Washington étudie « l’évolution des colonies juives » en Cisjordanie

L’Orient le Jour, samedi 28 mars 2009

Proche-​​Orient Bruxelles appelle Neta­nyahu à accepter un État pales­tinien sou­verain ; Ankara met en garde la droite israélienne.

Les États-​​Unis ont dépêché des diplo­mates dans un secteur sen­sible des ter­ri­toires occupés par Israël, entre Jéru­salem et la mer Morte, pour y étudier l’évolution des colonies juives, a annoncé hier le consulat amé­ricain à Jéru­salem. Cette annonce vise à sou­ligner l’engagement affiché de la nou­velle admi­nis­tration de Barack Obama de porter une attention toute par­ti­cu­lière à ce dossier de la colo­ni­sation. Un rapport sera rédigé par les diplo­mates et soumis à Washington. Micaela Schweitzer-​​Bluhm, porte-​​parole du consulat des États-​​Unis, a déclaré que cette visite s’inscrivait « dans le cadre des acti­vités de contrôle habi­tuelles dans la région ». Le secteur visité, désigné sous le sigle « E1 » par les auto­rités israé­liennes, s’étend entre la ville sainte et l’importante colonie juive de Maale Adoumim. Il est considéré comme hau­tement stra­té­gique par l’État hébreu. Pour les Pales­ti­niens, l’implantation de colonies juives dans cette région est une menace pour la via­bilité d’un futur État pales­tinien, car cela cou­perait en deux la Cis­jor­danie et iso­lerait Jérusalem-​​Est, la capitale qu’ils veulent pour ce nouvel État.

La visite des diplo­mates amé­ri­cains inter­vient à quelques jours de l’annonce du futur gou­ver­nement israélien, un cabinet de coa­lition qui sera dominé par la droite radicale et les juifs ultra­re­li­gieux. Avigdor Lie­berman, un ultra­na­tio­na­liste qui devrait être le pro­chain ministre des Affaires étran­gères, vit dans une petite colonie proche de Maale Adoumim. Si un État pales­tinien voit le jour, il propose d’annexer les zones de Cis­jor­danie où se trouvent d’importantes colonies juives.

Dans le même temps, la Com­mission euro­péenne a appelé hier le pro­chain gou­ver­nement israélien à accepter le principe de la création d’un État pales­tinien. L’un de ses porte-​​parole, Amadeu Altafaj Tardio, a ajouté devant la presse que la réou­verture com­plète des accès à la bande de Gaza faisait aussi partie des prio­rités européennes.

Par ailleurs, le pré­sident turc, qui se trouvait hier à Bruxelles, a appelé la droite israé­lienne à changer son dis­cours en accédant au pouvoir. « Lorsque le gou­ver­nement entrera en fonc­tions, nous espérons assister à un chan­gement de la rhé­to­rique » de la droite israé­lienne par rapport à l’époque où elle était dans l’opposition, a-​​t-​​il dit lors d’une confé­rence de presse. « Car si ces décla­ra­tions devaient continuer au gou­ver­nement et devenir la poli­tique du gou­ver­nement (…), la situation empi­rerait et cela entraî­nerait davantage de souf­frances », a-​​t-​​il déclaré.