Un petit projet énergétique aide les Palestiniens

Irin, samedi 20 juin 2009

Noam Dotan, phy­sicien israélien, vérifie le fonc­tion­nement de l’éolienne de Susya, un petit village de Cis­jor­danie. Le projet d’énergie renou­ve­lable qu’il a lancé il y a deux ans pro­gresse et facilite la vie des vil­la­geois de la région, se félicite-​​t-​​il.

Les quelque 2 000 Pales­ti­niens qui vivent à Susya et dans les vil­lages voisins de Masafer Yatta, dans la zone sud des col­lines d’Hébron, près de la ville pales­ti­nienne de Yatta, déplacent de temps à autre leurs tentes de quelques cen­taines de mètres à la recherche de pâtu­rages. Leurs moutons et leurs chèvres leur donnent de petites quan­tités de fromage et de beurre.

La com­mu­nauté vit dans des grottes et des tentes, sans élec­tricité, ni eau cou­rante. L’hiver, les habi­tants uti­lisent l’eau de pluie qu’ils trouvent, et pendant les six à sept mois d’été, ils achètent leur eau auprès de com­mer­çants locaux.

Les Pales­ti­niens de la région tra­vaillaient aupa­ravant dans le secteur de la construction ou fai­saient des travaux divers dans les colonies juives voi­sines, dont la plus grande, celle de Carmel, compte environ 450 habi­tants. Les autres sont des colonies plus réduites, de 10 à 100 habi­tants. Toutes ont l’électricité et l’eau, et dis­posent de routes conve­nables. Tou­tefois, les rela­tions entre les deux com­mu­nautés s’étant dégradées, les colons juifs n’emploient plus de Palestiniens.

En menant une pre­mière évaluation des besoins auprès des vil­la­geois de la région, M. Dotan et Elad Orian, lui aussi phy­sicien, ont découvert que les prin­cipaux besoins de ces der­niers concer­naient l’eau et l’énergie. « Si notre capacité à les aider sur la question de l’eau était limitée, nous pou­vions leur offrir des solu­tions viables concernant l’alimentation en énergie », a expliqué M. Orian à IRIN.

Le projet lancé à Susya com­prend une éolienne capable de pro­duire un kilowatt/​heure (pro­duction maximum), et un géné­rateur pho­to­vol­taïque capable de pro­duire 250 watts/​heure (pro­duction maximum), qui per­mettent de faire fonc­tionner deux malaxeurs com­mu­nau­taires et d’éclairer sept à huit familles.

Désormais, les vil­la­geois peuvent également uti­liser cette nou­velle source d’énergie, plutôt que des bat­teries de voiture, pour recharger leurs télé­phones por­tables. Ils n’ont en effet pas accès au télé­phone fixe.

Un certain nombre de pan­neaux de 50 watts ont également été dis­tribués à plu­sieurs familles du village, plus excentrées.

Des malaxeurs électriques

Les deux malaxeurs consomment chacun environ 300 watts par heure, ce qui leur permet, dans le même temps, de pro­duire chacun environ 20 litres de beurre. Environ 120 litres de beurre sont ainsi pro­duits chaque jour. Cela permet aux femmes, qui barat­taient aupa­ravant manuel­lement, de vaquer à d’autres tâches. Elles vendent ensuite le surplus de beurre et de fromage dans la ville voisine de Yatta et se servent de ce qu’elles gagnent pour acheter de l’eau et d’autres pro­duits de base.

« C’est une nou­veauté, et c’est très bien », a déclaré l’une d’entre elles, tandis que le malaxeur s’activait. D’après les vil­la­geois, la pro­duction de beurre a déjà doublé.

MM. Dotan et Orian ont sou­ligné que le comité local des vil­la­geois décidait conjoin­tement de toutes les acti­vités entre­prises. L’éolienne a été construite par un for­geron de la région et les vil­la­geois ont été formés à l’entretien des pan­neaux solaires, ce qui leur permet de les emmener lorsqu’ils se déplacent en quête de pâtu­rages pour leurs troupeaux.

Parmi les projets à venir, il est notamment prévu d’installer dans trois com­mu­nautés 40 autres sys­tèmes domes­tiques simples d’énergie solaire, sem­blables à ceux qui ont déjà été ins­tallés ; de construire deux petits centres de ser­vices com­mu­nau­taires (chacun servant à une dizaine de familles et com­prenant un réfri­gé­rateur et un malaxeur) ; et de construire un système pilote de pompage et de fil­trage d’eau à Susya.