Tiraille­ments chez les colons israé­liens sur le recours à la vio­lence et à la désobéissance

Le Monde avec AFP, mardi 12 janvier 2010

Une figure cen­trale de la colo­ni­sation juive en Cis­jor­danie, Pinhas Wal­ler­stein, a annoncé, lundi 11 janvier, qu’il démis­sionnait de ses fonc­tions, accusant ses col­lègues de pas se dis­socier suf­fi­samment des extrémistes.

M. Wal­ler­stein, 61 ans, numéro deux du Conseil de Yesha, le prin­cipal orga­nisme repré­sen­tatif des colons de Cis­jor­danie, a adressé lundi une lettre de démission à ses col­lègues. Pinhas Wal­ler­stein est un des fon­da­teurs du Bloc de la foi, le mou­vement natio­na­liste reli­gieux qui a lancé la colo­ni­sation au cœur de la Cis­jor­danie en 1974. France à Jérusalem

Dans cette lettre obtenue par l’AFP, M. Wal­ler­stein pro­teste contre le "silence" de ses col­lègues "lorsque cer­tains de nos propres diri­geants sont pris à partie" par des extré­mistes. Il regrette aussi leur pas­sivité face à la poli­tique dite du "prix à payer", à savoir les actions de repré­sailles sys­té­ma­tiques de colons contre les Pales­ti­niens. "Notre silence se retournera contre nous", écrit-​​il.

UN GOUVERNEMENT TROP PRUDENT À L’ÉGARD DES EXTRÉMISTES

La poli­tique dite du "prix à payer" consiste à s’en prendre à des cibles pales­ti­niennes chaque fois que les auto­rités israé­liennes prennent des mesures qu’ils consi­dèrent comme allant à l’encontre de la colo­ni­sation. Ces agres­sions se sont inten­si­fiées après la décision du premier ministre israélien, Benyamin Néta­nyahou, de décréter un mora­toire de dix mois sur les nou­velles construc­tions dans les implan­ta­tions de Cisjordanie.

"La dif­fé­rence entre [le pré­sident du Conseil de Yesha, Dani Dayan] et moi ne vient pas de l’idéologie, mais de la quantité", a déclaré M. Wal­ler­stein sur la radio de l’armée, avant d’ajouter qu’il était "confiant dans la capacité de la direction actuelle à pour­suivre avec succès la lutte contre le gel de la colonisation".

Pinhas Wal­ler­stein, qui s’est élevé contre le mou­vement de soldats colons refusant de par­ti­ciper à des opé­ra­tions d’évacuation de colonies en Cis­jor­danie, reproche au gou­ver­nement d’être trop pré­cau­tionneux à l’égard des colons les plus extré­mistes, le soup­çonnant de tenter d’"éviter un conflit interne après l"évacuation [du bloc de colonies de Gaza] Gush Katif", en 2005.