Un bébé palestinien naît prisonnier en Israël

Institut Mandela pour les Droits de l’Homme, lundi 1er mai 2006

La pri­son­nière Samar Sbaih donne nais­sance à son bébé "pri­sonnier" Baraa, en pré­sence de l’avocate Buthayna Duqmaq.

Ce n’est pas la pre­mière fois que l’avocate Buthayna Duqmaq de l’Institut Mandela est le témoin direct des vio­la­tions com­mises par les Israé­liens à l’encontre des droits des pri­son­niers arabes et pales­ti­niens, femmes et hommes.

L’avocate Duqmaq a considéré que c’était son rôle d’être aux côtés de la pri­son­nière Samar pendant la mise au monde de son premier enfant à l’hôpital Me’ir : il s’agit d’un acte patrio­tique et huma­ni­taire que l’avocate Duqmaq et l’Institut Mandela pour les Pri­son­niers Poli­tiques ont la volonté d’assumer.

L’avocate Duqmaq a déclaré : " ce que j’ai vu aujourd’hui me pousse à rap­peler à la com­mu­nauté inter­na­tionale et en par­ti­culier aux orga­ni­sa­tions inter­na­tio­nales de défense des droits humains le besoin pressant d’intervenir immé­dia­tement et de faire pression sur le gou­ver­nement israélien afin qu’il mette un terme à ses pra­tiques répres­sives contre nos pri­son­niers femmes et hommes."

L’avocate Duqmaq considère que les femmes pales­ti­niennes pri­son­nières ont le droit de donner nais­sance comme toutes les autres mères. Elle pense que c’est une honte pour la com­mu­nauté mon­diale qui pro­clame lutter pour les valeurs démo­cra­tiques d’autoriser une situation où une mère accouche bras et jambes attachés !

L’avaocate Duqmaq a rendu visite à la pri­son­nière Sbaih à l’hôpital Me’ir le 30 Avril 2006, pour être à ses côtés pendant l’accouchement.

L’avocate Duqmaq est en contact avec la pri­son­nière Sbaih et lui rend visite régu­liè­rement depuis son arres­tation alors qu’elle était enceinte de trois mois, pour suivre son état de santé.

L’Institut Mandela avait aupa­ravant soumis une requête à la Haute Cour de Justice israé­lienne et à l’Administration péni­ten­tiaire par l’intermédiaire du bureau de l’avocat Jonathan Kuttab pour demander que la mère ou le mari de Sbaih puisse être à ses côtés pendant l’accouchement et aussi pour qu’elle ne soit pas attachée. Pourtant, l’avocate Duqmaq n’a vu aucune preuve de la réponse positive des auto­rités israé­liennes . La pri­son­nière Sbaih a été admise à l’höpital bras et jambes attachés et a été conduite ainsi en salle d’accouchement !

Bien que les gardes israé­liens qui escor­taient Sbaih aient empêché l’avocate Duqmaq d’entrer dans la salle d’accouchement, celle-​​ci a pu parler à Sbaih pendant qu’elle attendait avant d’entrer dans la salle.

L’avocate Duqmaq a dit que Sbaih avait bon moral même si elle savait par avance qu’elle accou­cherait par césa­rienne. Sbaih a fait des voeux pour toutes les mères pales­ti­niennes ainsi que pour tous ceux qui la sou­te­naient pendant les moments dif­fi­ciles de l’accouchement. Sbaih espérait être au moins détachée pendant l’accouchement comme le lui avait promis l’administration de la prison de Talmund [1].

Dans son témoi­gnage sur la nais­sance de Baraa et les souf­frances que Sbaih a endurées, l’avocate Duqmaq a déclaré qu’avec la nais­sance de Baraa, le nombre des bébé pri­son­niers dans les prisons israé­liennes s’élevait désormais à trois.

Les trois enfants sont détenus avec leurs mères dans des condi­tions sani­taires et nutri­tion­nelles extrê­mement mauvaises.

Ces enfants sont privés de leurs droits élemen­taires et soumis à des condi­tions très dures de répression comme leurs mères prisonnières.

De plus, l’avocate Duqmaq a déclaré que des dizaines de mères empri­sonnées sont privées du droit de prendre leurs enfants dans leurs bras durant les visites.

Il est utile de rap­peler que la pri­son­nière Sbaih est marié à son cousin Rasmi Sbaih qui est en détention admi­nis­trative depuis le 25 Juin 2005. Samar Sbaih est venue du camp de Jabalia dans la bande de Gaza pour rejoindre son mari à Tul­karem après six années de fiançailles.

Samar Sbaih est diplômée de l’Université Isla­mique de Gaza et détient un diplôme en Droit reli­gieux. Elle a été arrêtée le 29 Sep­tembre 2005 alors qu’elle était enceinte de trois mois.

Le len­demain de son arres­tation, son mari Rasmi a été placé en détention admi­nis­trative à la prison Ketziot dans le Negev.( Naqab)

Samar Sbaih est tou­jours à l’hôpital Me’ir à Kfar Sava avec son nouveau-​​né Baraa car elle est sous sur­veillance médicale suite à la césa­rienne qu’elle a subi.

[1] prison en Israël où sont détenues les pri­son­nières pales­ti­niennes. Le droit inter­na­tional interdit à la puis­sance occu­pante de déplacer la popu­lation occupée sur le ter­ri­toire de l’occupant,aussi ces déten­tions dans les prisons israé­liennes sont illégales.