Trois détenus palestiniens suspendent leur grève de la faim

L’Orient le Jour avec AFP, jeudi 22 septembre 2016

Trois Palestiniens emprisonnés par Israël ont accepté mercredi de suspendre leur grève de la faim, débutée il y a plus de deux mois, après avoir obtenu que leur détention sans procès ne soit pas renouvelée, a annoncé une ONG palestinienne.

Les frères Mohammed et Mahmoud Balboul, 25 et 23 ans, et Malek al-Qadi, 19 ans, ont "suspendu leur grève de la faim après un accord qui fixe un terme à leur détention administrative et une échéance pour leur libération", a indiqué le Club des prisonniers palestinien, qui défend les quelque 7.000 Palestiniens emprisonnés par Israël.

Malek al-Qadi doit être libéré jeudi et les frères Balboul le 8 décembre, a dit Issa Qaraqe, chargé de la question des prisonniers au sein de l’Autorité palestinienne. Les frères Balboul, arrêtés en juin, refusaient de s’alimenter depuis 78 jours, et Malek al-Qadi, arrêté en juillet, depuis 70 jours.

Ils dénonçaient leur placement en détention administrative, un régime extra-judiciaire qui permet à Israël de maintenir en prison des suspects pour une période renouvelable indéfiniment et sans leur notifier d’inculpation ni leur garantir de procès.

Oumayma, 16 ans, la soeur de Malek al-Qadi affirmait récemment à l’AFP que son frère était "en danger de mort imminent".

Ces derniers mois, plusieurs Palestiniens placés par Israël en détention administrative ont observé de telles grèves. Ils y ont tous mis fin après avoir obtenu que leur incarcération ne soit pas renouvelée.

Selon l’Onu et les ONG de défense des détenus palestiniens, de plus en plus de placements en détention administrative sont prononcés par la justice militaire israélienne qui officie dans les Territoires occupés.

Sur 7.000 Palestiniens actuellement détenus par Israël, environ 700 sont en détention administrative, selon les ONG. "C’est le nombre le plus élevé depuis début 2008", note le bureau des droits de l’Homme de l’Onu.

L’Onu et de nombreuses organisations appellent régulièrement Israël à abandonner ce régime hérité des lois d’urgence du mandat britannique sur la Palestine.