Sur la suspension de l’aide à la Palestine

Véronique de Keiser, communiqué, vendredi 15 juin 2007

L’Union euro­péenne a une très lourde res­pon­sa­bilité dans la dété­rio­ration dra­ma­tique de la situation à Gaza déclare l’eurodéputée Véro­nique De Keyser

Bruxelles, le 14 juin 2007

"Il y a des mois qu’à chaque séance plé­nière les députés euro­péens inter­pellent Xavier Solana et Benita Ferrero Waldner pour leur demander de reprendre l’aide directe à la Palestine, de recon­naître enfin le gou­ver­nement d’unité nationale, de ne pas exclure du jeu le Hamas et de cesser jouer un ministre contre un autre, en vain !

Nous les avons pressés, d’agir, car nous savions que le temps était compté, qu’avec ce gou­ver­nement, Mahmoud Abbas jouait sa der­nière carte, qu’il fallait faire vite. Il fallait dia­loguer avec les modérés, sous peine de n’avoir plus en face de nous que des extré­mistes", déclare l’eurodéputée Véro­nique De Keyser, qui fut chef de la mission élec­torale de l’U.E en Palestine en 2OO6, et est l’une des signa­taires de l’appel des "qua­rante cinq" au Par­lement européen.

Cet appel, qui demandait il y a quelques semaines, la reprise de l’aide directe à la Palestine et la recon­nais­sance du gou­ver­nement d’unité nationale, amenait également qua­rante cinq euro­dé­putés signa­taires à par­rainer les qua­rante cinq par­le­men­taires du Conseil légis­latif pales­tinien empri­sonnés par Israël. Des euro­dé­putés n’avaient d’ailleurs pas hésité à ren­contrer de Ismaïl Haniyeh.

Mais les appels du Par­lement européen n’ont jamais été entendus. Pas plus que le réqui­si­toire acca­blant de la Banque mon­diale ou le rapport de Soto, Repré­sentant spécial des Nations Unies, qui vient d’être rendu public. En ne s’écartant jamais du carcan du Quartet, dominé par les Etats-​​Unis, l’Union euro­péenne rendait iné­luc­table la faillite du gou­ver­nement d’unité nationale. Ce gou­ver­nement répondait aux exi­gences du Quartet, mais il ne pouvait se passer ni de l’aide ni de la légi­timité inter­na­tio­nales. "Aux Etats-​​Unis, comme en Israël, comme dans les bancs des extré­mistes en Palestine, on guettait sa chute et nous le savions par­fai­tement. Mais nous avons fait le jeu des extré­mistes et pré­cipité la guerre civile", déclare encore la députée qui a appris avec conster­nation l’annonce du Pré­sident Abbas d’une dis­so­lution du gouvernement.

"Si l’avenir de la Palestine est sombre, la cré­di­bilité de l’Europe dans la région l’est encore davantage. Comment pourrons-​​nous nous placer encore comme les chantres de la démo­cratie, si nous n’avons res­pecté ni les résultats sortis des urnes en 2OO6, ni l’autorité d’un gou­ver­nement d’unité nationale qui repré­sentait 98% de l’opinion publique pales­ti­nienne et dont nous avons étroi­tement par­rainé la com­po­sition ? Louis Michel a décidé de sus­pendre l’aide huma­ni­taire à Gaza. C’est tout aussi dra­ma­tique qu’inacceptable. Je réclame le déploiement immédiat d’une force d’interposition inter­na­tionale." a conclu Véro­nique de Keyser

Véro­nique de Keyser Députée euro­péenne Coor­di­na­trice PSE aux Affaires étran­gères tel : 0475.690.461