Une population entière prise en otage

E.P. - AFPS, vendredi 31 août 2007

Israël occupant et détournant les res­sources pales­ti­niennes, Gaza se retrouve dépen­dante de l’aide inter­na­tionale. L’Union euro­péenne doit assumer ses responsabilités.

A l’heure où N. Sarkozy assure qu’il « ne [tran­sigera] jamais sur la sécurité d’Israël », et où il affirme que la France ne se rési­gnera ni à la « création d’un "Hamastan" dans la bande de Gaza » ni à « la pre­mière étape de la prise de contrôle de tous les ter­ri­toires pales­ti­niens par les isla­mistes radicaux » [1], dans l’indifférence générale, une popu­lation entière est prise en otage.

Israël occupe et détourne toutes les ressources palestiniennes.

Depuis la fer­meture du ter­minal Karni, par lequel tran­sitent les impor­ta­tions et expor­ta­tions pales­ti­niennes, près de 85 % des entre­prises ont cessé de fonc­tionner dans la bande de Gaza. Selon l’agence de pro­motion du com­merce Pal­trade, 70 000 Pales­ti­niens ont perdu leur emploi, ce qui faisait vivre plus d’un tiers de million d’habitants. Le gou­ver­nement israélien cherche a éviter les contre­coups média­tiques d’une pénurie ali­men­taire. Il laisse donc passer à inter­valles régu­liers des convois de nour­riture et de pro­duits de pre­mière nécessité. Cependant, l’économie se retrouve tota­lement asphyxiée. Toute expor­tation demeure impos­sible, de même que l’importation de matières pre­mières et de mar­chan­dises à usage industriel.

Gaza se retrouve totalement dépendante de l’aide internationale.

Dans ce contexte, la sus­pension du paiement du fioul par l’UE a abouti à une coupure d’électricité dans la bande de Gaza. Plus de la moitié des 1,4 mil­lions d’habitants du ter­ri­toire pales­tinien ont été lar­gement privés de courant depuis le gel des fonds. En accord avec l’Autorité pales­ti­nienne, la Com­mission a décidé la reprise, à partir du mer­credi 22 août et de manière pro­vi­soire, des livraisons de fioul à la cen­trale élec­trique de Gaza. La Com­mission désire mettre en place des audits et contrôles afin de garantir une gestion plus adé­quate du finan­cement du fioul à Gaza.

Il est honteux et contraire au droit qu’une popu­lation entière soit ainsi prise en otage. D’autant plus que les attaques israé­liennes se pour­suivent. Ainsi 3 enfants viennent d’être assas­sinés à Beit Lahia.

Il y a urgence. Il est de la res­pon­sa­bilité poli­tique et huma­ni­taire de l’Union euro­péenne de :

- lever les sanc­tions imposées au peuple pales­tinien et à ses ins­ti­tu­tions et à inter­venir en ce sens auprès de ses partenaires

- mettre un terme à l’impunité d’ Israël en lui imposant des sanc­tions tant qu’il ne res­pecte pas le droit international

[1] Allo­cution de M. Nicolas SARKOZY, Pré­sident de la Répu­blique, à l’occasion de la confé­rence des Ambas­sa­deurs, 27 août 2007