Une nouvelle entrave à l’action humanitaire dans les Territoires palestiniens

Pla­te­forme des ONG fran­çaises pour la Palestine - Han­dicap Inter­na­tional - Enfants du Monde-​​Droits de l’Homme…, jeudi 28 janvier 2010

Le gou­ver­nement israélien vient de prendre la décision de ne plus accorder de permis de travail pour les ONG inter­na­tio­nales opérant dans les Ter­ri­toires palestiniens.

Seul un visa de tou­riste sera doré­navant délivré à leurs équipes sur place. Ce type de visa interdit le travail en Israël et ne l’autorise pas for­mel­lement dans les Ter­ri­toires pales­ti­niens. Il est de plus délivré avec des durées allant d’une semaine à un an, ce de façon tota­lement aléa­toire. Une cen­taine d’ONG est direc­tement concernée. Cette nou­velle mesure israé­lienne remet en cause leur mission huma­ni­taire dans les Ter­ri­toires pales­ti­niens et aura une influence désas­treuse sur le sort des populations.

Jéru­salem, que l’Etat d’Israël considère comme ter­ri­toire national, est direc­tement visé. L’interdiction de tra­vailler en Israël signifie pour les ONG inter­na­tio­nales l’impossibilité de mener toute forme d’action huma­ni­taire depuis et à Jérusalem-​​Est, ter­ri­toire pales­tinien selon le droit inter­na­tional. L’objectif israélien est clair : pousser ces orga­ni­sa­tions vers Ramallah et sceller ainsi l’isolement de Jérusalem-​​Est du reste de la Cisjordanie.

Le gou­ver­nement israélien entre­tient le flou face aux demandes de cla­ri­fi­cation. Il a été indiqué, de façon infor­melle, qu’un visa de tou­riste don­nerait la pos­si­bilité de tra­vailler dans les zones contrôlées par l’Autorité pales­ti­nienne. Or ces zones ne concernent que 18% de la Cis­jor­danie. Toutes les ONG pré­sentes sur place fai­saient déjà part de graves dif­fi­cultés pour mettre en place les pro­grammes d’action huma­ni­taire dans les condi­tions imposées par la poli­tique d’enfermement israé­lienne. Leur zone d’action se réduit donc encore davantage. Mais en l’absence de toute indi­cation écrite, la situation des équipes sur place reste extrê­mement pré­caire et tri­bu­taire des soldats israé­liens pré­sents aux checkpoints.

Selon l’article 55 de la 4ème Convention de Genève, Israël, en tant que puis­sance occu­pante, a l’obligation « d’assurer l’approvisionnement de la popu­lation en vivres et en pro­duits médicaux ; elle devra notamment importer les vivres, les four­ni­tures médi­cales et tout autre article néces­saire lorsque les res­sources du ter­ri­toire occupé seront insuf­fi­santes ». Depuis 42 ans, cette obli­gation qui n’a jamais été res­pectée a été prise en charge par les ONG pales­ti­niennes et internationales.

Après l’opération mili­taire israé­lienne de l’hiver 2008/​2009 et alors que se poursuit le blocus de la bande de Gaza, les consé­quences huma­ni­taires de cette nou­velle mesure israé­lienne seront considérables.

Nous, ONG tra­vaillant en faveur des popu­la­tions pales­ti­niennes, crai­gnons que cette mesure ne vienne sceller encore plus radi­ca­lement le sort de ces popu­la­tions, allant ainsi à l’encontre du droit de ces hommes, ces femmes et ces enfants à recevoir une aide légitime et néces­saire dans la situation qui est la leur. Nous demandons au gou­ver­nement israélien de renoncer à cette mesure qui constitue clai­rement une entrave à l’action humanitaire.

- Pla­te­forme des ONG fran­çaises pour la Palestine
- Han­dicap Inter­na­tional
- Enfants du Monde-​​Droits de l’Homme
- CCFD-​​Terre Soli­daire
- Secours Catholique-​​Caritas France
- Secours Isla­mique France
- Pre­mière Urgence