Une petite lampe rouge

Uri Avnery - 18 avril 2009, vendredi 24 avril 2009

REVENONS À NOUS. L’État d’Israël est-​​il en train d’aborder une crise exis­ten­tielle – morale, poli­tique, écono­mique – qui pourrait en faire une nation en danger ? Lie­berman peut-​​il, lui ou quelqu’un sus­cep­tible de prendre sa place, se révéler comme une per­son­nalité dia­bo­lique telle qu’Hitler, ou au moins Mussolini ?

PEUT-​​ÊTRE Avigdor Lie­berman ne représente-​​t-​​il qu’un épisode pas­sager dans les annales de l’État d’Israël. Peut-​​être le feu qu’il s’efforce d’allumer va-​​t-​​il vaciller un court instant et dis­pa­raître de lui-​​même. Ou peut-​​être l’enquête de police sur la grave affaire de cor­ruption dont il est sus­pecté va-​​t-​​elle entraîner son retrait de la scène publique.

Mais le contraire est aussi pos­sible. La semaine passée, il a promis à ses aco­lytes que les pro­chaines élec­tions le por­te­raient au pouvoir.

Peut-​​être Lie­berman va-​​t-​​il appa­raître comme un "Isra­bluff" (expression qu’il aime lui-​​même employer) et se révéler, der­rière la façade épou­van­table, n’être rien de plus qu’un banal imposteur.

Peut-​​être ce Lie­berman va-​​t-​​il même dis­pa­raître pour laisser la place à un autre Lie­berman, en pire.

Quoi qu’il en soit, nous devons affronter fran­chement le phé­nomène qu’il mani­feste. Si l’on considère que ses décla­ra­tions ont une tonalité fas­ciste, on doit se demander : y a-​​t-​​il une pos­si­bilité qu’un régime fas­ciste vienne au pouvoir en Israël ?

LE PREMIER sen­timent ins­tinctif est un NON reten­tissant. En Israël ? Dans l’État juif ? Après l’Holocauste que le fas­cisme nazi nous a fait subir ? Quelqu’un peut-​​il même ima­giner que des Israé­liens puissent devenir quelque chose comme les nazis ?

Lorsque Yeshayahu Lei­bovitz forgea, il y a de nom­breuses années, l’expression "judéo-​​nazis", ce fut une explosion dans tout le pays. Même beaucoup de ses admi­ra­teurs esti­mèrent que cette fois le tur­bulent pro­fesseur avait passé les bornes.

Mais les slogans de Lieberman le justifient pleinement a posteriori.

Cer­tains négli­ge­raient la per­for­mance de Lie­berman aux récentes élec­tions. Après tout, son parti "Israël notre maison" n’est pas le premier à faire une appa­rition sou­daine pour obtenir un score impres­sionnant de 15 sièges. C’est exac­tement le nombre de sièges rem­portés par le parti Dash du général Yigael Yadin en 1977 et le parti Shinoui de Tommy Lapid en 2003 – et tous deux ont disparu peu de temps après sans laisser de trace.

Mais les élec­teurs de Lie­berman ne sont pas comme ceux de Yadin et Lapid qui étaient des citoyens ordi­naires excédés par quelques aspects par­ti­cu­liers de la vie israé­lienne. Beaucoup de ses élec­teurs sont des immi­grants de l’ancienne Union sovié­tique qui consi­dèrent leur "Ivett", un immi­grant de l’ex Mol­davie sovié­tique, comme un repré­sentant de leur "secteur". Bien que beaucoup d’entre eux aient apporté de leur pré­cé­dente patrie une vision du monde de droite, anti démo­cra­tique et même raciste, ils ne repré­sentent pas en eux-​​mêmes un danger pour la démo­cratie israélienne.

Mais la force com­plé­men­taire qui a fait du parti de Lie­berman la troi­sième com­po­sante en impor­tance de la nou­velle Knesset est constituée d’une autre sorte d’électeurs : des jeunes gens nés en Israël, dont beaucoup ont pris part à la guerre de Gaza. Ils ont voté pour lui parce qu’ils esti­maient qu’il expul­serait les citoyens arabes d’Israël et qu’il chas­serait les Pales­ti­niens de l’ensemble du pays historique.

Il ne s’agit pas là de gens en marge de la société, fana­tiques ou défa­vo­risés, mais de jeunes gens ordi­naires qui ont terminé leurs études secon­daires et effectué leur service mili­taire, qui dansent dans les dis­co­thèques et qui ont l’intention de fonder une famille. Si des per­sonnes comme celles-​​là votent mas­si­vement pour un raciste déclaré avec une forte odeur de fas­cisme, il n’est pas pos­sible d’ignorer le phénomène.

Il Y A QUINZE ANS, j’ai écrit un livre intitulé "La Svastika" dans lequel je décrivais la façon dont les Nazis avaient pris le pouvoir en Alle­magne. J’étais aidé par mes sou­venirs d’enfance. J’avais 9 ans quand les Nazis sont arrivés au pouvoir. J’ai été témoin de l’agonie de la démo­cratie alle­mande et des pre­miers pas du nouveau régime avant que mes parents, dans leur infinie sagesse, ne décident de fuir et de s’installer en Palestine.

J’ai écrit le livre à la veille du jugement d’Adolf Eichmann, après avoir pris conscience que la jeune géné­ration en Israël savait beaucoup de choses concernant l’Holocauste, mais presque rien sur les gens qui en étaient à l’origine. Ce qui me pré­oc­cupait plus que toute autre chose, c’était la question : comment un parti aussi mons­trueux a-​​t-​​il pu accéder au pouvoir par des voies démo­cra­tiques dans l’un des pays les plus civi­lisés du monde ?

Le dernier cha­pitre de mon livre avait pour titre "Cela peut arriver ici". C’était une para­phrase du titre d’un livre de l’écrivain amé­ricain Sin­clair Lewis, "Cela ne peut pas arriver ici", dans lequel il décrivait avec pré­cision comment cela pourrait arriver aux États-​​Unis.

Je faisais valoir dans le livre que le nazisme n’était pas une maladie par­ti­cu­liè­rement alle­mande, que dans cer­taines cir­cons­tances, n’importe quel pays du monde pouvait être infecté par le virus – y compris notre État. Pour éviter ce danger, il fallait com­prendre les causes sous-​​jacentes au déve­lop­pement de la maladie.

À ceux qui disent que je suis "obsédé" par cette question, que je vois la menace de ce danger dans tous les coins, je réponds : ce n’est pas vrai. Pendant des années, j’ai évité de m’exprimer à ce sujet. Mais c’est vrai que j’ai dans la tête une petite lampe rouge qui s’allume lorsque je pressens le danger.

Cette lampe s’est maintenant mise à clignoter.

QUEST-CE QUIFAIT le mal nazi se déclarer dans le passé ? Pourquoi s’est-il déclaré à un certain moment et pas à un autre ? Pourquoi en Alle­magne et pas dans un autre pays souf­frant de pro­blèmes semblables ?

La réponse est que le fas­cisme est un phé­nomène par­ti­culier, dif­férent de tout autre. Ce n’est pas une "extrême droite", un pro­lon­gement de posi­tions "natio­na­listes" ou "conser­va­trices". Le fas­cisme est à l’opposé du conser­va­tisme à bien des égards, même s’il lui arrive de se pré­senter sous un dégui­sement conser­vateur. Il ne s’agit pas non plus de la radi­ca­li­sation d’un natio­na­lisme normal, ordi­naire, qui existe dans chaque nation.

Le fas­cisme est un phé­nomène unique qui a des carac­té­ris­tiques uniques : l’idée d’être une "nation supé­rieure", la négation de l’humanité d’autres nations et de mino­rités natio­nales, un culte du chef, un culte de la vio­lence, le mépris pour la démo­cratie, une ado­ration de la guerre, le mépris de la morale commune. Toutes ces carac­té­ris­tiques réunies créent le phé­nomène auquel il n’existe aucune défi­nition scien­ti­fique reconnue.

Comment cela est-​​il arrivé ?

Des cen­taines de livres ont été écrits sur le sujet, des dizaines de théories ont été pro­posées dont aucune n’est satis­fai­sante. En toute humilité, je propose une théorie per­son­nelle, sans pré­tendre qu’elle soit plus valable que l’une quel­conque des autres.

Dans ma façon de voir les choses, une révo­lution fas­ciste éclate lorsqu’une per­son­nalité très par­ti­cu­lière ren­contre une situation nationale très particulière.

SUR LA per­son­nalité d’Adolf Hitler aussi, des livres innom­brables ont été écrits. Chaque phase de sa vie a été exa­minée au micro­scope, chacune de ses actions a fait l’objet de dis­cus­sions inter­mi­nables. Il n’y a pas de secrets concernant Hitler, et pourtant Hitler est resté une énigme.

L’une de ses carac­té­ris­tiques les plus évidentes était son anti­sé­mi­tisme patho­lo­gique, qui allait très loin au-​​delà de toute logique. Cela lui est resté jusqu’à la toute der­nière heure de sa vie, lorsqu’il a dicté son tes­tament avant de se sui­cider. Aux moments les plus déses­pérés de sa guerre, alors que ses soldats au front récla­maient avec insis­tance des ren­forts et des appro­vi­sion­ne­ments, de pré­cieux trains leur étaient sous­traits pour trans­porter des Juifs vers les camps de la mort. Alors que la Wehr­macht souf­frait d’un manque cruel d’à peu près tout, des tra­vailleurs juifs étaient sous­traits d’usines essen­tielles pour être envoyés à leur mort.

On a suggéré de nom­breuses expli­ca­tions à cet anti­sé­mi­tisme patho­lo­gique et toutes ont été rejetées. Hitler a-​​t-​​il voulu se venger d’un Juif soup­çonné d’être son vrai grand-​​père ? Haïssait-​​il le médecin juif qui soi­gnait sa mère adorée avant sa mort ? Était-​​ce une punition pour le directeur juif de l’école d’art qui n’a pas su recon­naître son génie ? Haïssait-​​il les pauvres Juifs qui ont croisé sa route quand il était à la rue à Vienne ? Toutes ces ques­tions ont été exa­minées sans qu’on leur trouve de fon­dement. L’énigme demeure.

Cela est vrai aussi de ses concep­tions per­son­nelles et de ses carac­té­ris­tiques. Comment a-​​t-​​il acquis le pouvoir d’hypnotiser les masses ? Qu’avait-il pour conduire tant de gens de toutes condi­tions de vie à s’identifier à lui ? D’où lui est venu son appétit débridé de pouvoir ?

Nous ne le savons pas. Il n’existe pas d’explication tota­lement satis­fai­sante. Nous savons seulement que, parmi les mil­lions d’Allemands et d’Autrichiens qui vivaient à cette époque et parmi les mil­liers de ceux qui ont grandi dans des condi­tions sem­blables, il n’y a eu (à notre connais­sance) qu’un seul Hitler, une per­sonne unique. Pour emprunter un terme à la bio­logie : il a repré­senté une mutation unique.

Mais ce Hitler unique ne serait pas devenu une figure his­to­rique s’il n’avait pas ren­contré l’Allemagne dans des cir­cons­tances uniques.

L’ALLEMAGNE, à la fin de la Répu­blique de Weimar a été aussi le sujet de nom­breux livres. Qu’est-ce qui a conduit le peuple allemand à adopter le nazisme ? Des causes his­to­riques trouvant leur origine dans la ter­rible catas­trophe de la Guerre de Trente Ans ou même des événe­ments anté­rieurs ? Le sen­timent d’humiliation après la défaite de la pre­mière guerre mon­diale ? La colère des vain­queurs qui ont fait mordre la pous­sière à l’Allemagne et lui ont imposé des indem­nités énormes ? La ter­rible inflation de 1923 qui a réduit à rien les économies de classes sociales entières ? La Grande Dépression de 1929 qui a jeté à la rue des mil­lions d’Allemands res­pec­tables et laborieux ?

Cette question non plus n’a pas trouvé de réponse satis­fai­sante. D’autres peuples aussi ont été humiliés. D’autres peuples ont fait l’expérience de guerres perdues. La Grande Dépression a frappé des dizaines de pays. Aux États-​​Unis et au Royaume-​​ Uni, des mil­lions de gens ont été licenciés. Pourquoi le fas­cisme ne s’est-il pas emparé du pouvoir dans ces pays (à l’exception de l’Italie, natu­rel­lement) ? À mon avis, l’étincelle fatale a jailli à un moment fati­dique où un peuple prêt pour le fas­cisme a ren­contré l’homme pré­sentant les carac­té­ris­tiques d’un chef fas­ciste. Que serait-​​il arrivé si Adolf Hitler avait trouvé la mort dans un accident de la route à l’automne de 1932 ? Peut-​​être un autre chef nazi serait-​​il arrivé au pouvoir – mais l’Holocauste ne se serait pas produit ni, pro­ba­blement, la Seconde guerre mon­diale. Ses rem­pla­çants vrai­sem­blables – Gregor Strasser, qui était le N° 2, ou Herman Goering, l’as de l’aviation accroc à la mor­phine – étaient certes des nazis, mais ils n’étaient ni l’un ni l’autre un second Hitler. Il leur man­quait sa per­son­nalité dia­bo­lique. Et que serait-​​il arrivé si l’Allemagne n’avait pas sombré dans les pro­fon­deurs du désespoir ? Les puis­sances occi­den­tales auraient pu sentir le danger à temps et aider à la recons­truction de l’économie alle­mande et à la résorption du chômage. Elles auraient pu abroger l’infâme traité de Ver­sailles, imposé par les vain­queurs à l’issue de la Pre­mière guerre mon­diale, et per­mettre aux Alle­mands de retrouver leur dignité. La Répu­blique alle­mande aurait pu être sauvée, les leaders moraux, dont l’Allemagne dis­posait en abon­dance, auraient pu retrouver leur rôle de dirigeants.

Que serait-​​il arrivé alors ? Adolf Hitler, que le très popu­laire Pré­sident du Reich, un maréchal de l’armée alle­mande, avait qua­lifié avec mépris de "caporal bohémien", serait resté un petit déma­gogue chez les extré­mistes. Le 20e siècle se serait révélé tout à fait dif­férent. Des dizaines de mil­lions de vic­times de guerre et six mil­lions de Juifs seraient restés en vie, sans même avoir conscience de ce qui aurait pu arriver.

Mais Hitler n’est pas mort pré­ma­tu­rément et le peuple allemand n’a pas échappé à son destin. Au moment crucial, ils se sont ren­contrés et une étin­celle a jailli mettant le feu à la mèche qui a pro­voqué l’explosion historique.

UNE TELLE ren­contre fatale n’est natu­rel­lement pas limitée au fas­cisme. Cela s’est produit au cours de l’histoire dans d’autres cir­cons­tances et avec d’autres personnages.

Winston Chur­chill, par exemple. Ses statues ponc­tuent le paysage bri­tan­nique et il est considéré comme l’un des plus grands diri­geants bri­tan­niques de tous les temps.

Pourtant, jusqu’à la fin des années 30, Chur­chill était un poli­ticien raté. Peu de gens l’admiraient et ils étaient encore moins nom­breux à l’aimer. Beaucoup de ses col­lègues le détes­taient cor­dia­lement. Il était considéré comme un égotiste, un déma­gogue arrogant, un ivrogne fan­tasque. Mais, à un moment de danger exis­tentiel, les Bri­tan­niques ont trouvé en lui leur porte-​​parole et le chef qui a pris en mains leur des­tinée. C’était comme si, pendant les 65 pre­mières années de sa vie, Chur­chill s’était consacré à la pré­pa­ration de ce moment, et comme si les Bri­tan­niques avaient été dans l’attente de pré­ci­sément cet homme là.

L’histoire se serait-​​elle révélée dif­fé­rente si Chur­chill avait suc­combé l’année pré­cé­dente à une thrombose coro­na­rienne, à un cancer du poumon ou à une cir­rhose du foie et si Neu­ville Cham­berlain était resté au pouvoir ? Nous savons main­tenant que lui et ses col­lègues, y compris l’influent ministre des Affaires étran­gères, Lord Halifax, envi­sa­geaient sérieu­sement d’accepter l’offre de paix d’Hitler en 1940, fondée sur le partage du monde entre l’Allemagne et l’Empire Britannique.

Ou Lénine. Si l’état-major impérial allemand n’avait pas fourni le fameux train plombé pour le trans­porter de Zurich en Suède, d’où il gagna Saint-​​Pétersbourg, la révo­lution bol­che­vique, qui a changé la face du 20e siècle, aurait-​​elle eu lieu ? En vérité, Trotski était dans la ville avant lui ainsi que Staline. Mais aucun des deux n’était un Lénine, et sans Lénine, il est fort pos­sible qu’elle n’ait pas eu lieu, et cer­tai­nement pas de la façon dont elle s’est déroulée.

Peut-​​être pourrait-​​on ajouter Barack Obama à cette liste. Une per­son­nalité très par­ti­cu­lière, d’une origine et d’un caractère uniques, qui a ren­contré de façon pro­vi­den­tielle le peuple amé­ricain à un moment important de son destin, celui où il souf­frait de deux crises en même temps – une crise écono­mique et une crise poli­tique – qui pro­jettent leur ombre sur le monde entier.

REVENONS À NOUS. L’État d’Israël est-​​il en train d’aborder une crise exis­ten­tielle – morale, poli­tique, écono­mique – qui pourrait en faire une nation en danger ? Lie­berman peut-​​il, lui ou quelqu’un sus­cep­tible de prendre sa place, se révéler comme une per­son­nalité dia­bo­lique telle qu’Hitler, ou au moins Mussolini ?

Dans la situation actuelle il y a quelques signes de danger. La der­nière guerre a montré un nouveau déclin de nos normes morales. La haine à l’égard de la minorité arabe d’Israël s’accroît et il en va de même pour la haine à l’égard du peuple pales­tinien occupé qui souffre d’une stran­gu­lation lente. Dans cer­tains cercles, le culte de la force brutale gagne en vigueur. Le régime démo­cra­tique est dans une crise inter­mi­nable. La situation écono­mique pourrait sombrer dans le chaos, de telle sorte que les masses aspirent à un "homme fort". Et la conviction que nous sommes un "peuple élu" est déjà pro­fon­dément enracinée.

Ces signes ne sont pas néces­sai­rement sus­cep­tibles de conduire au désastre. Abso­lument pas. L’histoire est pleine de nations en crise qui se sont remises et sont revenues à la nor­malité. Outre le Hitler réel, qui s’est élevé à des sommets his­to­riques, il y a eu pro­ba­blement des cen­taines d’autres Hitler, ni moins fous ni moins talen­tueux, qui ont fini leur vie comme cais­siers de banque ou comme écri­vains déçus, parce qu’ils n’ont pas ren­contré une chance historique.

J’ai une foi forte dans la rési­lience de la société israé­lienne et de la démo­cratie israé­lienne. J’ai la conviction que nous dis­posons de forces secrètes qui vont se révéler à l’heure où il en sera besoin.

Rien ne "doit" arriver. Mais tout "peut" arriver. Et la petite lampe rouge ne va pas s’arrêter de clignoter.