Un militant de l’AFPS blessé par balle à Bil’in. La vio­lence israé­lienne n’empêchera pas la soli­darité internationale.

Claude Léostic, samedi 4 novembre 2006

A Bil’in ven­dredi 2 novembre, les Pales­ti­niens et les Inter­na­tionaux, avec les anti­co­lo­nia­listes israé­liens, ont mani­festé paci­fi­quement comme chaque vendredi.

Le combat non violent exem­plaire des habi­tants de Bi’lin contre l’occupation, contre le vol de leur terre pour y construire illé­ga­lement le mur d’annexion et des colonies de peu­plement, se heurte presque chaque semaine à la vio­lence de la répression orga­nisée de Tel Aviv par les auto­rités israé­liennes. Les blessés, les arres­ta­tions se comptent par dizaines. Mais cette vio­lence ne brise pas la déter­mi­nation des habi­tants de Bi’lin et des par­tisans de la justice qui les accompagnent.

Les soldats israé­liens agressent régu­liè­rement les mani­fes­tants, ils les chargent avec leurs matraques, jusque dans les maisons, ils tirent sur les mani­fes­tants des balles en caou­tchouc, des bombes sonores, des gaz lacry­mo­gènes [1] et aussi des balles réelles.

Cette fois c’est à balles réelles qu’ils ont attaqué la mani­fes­tation. L’un des mili­tants français de la soli­darité, José , un de nos cama­rades de France Palestine Soli­darité qui par­ti­cipait à cette action contre l’occupation, a été touché au bras par une balle. Trans­porté à l’hôpital Sheikh Zayed à Ramallah, il y a été soigné. Deux enfants du village ont également été blessés par balles, à l’épaule.

Bras cassé, plâtré, José est reparti aujourd’hui auprès des vil­la­geois pales­ti­niens qu’il aide, avec d’autres mili­tants de l’AFPS et d’autres orga­ni­sa­tions de soli­darité, à récolter les olives en les pro­té­geant par leur pré­sence de la vio­lence des colons armés et des soldats qui, de Naplouse à Hébron, tentent d’empêcher la cueillette.

A Bil’in ce ven­dredi les vil­la­geois exi­geaient, outre l’arrêt de la construction du Mur, dans l’application du droit inter­na­tional qui l’a déclaré illégal, l’accès à leurs oli­ve­raies dont l’accès leur est interdit par le Mur qui les spolie déjà de 50 % de leurs terres.

Cette vio­lence des soldats d’occupation vise essen­tiel­lement les Pales­ti­niens mais n’épargne ni les Inter­na­tionaux, ni les Israé­liens qui s’opposent à la colo­ni­sation, ni les journalistes.

Elle est hon­teuse et inac­cep­table, à l’image de la bar­barie qui a cours dans la Bande de Gaza depuis 4 jours et qui a fait plus de 40 morts déjà.

Mili­tants de l’AFPS, mili­tants de la soli­darité inter­na­tionale, nous disons notre colère et notre exi­gence de justice.

Nous exprimons notre soli­darité amicale à notre camarade qui vient de vivre dans sa chair la vio­lence subie depuis des lustres par le peuple palestinien.

Nous saluons la lutte non vio­lente des vil­la­geois de Bi’lin et leur déter­mi­nation intacte, comme nous saluons la résis­tance à l’occupation colo­niale israé­lienne du peuple pales­tinien dans son ensemble.

Nous exi­geons la fin des opé­ra­tions mili­taires israé­liennes en Palestine occupée qui se déroulent sous l’oeil com­plice de la com­mu­nauté internationale.

Nous exi­geons la fin de l’occupation israé­lienne en Palestine et l’application des réso­lu­tions et du droit internationaux.

Vive la résis­tance du peuple pales­tinien ! Vive la soli­darité inter­na­tionale !


COM­MU­NIQUE DES « ANAR­CHISTES CONTRE LE MUR », mili­tants israé­liens pré­sents chaque semaine à Bil’in :

Pour la deuxième semaine consé­cutive, les soldats israé­liens ont blessé un mani­festant à balles réelles à Bi’lin.

Cette semaine ça a été le tour de José, un volon­taire français qui fait partie d’une délé­gation d’un groupe de soli­darité français qui par­ticipe à la cueillette des olives, et qui a reçu une balle dans le poignet. Il a été soigné à l’hôpital Sheikh Zaid à Ramallah.

José a été blessé, après la fin de la mani­fes­tation, par les forces israé­liennes qui se trou­vaient encore dans le village.En revenant au village les mani­fes­tants ont ren­contré des soldats qui fai­saient face à de la résis­tance de la part des jeunes du village. Les soldats se sont repliés en tirant des balles en caou­tchouc et des balles réelles sur les jeunes.

En plus de José, 8 per­sonnes ont été blessées par des balles en caou­tchouc et une femme s’est cassé la jambe en s’enfuyant en courant loin des soldats.

Alors que les jeunes essayaient de repousser en jetant des pierres une jeep qui péné­trait dans le village, les soldats israé­liens ont tiré à balles réelles et sont entrés dans une allée d’où des per­sonnes obser­vaient la scène. Les soldats sont alors sortis de leur jeep et ont tiré sur les jeunes. Les spec­ta­teurs étaient au coin, et José, qui filmait l’incursion, se tenait à 50 mètres des jeunes quand il a été touché.

[1] les balles en caou­tchouc sont en réalité faites d’un centre de métal recouvert de caou­tchouc très dur. Elles sont extrê­mement dan­ge­reuses, peuvent être mor­telles tirées de près. Les bombes sonores ont pour but d’assourdir les cibles, elles dégagent chaleur et fumée et peuvent enflammer vête­ments ou cheveux, elles sont très impres­sion­nantes et dan­ge­reuses. Les gaz « lacry­mo­gènes » sont extrê­mement inca­pa­ci­tants, au -delà des larmes, ils pro­voquent l’étouffement, des troubles parfois graves et ont même pro­voqué la mort de per­sonnes âgées, fra­giles ou d’enfants. Des spé­cia­listes de l’armement assurent qu’ils com­portent des com­po­sants très dan­gereux, peut-​​​​être au niveau expé­ri­mental comme les sinistres armes DIME, uti­lisées par les USA et Israël en Irak ou au Liban et à Gaza.