Trois palestiniens à Marseille : Aed Yaghi, Shawan Jabareen et Yasser Quos

Palestine 13, mardi 1er décembre 2015

Nous avons eu la chance de rencontrer à Marseille, trois palestiniens : le Dr Aes Yaghi, directeur du « Palestinian Medical Relief Society » (PMRS) à Gaza, secours médical palestinien, puis Shawan Jabareen, Vice-Président de la FIDH - International Federation for Human Rights, Président de Al-Haq Organization et Yasser Quos, président de la communauté Afro-palestinienne à Jérusalem.

Le docteur Yaghi d’abord. Il était à Marseille pour le 70e congrès du Secours Populaire Français. Il a accepté de prendre un moment avec les membres du bureau de notre association Palestine 13.

Il est directeur, pour Gaza, du Palestinian Medical Relief Society, une des plus importantes ONG de santé palestinienne. L’association Palestine 13 est en contact avec cette ONG depuis de longues années. Ainsi, en novembre 2014, l’association Palestine 13 a fait un don de 2200 euros au PMRS. Cet argent a servi à acheter du matériel médical, des produits de première nécessité et à fournir aux enfants une aide psychologique. En 2015, un premier don de 1500 euros a servi dès décembre à de l’aide médicale d’urgence, et ce suite aux bombardements israéliens, un second don, de 2000 euros, a été utilisé, pour fournir une aide : psychiatres, psychologues, à des enfants traumatisés par la guerre. Nous étions un peu penauds devant le faible montant de nos dons, mais le docteur Yagui nous a sincèrement remerciés, et il nous a indiqué, que toute solidarité, même minime, apporte l’espoir.

Lors de cette rencontre, le docteur Aed Yaghi nous a fait part de la situation complètement bloquée à Gaza, frontières quasiment fermées, avec par exemple, 6 à 8 mois d’attente pour des livraisons de matériel médical. Il nous a présenté le PMRS : le PMRS a été fondé en 1979. Les programmes de santé de PMRS mettent l’accent sur la prévention, l’éducation, la participation communautaire et le renforcement des capacités individuelles (formations sur la défense de ses droits...).

A Gaza, le PMRS gère 5 centres de santé, une équipe mobile pour l’urgence, un programme pour les personnes handicapées physiques ou mentales, 3 centres de kinésithérapie, des dentistes, orthopédistes, ophtalmologistes, des centres sociaux et participe à diverses activités médicales. E, tout, il emploie 110 personnes, aidées par des bénévoles. Il nous a également indiqué que la bande de Gaza accueille actuellement 400 familles réfugiées de Syrie auxquelles le PMRS accorde assistance pour la nourriture et la scolarité des enfants.

Le docteur Yaghi nous a fait part d’un besoins crucial : l’aide à des enfants atteints de cancers graves.

En effet, en cas de traitements lourds, chimiothérapie ou radiothérapie, ces enfants doivent être soignés en Cisjordanie ou en Israël. L’Autorité Palestinienne prend les frais de traitement en charge, mais les familles des malades doivent payer le transport, 200 dollars environ par voyage. Le passage par Eretz (le seul point permettant le transit entre Israël et la Bande de Gaza) est facilité pour ces malades. Le PMRS gère un fond pour aider une quinzaine d’enfants. Nous avons convenu avec lui que nos dons, vos dons y seraient affectés.

Aussi, suite à cette rencontre, nous vous sollicitons pour que ces enfants soient soignés. Vous pouvez nous adresser vos chèques à Palestine13, aux bons soins de la CIMADE, 8 rue Jean-Marc Cathala, 13002 Marseille. Nous vous ferons parvenir un reçu fiscal, vous permettant de déduire 60% du montant de ce don, lors de votre déclaration d’impôts.

Le 26 novembre, ont été accueillis grâce aux associations Génération Palestine Marseille et BDS France Marseille, d’abord Monsieur Shawan Jabareen, vice-Président de la FIDH - International Federation for Human Rights, Président de Al-Haq Organization, l’ONG palestinienne de défense des droits de l’homme. La fédération palestinienne des droits de l’Homme regroupe 40 organisations de la société civile palestinienne.

Monsieur Shawan Jabareen affirme qu’il n’y a pas d’injustice sans résistance, son combat est pour que l’égalité et le droit gagnent. Pour lui, toute une génération de jeunes palestiniens explose en réponse aux accords d’Oslo, à l’occupation et aussi à l’autorité palestinienne. Il y a beaucoup de morts, trop de morts, car la politique officielle de l’armée d’Israël est de tirer pour tuer. Pourtant cette violence ne règle rien, d’autant plus qu’Israël continue sa politique d’occupation. Monsieur Shawan Jabareen a mené la délégation à la Cour pénale internationale de la Haye, il a remis de nouveaux éléments concernant les crimes de guerre commis par Israël, en particulier à Gaza durant l’été 2014.

L’accès à la justice internationale est non seulement un droit pour les victimes de crimes de guerre, qu’ils s’agissent des conséquences de l’opération militaire ou de la colonisation, mais également un élément essentiel d’un État palestinien viable, respectueux de l’état de droit et des droits humains. La perpétration par les forces israéliennes de crimes internationaux lors de l’opération Bordure protectrice ne fait aucun doute, ne pouvant en aucun cas constituer une réponse proportionnée aux tirs de missiles et de roquettes depuis la bande de Gaza. Au-delà du grand nombre de victimes parmi les civils, des quartiers entiers ont été rasés lors des bombardements, et des infrastructures civiles ont été manifestement ciblées. Ces éléments tendent à démontrer le caractère indiscriminé, voire systématique des attaques.

En Cisjordanie, la situation est tout aussi préoccupante. Les annonces récentes d’appropriation par Israël d’une vaste superficie du territoire occupé de Cisjordanie au sud de Jérusalem est source de vive tension. Cette appropriation ouvrirait la voie à la construction de nouvelles colonies d’une taille considérable près de la ville de Bethléem et constituerait une nouvelle fois une violation flagrante du droit international. L’installation de colonies en territoire palestinien occupé a également pour effet d’établir des pratiques et des régimes juridiques distincts, s’appliquant de manière discriminatoire aux palestiniens. Partout en Cisjordanie et à Hébron en particulier, les colons, sous protection militaire étroite, bénéficient d’un traitement préférentiel par rapport aux palestiniens, notamment en matière de liberté de mouvement (des routes leur sont exclusivement réservées) et de droit de construire. Des actes de violence perpétrés par des colons contre des civils palestiniens sont régulièrement rapportés et les responsables n’ont que rarement à rendre compte de ces actes.

À Jérusalem Est, les palestiniens font par ailleurs face à des réglementations établissant des restrictions en matière de liberté de mouvement et de séjour. Par ailleurs, les palestiniens résidents se voient refuser quasi-systématiquement des permis de construire, ce qui entraîne de nombreuses démolitions d’habitations dès lors « illégales ». Ces démolitions ont lieu quotidiennement, comme a pu l’observer la délégation de la FIDH. Monsieur Sahawan Jabaree déclare que si le Hamas et le Fatah sont divisés, le peuple lui est uni.

Le soulèvement populaire est un message fort pour les dirigeants politiques. Il rappelle que les accords d’Oslo ne peuvent plus être la référence en matière de règlement de la situation, mais que la question Palestinienne doit être impérativement remise sur la scène internationale. Comme l’avait été la situation de l’Afrique du Sud. L’occupation, l’apartheid, les discriminations raciales doivent amener une intervention plus importante de la communauté internationale. Israël a des intérêts financiers communs avec de nombreux pays, mais il n’a « pas d’amis », et le boycott, timide en France est très important en Angleterre, aux USA, en Afrique du Sud, en Espagne. La France est le seul pays au monde à sanctionner le boycott. Pour monsieur Sahawan Jabarre la France est complice de l’Etat d’Israël. Mais il croit à la justice humaine, et s’il est pessimiste sur le court terme, il reste optimiste sur le long terme, sur la victoire du droit sur la violence.

Pour lui, la solution aves deux états n’est plus possible, la colonisation a mis fin à cette perspective

Troisième rencontre : Monsieur Yasser Quos, président de la communauté Afro-palestinienne à Jérusalem. Pour lui la révolte des jeunes palestiniens est due à la pression d’Israël sur la Palestine, pression physique avec d’innombrables barrières er murs, mais aussi pression économique et morale. Le niveau de violence actuel a rarement été atteint, la population de Jérusalem est poussée, par tous les moyens possibles à quitter Jérusalem.

Malgré cette situation et l’absence de droits civiques, la population s’organise en comités de quartiers. Ces comités de quartier sont organisés par la société civile qui y mène des actions d’aides, de services à tous les niveaux y compris économique et de soutien moral. Les dirigeants des comités de quartiers sont élus par leurs membres.

L’association de la communauté Afro - palestinienne dispose d’une localisation unique dans la Vieille Ville de Jérusalem et est ancrée dans le militantisme de la communauté très soudée du petit groupe de palestiniens africains qui y vivent.

Cependant, ses missions et activités vont bien au-delà puisqu’elle s’efforce de répondre aux besoins des jeunes palestiniens de manière objective et globale, et de les impliquer dans le développement de la Vieille Ville dans son ensemble, mais aussi de « réduire l’écart entre tous les jeunes palestiniens », dont ceux de « 48 » (Israël) à travers des programmes d’échanges internationaux.

Au cœur de la Vieille Ville, ACS adopte une approche qui mobilise la richesse historique et culturelle de Jérusalem, inculque aux enfants et aux jeunes du quartier une meilleure compréhension de la situation passée et présente de leur société et cherche à mettre cette compréhension en relation avec un contexte plus large en leur permettant de voyager et d’en apprendre davantage sur le reste de la Palestine.

Les jeunes acquièrent ainsi des compétences techniques transférables dans des domaines comme le sport, la photographie ou le théâtre, et ils sont encouragés à participer à des projets contribuant au développement durable de la Vieille Ville et de Jérusalem-Est. Dans une ville rongée par des problèmes endémiques d’éducation, de chômage, de délinquance et de toxicomanie, l’association afro-palestinienne offre un phare d’espérance aux jeunes palestiniens défavorisés et représente une force positive, ambassadrice de la culture de Jérusalem et de Palestine dans le monde entier.

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