Soutiens palestiniens à Marwan Barghouti pour sa nomination au Prix Nobel de la Paix

Des groupes de défense des droits des Palestiniens et des responsables politiques ont lancé une campagne afin que le dirigeant du Fatah, enfermé à vie dans une prison israélienne, soit nommé au Prix Nobel de la Paix.

Dalia Hatuqa, Al Jazeera, jeudi 14 avril 2016

Bernat Armangue/AP

Des groupes de défense des droits des Palestiniens, des parlementaires et des responsables de partis ont lancé une campagne mondiale pour que Marwan Barghouti - un responsable du Fatah de premier plan emprisonné pour cinq condamnations à perpétuité dans une prison israélienne - soit nommé au Prix Nobel de la Paix.

La campagne, dont le coup d’envoi a été donné au Conseil législatif palestinien désormais défunt à Ramallah ce mardi, vise à attirer l’attention sur le sort de Marwan Barghouti, également parlementaire, ainsi que sur les près de 7000 Palestiniens incarcérés par Israël, selon Fadwa Barghouti, la femme du responsable du Fatah.

« Cette nomination est importante car elle dit que le peuple palestinien a le droit légitime de se libérer de l’occupation israélienne », a déclaré Fadwa Barghouti, qui vient de rentrer de Tunis où le parlement a annoncé son soutien à la nomination au prix Nobel du leader emprisonné.

« Alors qu’Israël appelle Barghouti et le reste des prisonniers des terroristes, cette nomination dit le contraire », a-t-elle ajouté.

La campagne, soutenue par le Club des prisonniers palestiniens, un groupe de défense des droits des prisonniers basé à Ramallah, et par la Commission pour les prisonniers à l’Organisation de Libération de la Palestine, est également soutenue par Adolfo Perez Esquivel, un militant argentin des droits de l’homme, qui a reçu le Prix ​​ Nobel de la Paix en 1980.

A l’extérieur du parlement palestinien, des dizaines de personnes portaient des drapeaux palestiniens et des affiches montrant Marwan levant ses mains enchaînées dans un geste de défi.

« Peu importe si Marwan remporte le prix ou non, le nœud de la question est l’importance politique, juridique et symbolique de cette nomination », a déclaré Issa Qaraqe, chef de la Commission de l’OLP pour les prisonniers.

Occupation israélienne

Marwan Barghouti a été arrêté en 2002 - au cours de la deuxième Intifada - et a ensuite été condamné par un tribunal israélien sur cinq accusations d’assassinat.

Compte tenu de l’appui et du respect dont il jouit parmi tous les Palestiniens et les différents partis, Barghouti est vu comme un successeur possible de Mahmoud Abbas, le président palestinien.

Barghouti avait déjà été emprisonné en 1978 pour plus de quatre ans sous l’accusation d’être un membre du Fatah - un fait qu’Israël considérait comme un crime à l’époque.

Parlant couramment hébreu et politiquement actif au cours de ses années d’études à l’Université de Birzeit, il est devenu un membre dirigeant du parti de la « jeune garde ». Il a été expulsé vers la Jordanie lors de la première Intifada, revenant plus tard lorsque les accords d’Oslo ont été signés entre Israël et l’OLP.

Marwan Barghouti a été élu au Parlement palestinien en 1996, mais il a joué un rôle de premier plan au cours de la deuxième Intifada qui a commencé en 2000, quand il a tenu des discours radicaux sur la résistance à l’occupation israélienne et pris la tête de manifestations face aux checkpoints militaires israéliens. Israël l’a accusé d’être un fondateur des Brigades des Martyrs d’Al-Aqsa, liées au Fatah, ce qu’il a nié, et l’a emprisonné en conséquence.

« Dans quelques jours, Marwan aura passé sa 15e année dans une prison israélienne », a déclaré Azzam al-Ahmad, qui dirige le bloc parlementaire du Fatah au Conseil législatif palestinien.

« Israël va essayer de lutter contre cette nomination. Si ses autorités sont capables d’emprisonner des fillettes de 12 ans, alors bien sûr qu’elles iront à l’encontre de cette nomination, parce qu’elles ont peur de la paix », a déclaré al-Ahmad, faisant référence à une enfant palestinienne actuellement détenue dans une prison israélienne.

Parfois appelé le « Mandela palestinien », Barghouti est considéré comme une figure importante, même derrière les barreaux. Ayant aidé à établir l’accord de la Mecque pour un gouvernement d’union nationale en 2007, il est considéré comme l’homme le plus susceptible de combler le fossé entre le Fatah et le Hamas, les partis qui sont à couteaux tirés depuis presque une décennie.

En prison, il a également présenté le « Document de prisonniers palestiniens » en 2006, dans lequel les dirigeants emprisonnés de différentes factions avaient convenu d’adopter la solution à deux États.

Traduction : AFPS