Territoires palestiniens : C’est toujours la guerre

T. Hocine, dimanche 21 décembre 2008

On recon­naîtra peut-​​être au Conseil de sécurité dans son réveil tardif son appel aux Israé­liens et aux Pales­ti­niens à faire la paix, sans qu’en réalité il prenne position, lui qui est plei­nement impliqué à travers ses mul­tiples réso­lu­tions, la plupart aussi vieilles que le conflit du Proche-​​Orient.

Ou encore cet appel du secré­taire général de l’ONU au mou­vement pales­tinien Hamas et à Israël à recon­duire la trêve qu’ils avaient observée pendant six mois. Est-​​ce à dire que c’était réel­lement autant de mois sans heurts ? Cela est faux bien entendu, avec la plus grande vio­lence faite aux Pales­ti­niens soumis depuis à un impla­cable blocus. Ce n’était même pas un statut de « ni guerre ni de paix », puisqu’Israël agissait à sa guise, avec comme tou­jours une com­plicité inter­na­tionale laissant croire que celui-​​ci se défendait.

En refusant de pro­longer cette trêve, le mou­vement Hamas qui contrôle la bande de Ghaza et d’autres orga­ni­sa­tions pales­ti­niennes savait à quoi s’attendre puisqu’à l’ entendre il ne fallait pas contribuer à un travail de mys­ti­fi­cation. Et cette fin de trêve a été marquée par des attaques israé­liennes contre Ghaza. Un Pales­tinien a été tué et trois autres ont été blessés hier lors du premier raid de l’aviation israé­lienne sur la Bande de Ghaza.

Ali Hijazy, 22 ans, a été tué dans ce raid effectué près de Jabalya, dans le nord du ter­ri­toire pales­tinien, et deux autres blessés sont dans un état grave, a précisé le chef de service des urgences du ministère pales­tinien de la Santé, Mouaouiya Has­sanein. Les trois hommes sont membres des Bri­gades des martyrs d’Al Aqsa, la branche armée du Fatah, le parti du pré­sident pales­tinien Mahmoud Abbas, ont indiqué des témoins, ajoutant qu’un civil avait également été blessé au cours de cette attaque aérienne. Et comme tou­jours, la version israé­lienne des faits reste inchangée puisque, selon elle, l’aviation israé­lienne a tiré trois mis­siles alors que le groupe d’activistes s’apprêtait à lancer des roquettes sur le sud d’Israël.

C’est le premier raid israélien après l’expiration, ven­dredi, de la trêve de six mois entre Israël et le mou­vement isla­miste pales­tinien Hamas. La trêve, entrée en vigueur le 19 juin après une médiation égyp­tienne a « pris fin et ne sera pas renou­velée car l’ennemi sio­niste n’a pas res­pecté ses condi­tions. L’occupation porte la res­pon­sa­bilité des consé­quences », ont affirmé, ven­dredi, les Bri­gades Ezzedine Al Qassam, la branche armée du Hamas.

Le Hamas reproche notamment à Israël de ne pas avoir levé le blocus de la Bande de Ghaza, entiè­rement coupée du monde et man­quant de tout. Ce blocus de Ghaza, en vigueur depuis la prise de pouvoir par le Hamas en juin 2007, a été ren­forcé début novembre en raison d’une recru­des­cence des vio­lences et de tirs de roquettes pales­ti­niennes sur le sud d’Israël.

Mer­credi, des groupes armés pales­ti­niens avaient tiré un total de 19 roquettes à partir de la Bande de Ghaza. Cinq de ces tirs ont été reven­diqués par les Bri­gades Al Qods, branche armée du Jihad isla­mique, un autre groupe radical pales­tinien. Un raid aérien israélien, lancé en riposte à ces attaques, avait tué, mer­credi soir, un Pales­tinien à Beit Lahiya (nord de la Bande de Ghaza).

Le secré­taire général de l’ONU, Ban Ki-​​ moon, a à nouveau exprimé, ven­dredi, son inquiétude concernant la situation à Ghaza et appelé au réta­blis­sement de la trêve négociée par l’Egypte et à la fin des violences.

A Washington, où se trouve actuel­lement le pré­sident pales­tinien Mahmoud Abbas, la secré­taire d’Etat Condo­leezza Rice a prévenu qu’un regain de vio­lence contre Israël ne ferait qu’affaiblir les Pales­ti­niens. « La seule façon pour les Pales­ti­niens d’atteindre leur objectif de création d’un Etat est la négo­ciation », a-​​t-​​elle dit.

L’Egypte, elle, a fait porter sur Israël la res­pon­sa­bilité de la situation à Ghaza, arguant que ce ter­ri­toire était tou­jours léga­lement sous occu­pation israé­lienne. Cette remarque est per­ti­nente, contra­riant un grossier men­songe tendant à faire croire qu’Israël a évacué ce ter­ri­toire alors qu’il en conserve le contrôle. De l’extérieur. Comme une prison. Une immense prison comme on le constate actuellement.