Tournée des banlieues à Nancy : le rectorat annule la rencontre

AFPS Lorraine Sud, jeudi 3 mars 2005

Sur décision du rec­torat, la ren­contre avec Leïla Shahid, Domi­nique Vidal et Esti Micen­macher au lycée Marie Mar­vingt le 15 mars pro­chain a été annulée.

Le 15 mars pro­chain, Leila Shahid, déléguée générale de la Palestine en France, Domi­nique Vidal, rédacteur en chef adjoint du Monde Diplo­ma­tique, et Esti Micen­macher, une paci­fiste israé­lienne mili­tante du mou­vement Ta’ayush (vivre ensemble) seront en visite à Nancy à l’invitation d’un col­lectif de 25 orga­ni­sa­tions (voir la liste au bas du com­mu­niqué) à l’initiative de l’Association France Palestine Soli­darité (AFPS).

A midi, ils seront reçus à déjeuner par Michel Dinet, le pré­sident du Conseil Général de Meurthe-​​et-​​Moselle. A l’issue du déjeuner, vous êtes cor­dia­lement invités à une confé­rence de presse qui se tiendra dans les locaux du Conseil Général. Nous vous en don­nerons l’heure et le lieu précis ultérieurement.

A 18h, Leila Shahid ren­con­trera les élus poli­tiques et les per­son­na­lités au Pôle Uni­ver­si­taire Européen, 34 cours Léolpold à Nancy.

Enfin les trois invités don­neront une confé­rence publique à 20h dans le grand amphi­théâtre de la faculté de droit (place Carnot mais entrée par la rue de Serres) sur le thème "le conflit israélo-​​palestinien et ses réper­cus­sions en France".

Cette visite s’inscrit dans une tournée des ban­lieues fran­çaises qu’effectuent depuis plu­sieurs mois Leila Shahid, Domi­nique Vidal et Michel War­schawski, un paci­fiste israélien qui sera rem­placé à Nancy par Esti Micen­macher. Leur objectif est d’échanger avec les jeunes des quar­tiers popu­laires sur le conflit israélo-​​palestinien et ses réper­cus­sions en France.

Dans un dia­logue franc et riche sont abordées des ques­tions impor­tantes comme la nature du conflit israélo-​​palestinien (poli­tique et non reli­gieuse ou eth­nique), la nécessité de ne pas faire l’amalgame entre juifs, israé­liens et gou­ver­nement israélien. Dans ce travail péda­go­gique, les trois inter­ve­nants se com­plètent par­fai­tement : Leila Shahid qui jouit d’un prestige sans conteste peut faire entendre la nécessité de la lutte contre l’antisémitisme, Michel War­schawski (rem­placé à Nancy par Esti Micen­macher) est le témoi­gnage vivant qu’on peut être juif et israélien sans néces­sai­rement sou­tenir la poli­tique du gou­ver­nement d’Ariel Sharon. Domi­nique Vidal apporte tout le crédit que lui confère son rôle de jour­na­liste et de spé­cia­liste du Proche-​​Orient.

Ils se sont déjà rendus - entre autres - à Stras­bourg, Vil­leur­banne, Vénis­sieux, Mont­pellier, Mantes-​​la-​​Jolie, Cergy-​​Pontoise, Nice, Mar­seille, Car­cas­sonne, Per­pignan, Le Havre, Tou­louse - et ils seront bientôt à Gar­danne, Aubagne, Aix-​​en-​​Provence et Mar­seille (8,9 et 10 mars), Nancy (15 mars), Gre­noble (9 avril ), à Colmar (20 mai ) et enfin à Lille et Roubaix (en juin). Dans plu­sieurs de ces villes, ils ont ren­contré ou ils vont ren­contrer les jeunes dans des établis­se­ments scolaires.

C’est ainsi qu’à Nancy, le moment phare de leur visite devait être une ren­contre avec les élèves des classes de bacs pros du lycée pro­fes­sionnel Marie Mar­vingt de Tom­blaine à l’invitation des pro­fes­seurs et de la pro­vi­seure du lycée. Celle-​​ci s’était engagée pour une telle ren­contre il y a plu­sieurs mois et on ne peut que saluer son courage car il n’est pas facile d’aborder le thème du conflit israélo-​​palestinien et de ses réper­cus­sions en France dans un cadre sco­laire quand on sait combien le sujet déchaîne les pas­sions. Et pourtant ce débat est indis­pen­sable et ne peut être esquivé si l’on veut suivre les recom­man­da­tions du ministre de l’Education concernant la lutte contre le racisme et l’antisémitisme.

Mal­heu­reu­sement, la pro­vi­seure a été désa­vouée par le rec­torat et elle s’est vue contrainte d’annuler la ren­contre sur le temps sco­laire. Pour se jus­tifier, le rec­torat brandit le principe de neu­tralité poli­tique de l’Ecole. Mais en l’occurrence, ce principe n’était nul­lement violé car les trois inter­ve­nants se pro­po­saient de mener un travail péda­go­gique et non de faire du pro­sé­ly­tisme politique.

Tous les jours, des per­sonnes engagées dans la vie poli­tique et sociale vont dans les écoles et c’est une façon pour celle-​​ci de mani­fester son ouverture sur la société réelle. Récemment encore, le ministre de l’Education, François Fillon, désa­vouait la rec­trice de l’académie de Besançon qui avait interdit l’intervention des élus poli­tiques dans les établis­se­ments sco­laires, suite à une confé­rence de Pierre Mos­covici, député européen, sur l’Europe dans un lycée de Besançon. Bien entendu, les inter­ven­tions d’acteurs poli­tiques ou sociaux doivent se faire dans le cadre des valeurs de tolé­rance et d’humanisme qui sont celles de l’école laïque et avec un souci d’objectivité mais les trois confé­ren­ciers qui devaient inter­venir devant les élèves de Marie Mar­vingt pré­sen­taient toutes les garanties de ce point de vue.

En plus, les ensei­gnants étaient là pour veiller à ce que l’information qui serait transmise à leurs élèves soit la plus objective pos­sible. Annuler la ren­contre, c’est d’une cer­taine façon exprimer aux ensei­gnants qu’on ne leur fait pas confiance.

Enfin, le ministre de l’éducation nationale a incité à juste titre les ensei­gnants à mener auprès des élèves une cam­pagne contre le racisme et l’antisémitisme. La ren­contre prévue s’inscrivait plei­nement dans cette cam­pagne car on ne peut esquiver le débat sur le rapport avec le conflit israélo-​​palestinien quand on aborde des ques­tions telles que le racisme, l’antisémitisme et la montée des com­mu­nau­ta­rismes. En plus, le conflit israélo-​​palestinien est expli­ci­tement au pro­gramme d’histoire des élèves qui devaient par­ti­ciper à la rencontre.

Il est regret­table que la position fri­leuse du rec­torat abou­tisse à priver les lycéens de Marie Mar­vingt d’un cours d’éducation civique et d’histoire de grande qualité.

Nous nous tenons à votre dis­po­sition pour tout ren­sei­gnement sup­plé­men­taire concernant les cir­cons­tances de l’annulation de la ren­contre avec les jeunes du lycée Marie Mar­vingt ainsi que sur l’organisation de la journée du 15 mars.

Nancy, le 2 mars 2005

Pour le col­lectif des 25 orga­ni­sa­tions Le pré­sident de l’AFPS de Lor­raine Sud Guy Perrier

Les 25 orga­ni­sa­tions Ark-​​en-​​ciel, Asso­ciation France Palestine Soli­darité (AFPS), Asso­ciation des Tra­vailleurs Magrébins en France (ATMF), ATTAC 54, Cimade, Comité Catho­lique contre la Faim et pour le Déve­lop­pement (CCFD), CGT Educ’Action, Comité Luxem­bour­geois pour une paix juste au Proche-​​Orient, ESAF 54, Étudiants Musulmans de France (EMF), FSU, Khamsa, Ligue des Droits de l’Homme (LDH), Mou­vement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP), Mou­vement pour l’objection de conscience (MOC), Mou­vement pour une Alter­native Non vio­lente (MAN), Non-​​violence et Paix 54 (NVP54), Pax Christi, Secours catho­lique, Secours popu­laire français, SNESUP Nancy2, SUD Edu­cation, Union Générale des Etu­diants Pales­ti­niens (GUPS), Union Juive Fran­çaise pour la Paix (UJFP), Union nationale des étudiants de France (UNEF54)

venue de Leila Shahid à Nancy Contact : Guy Perrier, Pré­sident de l’Association France Palestine Soli­darité de Lor­raine Sud 17, rue Christian Moench - 54000 NANCY tél/​fax (domicile) : 03 83 56 52 99 tél (bureau) : 03 83 58 17 19