestiniens, Iyad, Mohammad et Abdelsattar Al-Astal, âgés de sept à dix ans, a eu lieu à Al-Qarara, dans le sud de la bande de Gaza.

Il visait apparemment un site utilisé par des activistes pour tirer des roquettes, selon des témoins.

D’après un bilan fourni par le chef des services d’urgence à Gaza, Mouawiya Hassanein, 432 Palestiniens ont été tués et quelque 2.500 blessés depuis le 27 décembre, début de l’opération "Plomb durci" visant à contraindre le Hamas à stopper les tirs de roquettes sur Israël.

Parmi eux figurent des dizaines de civils, dont 65 enfants "de moins de 16 ans", selon le Dr Hassanein. [2]

Un autre raid a visé la maison d’un chef des brigades Ezzedine Al-Qassam, dans le centre du territoire, ont dit des témoins, sans faire état de victime.

En soirée, l’aviation israélienne a lancé de nouvelles attaques en plusieurs points de la bande de Gaza, tuant une personne et en blessant quatre autres. L’aéroport de Rafah, désaffecté, a notamment été visé à l’aide de F16.

Au total, Tsahal a visé plus de 50 cibles ce vendredi.

La "journée de la colère" avait été décidée par le Hamas après la mort jeudi d’un de ses leaders, Nizar Rayan, dans un raid aérien qui a aussi coûté la vie à ses quatre épouses et à 11 de ses enfants.

Des milliers de Palestiniens ont participé vendredi à ses obsèques.

En Israël, le Premier ministre Ehud Olmert, les ministres des Affaires étrangères Tzipi Livni et de la Défense Ehud Barak ont tenu des consultations à Tel-Aviv sur la suite à donner à l’offensive à Gaza, où une opération terrestre semble de plus en plus imminente.

Sur la télévision Al-Jazira, le chef en exil du Hamas a mis les dirigeants israéliens en garde.

"Si vous commettez la stupidité de lancer une offensive terrestre, un destin sombre vous attendra à Gaza. Ce sera là votre malédiction, la colère de Dieu tombera sur vous", a déclaré Khaled Mechaal, qui vit en exil à Damas.

Le Hamas "ne capitulera pas, ne pliera pas", a-t-il dit.

L’Egypte, rare pays de la région à reconnaître l’Etat hébreu, a annoncé avoir adressé une lettre à Israël lui demandant de renoncer à une telle opération.

A Washington, la Maison Blanche a en revanche estimé que cette décision appartenait "aux Israéliens".

De Rome, le Programme alimentaire mondial (PAM) a de son côté dénoncé une situation alimentaire "épouvantable" à Gaza.

Dans le monde, des manifestations ont eu lieu en Afghanistan, à Jakarta, Istanbul, Beyrouth, ou encore en Iran.

L’opération israélienne bénéficie d’un très large consensus au sein de la population juive, 95% des personnes la soutenant, dont 80% sans réserve, selon un sondage du quotidien Maariv.

En dépit des raids, les tirs de roquettes palestiniennes sur le territoire israélien n’ont pas cessé.

Plus de 360 de ces engins au total, selon Israël, ont fait depuis le 27 décembre quatre morts, dont un soldat, et une douzaine de blessés. L’armée a fait état de plus de 30 tirs vendredi.

[1] voir aussi le NouvelObs

"Journée de la colère" : des milliers de Palestiniens manifestent à Ramallah

A l’appel du mouvement islamiste Hamas, des milliers de Palestiniens ont manifesté vendredi 2 janvier à Ramallah, siège de l’Autorité palestinienne en Cisjordanie, contre l’offensive israélienne à Gaza. La manifestation, encadrée par un important dispositif de sécurité, à commencé dans le centre de Ramallah après la grande prière du vendredi.

Slogans de soutien au Hamas

Brandissant des drapeaux palestiniens et du Fatah, le parti du président Mahmoud Abbas, ainsi que quelques bannières du Hamas, les manifestants scandaient "nous sommes prêts à sacrifier notre âme et notre sang pour Gaza".

Ils criaient aussi des slogans de soutien au Hamas, appelant le Premier ministre du mouvement qui contrôle Gaza, Ismaïl Haniyeh, "à frapper Tel-Aviv".

La manifestation s’est tenue à l’appel d’une coalition de mouvements nationalistes palestiniens et du Hamas, qui a proclamé vendredi "une journée de la colère" contre l’offensive à Gaza.

La police palestinienne en Cisjordanie interdit en temps normal les manifestations de soutien au Hamas, qui a délogé l’Autorité palestinienne de Gaza en juin 2007.

A Jérusalem-est occupé, où la police israélienne a déployé d’importants renforts et limité l’accès à l’esplanade des Mosquées, près de 3.000 fidèles ont prié dans le calme.

Des heurts entre lanceurs de pierres palestiniens et police israélienne ont toutefois éclaté après les prières dans plusieurs quartiers.

La police israélienne en force

En prévision de cette "journée de la colère", annoncée par le Hamas, la police israélienne s’était déployée en force pour maintenir le calme à Jérusalem.

"Nous avons mobilisé des milliers d’hommes pour quadriller Jérusalem-est (annexé) et des villages voisins afin de maintenir le calme vendredi", a affirmé le porte-parole de la police Micky Rosenfeld.

"Nous voulons à tout prix préserver le calme, et nous avons à cet effet engagé un dialogue avec les responsables de ces villages", a-t-il ajouté. Le Hamas avait en effet appelé jeudi les Palestiniens à une "journée de colère" qui devant être marquée par des manifestations contre l’offensive israélienne dans la bande de Gaza.

L’appel du Hamas à des "marches massives"

Dans un communiqué publié sur son site d’information, le Hamas a appelé à la tenue de "marches massives" après les prières du vendredi partant de l’esplanade des Mosquées à Jérusalem et de "toutes les mosquées en Cisjordanie".

Micky Rosenfeld a précisé que "seuls les Palestiniens disposant d’une carte d’identité israélienne et âgés de plus 50 ans" pourront participer aux prières du vendredi à l’esplanade des Mosquées, le troisième lieu saint de l’islam. L’accès du site sera libre pour les femmes, a-t-il encore dit.

L’armée israélienne a de son côté annoncé dans un communiqué le bouclage total pendant 24 heures de la Cisjordanie à partir de vendredi 00h00 locales (22 heures GMT).

Selon un responsable des services de sécurité palestiniens, l’armée israélienne a par ailleurs arrêté jeudi neuf Palestiniens dans la région de Hébron (sud de la Cisjordanie), dont le maire de Samoa, Jamal Oul Djadaï, ainsi que le député Bassam Zaafir et l’ancien ministre des Collectivités locales Issa Djabari, tous deux membres du Hamas. Un porte-parole militaire n’a ni démenti ni confirmé ces arrestations. http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/international/proche_moyenorient/20090102.OBS7972/journee_de_la_colere__des_milliers_de_palestiniens_mani.html

[2] D’après l’AFP le 3 janvier,

Au moins 435 Palestiniens ont été tués dans l’offensive lancée par Israël il y a une semaine, dont 75 enfants et 21 femmes, au cours de plus de 700 raids contre le Hamas à Gaza, selon des sources médicales palestiniennes et militaires israéliennes.

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