Un mauvais coup de Nicolas Sarkozy et de Bernard Kouchner ?

lundi 15 mars 2010

Le Pré­sident et son docile ministre des Affaires étran­gères seraient-​​ils à nouveau à l’origine d’un mauvais coup contre les Palestiniens ?

Ils pro­fi­te­raient des pro­chaines réunions du Conseil des Affaires étran­gères de l’Union euro­péenne, le 22 mars, et du Conseil d’Association avec Israël, le len­demain, pour relancer leur projet de « rehaus­sement » des rela­tions entre l’Union et l’Etat israélien, lequel confé­rerait à ce dernier un statut de quasi Etat membre de l’Union.

En décembre 2008, sous pré­si­dence fran­çaise, « notre » ministre des Affaires étran­gères avait tra­vaillé à cette décision, adoptée malgré le vote contraire du Par­lement européen. Mais l’offensive meur­trière d’Israël contre Gaza avait fait, tout de même, capoter l’opération.

Si cette infor­mation devait se confirmer, il s’agirait d’une véri­table et insup­por­table pro­vo­cation, alors qu’Israël poursuit son siège inhumain de la popu­lation de Gaza et vient d’annoncer la construction de 1 600 loge­ments nou­veaux dans les colonies de Cis­jor­danie et à Jérusalem-​​Est. Cette décision visant à offenser le vice-​​président amé­ricain Joseph Biden, venu inau­gurer d’improbables « négo­ciation indi­rectes » entre Israé­liens et Pales­ti­niens, a pro­voqué une crise avec les Etats-​​Unis – la plus grave depuis trente-​​cinq ans, selon l’ambassadeur amé­ricain à Tel-​​Aviv. Les « négo­cia­tions » quant à elles sont mort-​​nées.

Que, dans ces condi­tions et à contrario, l’Union euro­péenne donne un gage majeur à Israël consti­tuerait un encou­ra­gement insensé aux auto­rités israé­liennes et un véri­table reniement de ses enga­ge­ments, réaf­firmés en décembre dernier par ses ministres des Affaires étran­gères. Ceux-​​ci s’étaient pro­noncés clai­rement pour l’édification d’un Etat pales­tinien indé­pendant dans les fron­tières de 1967 avec Jérusalem-​​Est pour capitale. C’était il est vrai après le rapport Goldstone…

Si elle veut contribuer à la paix, non seulement l’Union euro­péenne ne doit pas « rehausser » les rela­tions UE-​​Israël, mais elle doit sus­pendre l’Accord d’association tant qu’Israël n’en appli­quera pas l’article 2, qui « fonde » sa mise œuvre sur le « respect des prin­cipes démo­cra­tiques et des droits de l’homme fondamentaux ».

L’AFPS appelle ses adhé­rents à redoubler d’efforts pour uti­liser la cam­pagne Boycott-​​Désinvestissement-​​Sanctions comme moyen de pression et à agir contre le double langage des diri­geants français et euro­péens. Elle les appelle aussi à élargir réso­lument le ras­sem­blement néces­saire autour de cette action pour que les citoyens s’en mêlent. Pour que la paix pro­gresse enfin au Proche-​​Orient, il faut impé­ra­ti­vement en finir avec l’impunité d’Israël !

Paris, le 17 mars 2010.