Une conférence à Ramallah dispersée brutalement

Karim Lebhour, vendredi 27 août 2010

Mahmoud Abbas doit faire face aux cri­tiques de plus en plus viru­lentes dans l’opinion pales­ti­nienne pour avoir accepté de reprendre les négo­cia­tions avec Israël. Un par­terre d’intellectuels et de mou­ve­ments de gauche ont voulu une grande confé­rence anti-​​négociations à Ramallah, mais elle a été bru­ta­lement dis­persée par les forces de police palestiniennes.

La confé­rence avait pour ambition de lancer un large mou­vement contre la reprise des négo­cia­tions avec Israël que beaucoup de Pales­ti­niens voient comme une capi­tu­lation face aux pres­sions américaines.

Au milieu des débats, plu­sieurs dizaines de jeunes en habits civils ont fait irruption bran­dissant des por­traits de Mahmoud Abbas et chantant des slogans du Fatah. La confé­rence a été inter­rompue. Des jour­na­listes qui ten­taient de filmer la scène ont été mal­menés tandis qu’à l’extérieur, des poli­ciers en uni­forme empê­chaient les confé­ren­ciers de marcher en cortège jusqu’au centre-​​ville.

L’incident fait grand bruit à un moment où l’Autorité pales­ti­nienne peine à expliquer pourquoi elle reprend les pour­parlers avec Israël sans avoir obtenu de gel des colonies. Les méthodes de la police illus­trent également la dérive auto­ri­taire du régime de Mahmoud Abbas qui a annulé sans raison valable les élec­tions muni­ci­pales prévues le mois dernier.

Sous le feu des cri­tiques, Mahmoud Abbas a demandé une enquête pour usage excessif de la force. Les oppo­sants quant à eux ont promis de se mobi­liser encore plus lar­gement contre ce nouveau cycle de négociations.