Tel-​​Aviv-​​Washington en parfaite coordination

Kharroubi Habib, mardi 4 mars 2008

Depuis mer­credi, l’aviation israé­lienne effectue raid après raid au dessus de la bande de Gaza. Ce ne sont plus « des frappes ciblées » mais des opé­ra­tions visant à faire le maximum de vic­times dans un popu­lation qui a été déclarée »entité hostile » et à laquelle s’applique donc le principe de « sanction collective ».

En quelques jours, ils sont une cen­taine d’hommes, de femmes et d’enfants pales­ti­niens à avoir péri dans ce déluge de feu. Le pire reste, hélas, encore à venir pour la popu­lation gazaouie car le gou­ver­nement israélien prépare une grande opé­ration contre son ter­ri­toire. Et c’est celle-​​ci que les raids aériens sont en train de pré­parer, avec pour objectif de « casser » le moral et les capa­cités d’une résis­tance popu­laire dans la bande de Gaza.

Il ne faut pas voir dans l’agression qui a cours contre Gaza la réplique aux tirs de roquettes lancées à partir de ce ter­ri­toire sur le village israélien de Sdérot. Elle est, de notre point de vue, le prélude au déclen­chement d’une opé­ration plus vaste envi­sagée conjoin­tement par Israël et les Etats-​​Unis en vue de recon­fi­gurer le rapport de force au Proche-​​Orient, de telle sorte qu’il leur per­mette de réa­liser leur dessein poli­tique dans la région.

Ce n’est pas du tout fortuit que les Etats-​​Unis aient fait l’annonce de la pré­sence d’un de leurs navires de guerre, le « USS Cole », près des côtes liba­naises, au moment où Israël a lancé ses raids aériens sur Gaza et prévenu qu’il s’apprête à engager une action ter­restre dans cette bande.

Les deux faits sont, à notre sens, liés et découlent d’un pro­gramme concerté par lequel Tel-​​Aviv et Washington vont tenter de « solder » leur comptes avec l’ensemble de leurs ennemis dans la région, au premier rang des­quels sont évidemment le Hamas pales­tinien qui contrôle la bande de Gaza et le Hez­bollah libanais qui contre­carre leur mainmise sur le pays du cèdre.

Tout donne à penser qu’Israël et les Etats-​​Unis sont en train de créer les condi­tions d’une nou­velle guerre dans la région, à l’issue de laquelle ils ins­tau­reront enfin la « paix » à leurs condi­tions. Même si elles ne le pro­clament pas ouver­tement, des forces arabes dans la région poussent à l’exécution du plan israélo-​​américain. Y compris l’Autorité pales­ti­nienne de Mahmoud Abbas qui compte dans la foulée récu­pérer le contrôle de la bande de Gaza.

L’indifférence cri­mi­nelle affichée par la com­mu­nauté inter­na­tionale et ses ins­ti­tu­tions quant à la « punition col­lective » qui est infligée à la popu­lation de Gaza laisse mal­heu­reu­sement pré­sager qu’elles ont choisi de laisser faire. Tout comme elles ont fermé les yeux sur l’agression israé­lienne au Liban et sur la conti­nuité de la colo­ni­sation sio­niste dans les ter­ri­toires pales­ti­niens. Ceci en invo­quant la fiction du combat, ici, contre le ter­ro­risme inter­na­tional, et là, celle d’accords de paix aux­quels les Pales­ti­niens n’ont pas apporté les garanties nécessaires.

L’embrasement du Proche-​​Orient pourrait être l’ultime « cadeau » que George W. Bush ait décidé d’offrir au monde avant son départ de la Maison-​​Blanche.