Une étudiante de l’université de Beth­léhem, yeux bandés, menottée, ren­voyée de force à Gaza

Imemc, dimanche 1er novembre 2009

Ber­lanty Azzam, 21 ans, a été arrêtée hier alors qu’elle se déplaçait en Cis­jor­danie, sim­plement parce que son adresse dans le registre de la popu­lation tenu par les Israé­liens était enre­gistrée dans la bande de Gaza.

Le bureau du conseiller juri­dique mili­taire avait promis de ne pas la ren­voyer à Gaza tant que le délai de recours per­mettait au centre Gisha (Centre juri­dique pour la liberté des dépla­ce­ments) de saisir un tri­bunal pour contester ce renvoi.

En dépit de cette pro­messe, on a mis à Ber­lanty un bandeau sur les yeux, les menottes aux poi­gnets et ont l’a emmenée de force à Gaza hier soir (28 octobre).

Jeudi 29 octobre : Gisha a déposé un dossier en pro­cédure d’urgence devant la Cour suprême israé­lienne aujourd’hui pour demander le retour immédiat à ses études de Ber­lanty Azzam, 21 ans, étudiante à l’université de Beth­léhem, arrêtée et ren­voyée à Gaza la nuit der­nière par l’armée israé­lienne. L’expulsion a eu lieu alors même que le bureau du conseiller juri­dique mili­taire avait promis à l’avocat de Gisha que Ber­lanty ne serait pas ren­voyée à Gaza tant que le délai de recours n’était pas épuisé.

Israël interdit aux habi­tants pales­ti­niens de Gaza d’étudier dans les uni­ver­sités pales­ti­niennes de Cis­jor­danie et prétend que les Pales­ti­niens, comme Ber­lanty, orgi­naires de la bande de Gaza n’ont pas le droit de rester en Cis­jor­danie. Ces der­niers mois, l’armée a com­mencé une cam­pagne de recherches en Cis­jor­danie des Pales­ti­niens dont la carte d’identité est enre­gistrée à Gaza afin de les ren­voyer à Gaza de force.

Ber­lanty vit à Beth­léhem depuis 2005, après avoir demandé et obtenu l’autorisation de l’armée israé­lienne de se rendre en Cis­jor­danie via Israël. Elle en est à son dernier tri­mestre du pro­gramme du bac­ca­lauréat en Gestion des affaires avec, comme matière secon­daire, la Tra­duction. Il ne lui restait que deux mois pour ter­miner ses études.

Hier après-​​midi, alors qu’elle ren­trait chez elle à Beth­léhem après un entretien pour une embauche à Ramallah, la voiture qui emmenait Ber­lanty a été arrêtée à un check-​​point. Voyant que son adresse était enre­gistrée à Gaza, les soldats l’ont gardée. L’avocat de Gisha, Yadin Elam, a contacté le bureau du conseiller juri­dique mili­taire et lui a dit que l’armée avait l’intention de la ren­voyer, avec un autre Pales­tinien, à Gaza. Tou­tefois, le conseiller mili­taire a promis que les deux per­sonnes res­te­raient en détention et ne seraient pas ren­voyées tant que Gisha avait la pos­si­bilité de saisir la Cour suprême, jusqu’à ce matin, pour remettre en cause le renvoi.

Malgré cette pro­messe, Ber­lanty a eu les yeux bandés, les poi­gnets menottés et a été embarquée dans une jeep de l’armée. Les soldats lui ont dit qu’elle serait placée dans un centre de détention de Cis­jor­danie, mais au lieu de cela, ils l’ont emmenée à Gaza la nuit der­nière. L’armée refuse main­tenant de la laisser revenir en Cis­jor­danie. L’autre habitant de Gaza qui avait été arrêté est resté en détention.

« Depuis 2005, je me suis abs­tenue d’aller voir ma famille à Gaza de crainte de ne pas avoir l’autorisation de revenir à mes études en Cis­jor­danie », dit Ber­lanty Azzam. « Main­tenant, tout juste deux mois avant mon diplôme, je suis arrêtée et rem­menée à Gaza en pleine nuit, sans aucun moyen de finir mes études. »

« Pendant des années, Israël a empêché les habi­tants pales­ti­niens de Gaza de venir étudier dans les uni­ver­sités pales­ti­niennes de Cis­jor­danie » dit le directeur juri­dique de Gisha, Yadin Elam. « Aujourd’hui, l’armée arrête ceux qui sont en train d’étudier et les renvoie à Gaza par la force, en vio­lation du droit à la liberté de dépla­cement et d’accès à l’enseignement. »