Surplus israéliens à vendre

Philippe Leymarie, lundi 29 juin 2009

C’est un habitué des salons d’armement : le ministère israélien de la Défense (IMOD) était, comme à chaque fois, for­tement repré­senté au dernier « Paris air show » du Bourget [1].

Il y dis­tri­buait, entre autres, un annuaire des entre­prises, pro­duits, et pro­grammes dis­po­nibles à l’export : avions, héli­co­ptères, mis­siles, véhi­cules blindés, élec­tro­nique et optro­nique de combat, maté­riels de com­mu­ni­cation, de détection et de pro­tection. La répu­tation de l’industrie israé­lienne de défense et de sécurité n’est plus à faire, notamment dans le secteur des drones, les avions sans pilote : Israel Aerospace Indus­tries en a vendu une dou­zaine en début de semaine… à la Russie – pourtant four­nisseur tra­di­tionnel d’armements à la Syrie et à l’Iran. Mais la division export de l’IMOD propose également, dans cet annuaire, la vente des surplus des forces armées…

L’IMOD assure que l’Armée de défense d’Israël (Tsahal), pour faire face rapi­dement à tout type de menace, doit main­tenir un haut niveau de pré­pa­ration et d’équipement, avec les tout der­niers stan­dards – ce qui l’oblige à déclasser fré­quemment une partie de ses appa­reils, véhi­cules ou pro­jec­tiles pourtant encore en bon état de marche.

Le ministère fait valoir que, pour la plupart, ces maté­riels ont été révisés et moder­nisés durant leur mise en service au sein des forces israé­liennes, et sont dis­po­nibles sur le marché de l’occasion « au bénéfice de nations qui affrontent des menaces d’un niveau infé­rieur, mais sont dans l’incapacité de se pro­curer les sys­tèmes d’armement dernier cri, et sont à la recherche de sys­tèmes modernes de seconde main », ayant fait leurs preuves sur le terrain. On peut ainsi, théo­ri­quement, équiper une armée com­plète en se four­nissant auprès de l’IMOD

Cobra et Cigarette

L’inventaire des surplus israéliens comporte en effet :

- Dans le domaine aérien, des chas­seurs A-​​4 Skyhawk, des F-​​4 Phantom, ou des Kfir, dérivés du Mirage III, ainsi que toute leur avio­nique, système d’armes et muni­tions ;
- L’Israel Air force peut également vendre des bat­teries ou canons anti-​​aériens Hawk et M-​​163 A 1 Vulcan ; ou de la for­mation sur simu­la­teurs de pilotes de chas­seurs F-​​15 et F-​​16 (y compris pour les ver­sions Block-​​50 et 52, les plus récentes) ; ou sur héli­co­ptères UH-​​60 et CH-​​54, également récents ; ou encore un entraî­nement à la conduite de drones ;
- Des héli­co­ptères d’attaque AH-​​1 Cobra, ou les multi-​​rôles CH-​​53 Yash’ur 2000 et Bell 212 sont dis­po­nibles dans les stocks de Tsahal ;
- Pour les armées de terre, des chars Cen­turion bri­tan­niques modifiés, des M 60 Patton et M-​​48 A 5 d’origine amé­ri­caine, entiè­rement moder­nisés, « qui étaient en service jusqu’à ces der­nières années » [2] avec leurs acces­soires, muni­tions et éléments de soutien logis­tique ;
- Pour les marines, le ministère israélien propose de céder des cor­vettes rapides SAAR 4, équipées de mis­siles Gabriel, des patrouilleurs Fast Dabur, ou des petites vedettes com­mando Type C dites « Ciga­rette » ;
- On peut également se fournir auprès des forces israé­liennes en métaux ferreux, ou en alu­minium, cuivre, titane, tungstene, etc.

Destination finale

La vente de ces surplus gérés par le Foreign Defense Assis­tance and Defense Export Department (SIBAT) [3], ainsi que le soutien après-​​vente doivent cependant res­pecter les pro­cé­dures de l’IMOD :
- les opé­ra­tions doivent être approuvées par un comité interne ;
- une auto­ri­sation de ré-​​exportation est requise s’il s’agit d’un matériel d’origine amé­ri­caine ;
- et les clients doivent fournir l’original d’un cer­ti­ficat de « des­ti­nation finale », censé garantir que les maté­riels ne seront pas revendus.

En échange, le SIBAT promet « dis­crétion et sécurité » à ses clients, ses agents étant astreints aux normes de réserve des fonc­tion­naires de défense ainsi qu’au secret commercial…

[1] des mili­tants français de la cam­pagne BDS ont exprimé leur oppo­sition à la poli­tique colo­niale israé­lienne à l’occasion de ce salon. Voir sur notre site : http://​www​.france​-palestine​.org/art… note de la rédaction du site Afps

[2] Ils ont été rem­placés par les chars Merkeva, de fabri­cation israélienne.

[3] Ce site est uni­quement en hébreu, comme celui du ministère de la Défense. Le site de l’Israel Aerospace Industry(IAI), prin­cipal indus­triel du secteur, est en anglais.