Un peuple à l’agonie dans l’indifférence quasi générale

Daniel Vanhove, jeudi 24 janvier 2008

Après des années de trai­te­ments inhu­mains tels que nous n’oserions pas les infliger aux animaux de labo­ra­toire, ici et là – en cher­chant bien – quelques articles de presse nous rap­pellent au cas où nous l’aurions oublié, que la situation dans la Bande de Gaza, pourrait devenir une crise humanitaire…

Quelle pudeur de langage quand il est clair que la réalité du terrain devrait être dénoncée d’une toute autre façon, et qu’il fau­drait avoir le courage d’expliquer que le gou­ver­nement d’un pays qui se targue d’appartenir au camp de la démo­cratie, s’ingénie à uti­liser les méthodes les plus immondes qui soient dans le but de tor­turer, de tuer, de sup­primer un peuple dans son entièreté…

La popu­lation de la Bande de Gaza, que l’on nous pré­sente comme étant sous l’emprise délétère du mou­vement Hamas, qua­lifié de ter­ro­riste – bien que démo­cra­ti­quement élu sous notre contrôle – est surtout sous l’emprise meur­trière d’un gou­ver­nement d’occupation dont quantité de crimes sont patents !

Les rares infor­ma­tions qui nous par­viennent se font l’écho du plus fort – l’occupant – qui jus­tifie ses déci­sions assas­sines en foca­lisant l’attention de la Com­mu­nauté inter­na­tionale sur le tir de roquettes arti­sa­nales Qassam envoyées à l’aveugle par le plus faible – l’occupé – vers le ter­ri­toire israélien. Elles se gardent bien de rap­peler l’essentiel : qu’une popu­lation bru­ta­lement occupée et bom­bardée à coups de mis­siles depuis des décennies tente de se défendre, vaille que vaille, avec ses maigres moyens d’action.

Comme tou­jours, dans un retour­nement des faits où Israël est passé maître, les agres­seurs se font passer pour les agressés ! Sans ver­gogne. Et cela marche, semble-​​t-​​il. Nos diplo­mates ne se privent jamais de rap­peler aux Pales­ti­niens qu’il faut pré­server la tran­quillité et la paix de leur bourreau ! Se tenant bien d’imposer à Israël, la moindre sanction malgré tout ce que l’on sait de ses inces­santes vio­la­tions en matière de Droit international…

Ces hauts digni­taires, à l’attention des­quels nos éminences ser­viles mul­ti­plient cour­bettes et repentirs pour des crimes commis par leurs aînés, n’ont de cesse depuis des années de se com­porter comme les pires cri­minels de guerre sans que nous n’ayons le plus élémen­taire courage pour en dénoncer les dérives tra­giques en terme de Justice et de Droit des peuples.

Dès lors, non contents de pour­suivre leur meur­trière poli­tique colo­niale, les res­pon­sables du gou­ver­nement et de l’Etat major israé­liens ont placé la barre un cran plus haut. Ces sinistres élus savent que le manque de courage occi­dental qu’ils ont pris soin d’alimenter par de mul­tiples rappels expia­toires, permet l’exécution et la mise en place de leurs plus sombres projets. Et qu’au pire, il ne leur faudra essuyer que quelque plainte pour la forme, selon des for­mules désormais pro­to­co­laires et habi­tuelles. Sans plus.

Ainsi, après les avoir spoliés de leurs terres, les avoir meurtris dans leurs chairs, les avoir marqués à vie psy­cho­lo­gi­quement, les avoir encagés par leur poli­tique d’apartheid, il leur est doré­navant pos­sible d’asphyxier les Pales­ti­niens au sens propre du terme en les affamant et en les privant main­tenant d’électricité… sans que la Com­mu­nauté inter­na­tionale ne se mobilise sérieusement.

Encou­ragés par l’immunité dont nos poli­tiques les gra­ti­fient, ces viles auto­rités peuvent désormais étaler au grand jour leurs plans les plus sadiques et les plus sor­dides, sans qu’aucune sanction sérieuse ne soit prise à leur encontre puisque le gen­darme du monde, dans ses ballets diplo­ma­tiques déplo­rables, les sou­tient, quoi qu’ils fassent…

Comme à son habitude, la pleutre Europe regarde, pas­si­vement, l’agonie d’un peuple, sans prendre la moindre mesure à l’égard de telles méthodes. Les rares par­le­men­taires qui ont l’audace d’exprimer leur indi­gnation et leur révolte seront vite taxés « d’antisémitisme » par l’habituelle clique de pédants s’empressant de les enfermer dans leur sem­pi­ter­nelle et dou­teuse argutie …

Une popu­lation est exé­cutée sous nos yeux, tuée len­tement et sour­noi­sement, assas­sinée métho­di­quement, et nous ne bou­geons pas. Nos gou­ver­ne­ments laissent faire. L’Europe, grande pour­voyeuse de leçons, murmure à peine. Les plus éminents de nos repré­sen­tants sont pris d’aphonie. Dans ce cas précis, les hérauts si fiers de leur Droit d’ingérence en d’autres cir­cons­tances, semblent soudain para­lysés, tota­lement absents. Pas plus les Solana, Kouchner que Sarkozy ne se pro­noncent… ou alors, dans un consensus désormais élimé et convenu…

Le cri­minel gou­ver­nement israélien – et tous ceux qui le sou­tiennent – se régale… Les petits « anges de la mort » qui s’y abritent peuvent pour­suivre leurs expé­ri­men­ta­tions et envi­sager des « solu­tions finales ». Ce que d’aucuns pen­saient impos­sible à réa­liser est désormais mis en œuvre avec zèle. Des pra­tiques dignes de l’époque nazie sont appli­quées sans retenue à l’encontre d’une popu­lation pales­ti­nienne aban­donnée et démunie de tout. Dans l’indifférence quasi générale de nos très dis­tingués Etats, dits démocratiques…

Désormais, ne parlez donc plus de la Bande de Gaza… Mais du « Camp d’extermination de Gaza »… Vous col­lerez à la réalité !

L’inertie de nos gou­ver­ne­ments les rend com­plices de ce qui se déroule en Palestine… Peut-​​être serait-​​il urgent de leur faire com­prendre que la démo­cratie à laquelle ils semblent tant tenir dans leurs dis­cours, ne peut tolérer que l’un de ses cri­tères les plus élémen­taires, la Justice, se réduise à une matière à pri­va­tiser, à négocier, à mar­chander comme le reste. Mais qu’au contraire, il s’agit de l’appliquer à tous et à chacun. De manière stric­tement objective. Individu comme Etat ! Même et surtout quand la situation paraît com­plexe, dif­ficile, voire inextricable.

Avant que le pire n’émerge et rende nos dis­cours, nos idées, nos réflexions déri­soires et caduques au profit d’un embra­sement géné­ralisé des rap­ports entre Etats voisins… il convien­drait d’imposer aux auto­rités israé­liennes res­pon­sables de « crimes de guerre », la condam­nation claire et sans équi­voque qu’elles méritent, ainsi que l’application de sanc­tions inter­na­tio­nales immé­diates et non négo­ciables, en cas de per­sis­tance de leur cruelle politique !