Un rapport de l’ONU accuse Israël d’occuper des territoires palestiniens à Gaza

PNN, vendredi 20 août 2010

Le bureau de la coor­di­nation des affaires huma­ni­taires de l’ONU a publié un rapport dans lequel il accuse l’IDF (Israel defense Forces) d’occuper illé­ga­lement des ter­ri­toires pales­ti­niens à Gaza et d’en bloquer l’accès aux Palestiniens.

Le rapport, publié jeudi 19 août, déclare que durant les dix der­nières années, Israël a bloqué l’accès a de plus en plus de ter­ri­toires pales­ti­niens à Gaza, prin­ci­pa­lement des terres agri­coles et des zones de pêche. Selon le rapport, ce serait 17% de la surface ter­restre de Gaza qui serait interdits aux Pales­ti­niens et au moins 85% des eaux ter­ri­to­riales accordées par les accords d’Oslo. Israël a depuis 2008 ins­tallé une zone tampon tout le long de sa fron­tière avec Gaza, qui interdit aux Pales­ti­niens de s’approcher à moins de un kilo­mètre et demi de celle-​​ci. Israël n’hésite pas à ouvrir le feu sur les Pales­ti­niens qui tentent de franchir ce no man’s land, notamment durant les mani­fes­ta­tions paci­fistes qui ont lieu. Pour Israël, c’est un moyen sup­plé­men­taire d’assurer d’assurer sa sécurité.

On recense depuis la fin de l’opération Plomb durci en 2009, 22 morts et 146 blessé pales­ti­niens suite à des tirs israé­liens pour empêcher l’accès à ces zones contrôlées, et la vie de 178 mille per­sonnes en est direc­tement affectée. Le rapport de l’ONU condamne cette pra­tique qui vise à réduire les ter­ri­toires pales­ti­niens, la qua­li­fiant de vio­lation du droit inter­na­tional. De plus, en ins­taurant des zones mili­ta­risées, Israël détruit les habi­ta­tions et les champs des Pales­ti­niens ; cette pra­tique aurait causé au moins 308 mil­lions de dollars de pertes finan­cières pour les Pales­ti­niens. Les agri­cul­teurs inter­rogés par la com­mission d’enquête de l’ONU affirment avoir perdu en moyenne les deux tiers de leurs terres agri­coles. Pour les pêcheurs, les pertes sont évaluées à 26.5 mil­lions de dollars depuis les cinq der­nières années.

Les autres consé­quences de ces confis­ca­tions de ter­ri­toires énoncées dans le rapport sont : la dété­rio­ration de la qualité de la nour­riture (pénurie de pro­duits frais), la dimi­nution du taux de pré­sence des enfants à l’école et une dimi­nution de l’âge moyen des jeunes femmes mariées. La sécurité des ensei­gnants et des étudiants n’est pas garantie car nombre d’écoles sont à l’intérieur de zones à accès limité, ce qui entraine la dimi­nution de la qualité de l’enseignement et de la réussite scolaire.

Le bureau de la coor­di­nation des affaires huma­ni­taires appelle Israël à quitter immé­dia­tement ces zones occupées et à cesser tout agis­sement contraire au droit international.