Un nouveau plan de Jérusalem provoque des tensions avec les Etats-​​Unis

RFI, mercredi 30 juin 2010

Le nouveau plan de déve­lop­pement de Jéru­salem pré­voi­rerait l’implantation juive dans la partie orientale de la ville.

En Israël, le quo­tidien Haaretz affirme que la muni­ci­palité de Jéru­salem s’apprête à publier son plan de déve­lop­pement pour les années à venir. Il viserait à favo­riser l’implantation juive dans la partie orientale et occupée de la ville. Un nouveau sujet de tension alors que Benyamin Neta­nyahu doit être reçu à la Maison Blanche début juillet.

Ce projet risque une nou­velle fois de com­pliquer la pro­chaine ren­contre du Premier ministre israélien avec le pré­sident amé­ricain. Depuis son arrivée à la Maison Blanche, Barack Obama a cri­tiqué à plu­sieurs reprises des projets immo­bi­liers sus­cep­tibles de rompre le statu quo indis­pen­sable avant un accord défi­nitif avec les Palestiniens.

Le gou­ver­nement israélien se retranche der­rière l’autonomie de décision en la matière de la muni­ci­palité de Jéru­salem. Mais Benyamin Neta­nyahu n’a eu de cesse de répéter que Jéru­salem res­terait la capitale indi­vi­sible d’Israël et qu’il entendait garantir le droit des juifs à s’installer partout dans la ville sainte.

Le Premier ministre sait que sur la question de Jéru­salem il peut s’appuyer sur un large consensus qui dépasse lar­gement sa coa­lition gou­ver­ne­mentale marquée à droite. Une fois de plus le gou­ver­nement israélien prend le risque de pro­voquer l’agacement du pré­sident amé­ricain. Mais il sait aussi que les Etats-​​Unis ne devraient pas aller plus loin qu’une éven­tuelle pro­tes­tation for­melle sur la pour­suite de la colo­ni­sation. Une colo­ni­sation que les Pales­ti­niens pré­sentent comme l’obstacle majeur à tout accord avec l’Etat hébreu [1].

[1] La colo­ni­sation, outre son aspect phy­sique et géo­gra­phique, écono­mique et humain, est effec­ti­vement un obs­tacle poli­tique majeur dans la mesure où la colo­ni­sation de Jéru­salem vise à rendre impos­sible que les Pales­ti­niens en fassent la capitale de l’Etat qui leur est tou­jours interdit, en vio­lation des réso­lu­tions des Nations unies. Ceci ne doit pas faire oublier l’indispensable libé­ration des mil­liers de pri­son­niers, le retour des réfugiés, la levée du blocus de Gaza.…