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Obama à la rescousse
publié le vendredi 14 novembre 2008

Le Monde
 
Au terme des deux mandats de George Bush la situation est à ce point dramatique que le réalisme conduit certains à douter de la viabilité de la solution des deux Etats.

Au terme des deux mandats de George Bush, les perspectives de paix entre Israéliens et Palestiniens ne se sont pas seulement enlisées : elles ont reculé. Il y a huit ans, tout juste élu à la Maison Blanche, le président américain avait choisi de se désengager d’un processus de paix israélo-palestinien qui avait buté quelques mois auparavant sur un sommet mal préparé tenu à Camp David. Ignorant les "paramètres" d’une solution légués par son prédécesseur, Bill Clinton, il avait peu à peu renoncé au rôle d’arbitre impartial réclamé par les deux parties.

Deux mandats plus tard, la perspective de la paix s’est éloignée avec la division du mouvement national palestinien et l’accélération de la colonisation israélienne en Cisjordanie. La situation est à ce point dramatique que le réalisme conduit certains à douter de la viabilité de la solution des deux Etats. L’enlisement des initiatives diplomatiques successives - la "feuille de route", Annapolis, qui promettaient une Palestine indépendante en 2005, puis en 2008 - n’a cessé de renforcer leurs détracteurs.

Côté palestinien, c’est le Hamas, symptôme de cet échec, qui en tire bénéfice. En Israël, le Likoud espère capitaliser dans les urnes, en février 2009, la désillusion suscitée par la politique unilatérale mise en route par un Ariel Sharon trop rapidement célébré pour un retrait de Gaza qui est resté sans suite.

L’impuissance des deux parties à surmonter leur méfiance réciproque, les calculs stériles et les faux-semblants auxquels elles se sont habituées rendent plus que jamais nécessaire un puissant adjuvant. Cette impulsion ne peut venir que de Washington, tant l’Europe paraît tétanisée dès que la question israélo-palestinienne est en jeu.

Même s’il est resté très prudent pendant la campagne présidentielle, Barack Obama a affirmé à plusieurs reprise sa volonté de s’impliquer "dès le premier mois" dans ce conflit, pour que soit enfin refermée une "blessure" qui irradie sur toute la région. Tony Blair, qui y joue en vain les intermédiaires depuis plus d’un an, l’appelle à la rescousse. Il faut espérer ardemment que cette promesse devienne réalité. Ami incontestable d’Israël, Barack Obama est sans doute le dernier hôte de la Maison Blanche a pouvoir faire en sorte que naisse cette Palestine qui pourra seule assurer à l’Etat israélien sa sécurité.

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