Soutenez le militant israélien des droits de l’Homme Ezra Nawi

lundi 15 juin 2009

Sans une inter­vention au niveau inter­na­tional, le militant israélien des droits humains Ezra Nawi a de très grandes chances d’être envoyé en prison.

Ezra Nawi inter­vient depuis des années dans la zone dite "Sud du Mont Hébron". Les Pales­ti­niens de cette petite zone désolée située tout au sud de la Cis­jor­danie sont sous occu­pation israé­lienne depuis près de 42 ans. Ils vivent tou­jours sans élec­tricité, sans eau cou­rante, et sans ser­vices publics. Et ils sont har­celés en per­ma­nence par les colons juifs, qui ne cessent de violer à la fois le droit israélien et le droit inter­na­tional, et sonts appuyés par diverses forces mili­taires israé­liennes d’occupation, qui toutes s’efforcent de net­toyer la zone de ses habi­tants pales­ti­niens et d’y créer une nou­velle réalité démographique.

Par son activité NON VIO­LENTE régu­lière, Nawi vise à la fois à aider la popu­lation locale, qui vit une situation extrê­mement dif­ficile, à rester sur sa terre, mais aussi à dénoncer la situation de la région à la fois auprès des Israé­liens et auprès de la com­mu­nauté inter­na­tionale. Cette dénon­ciation n’arrange pas les colons israé­liens, qui se plaignent que Nawi per­turbe le "statu quo" dans la région. Par le passé il a reçu des menaces de mort de la part des colons. Le res­pon­sable des enquêtes de la police israé­lienne d’Hébron a admis que ce que fait Nawi dans la région, c’est mettre au grand jour "la crasse qui se trouve sous le tapis…"

Les efforts de Nawi ont permis de révéler cette ten­tative de net­toyage eth­nique des habi­tants pales­ti­niens au sud du Mont Hébron : elle est désormais prise en compte par les internationaux.

Les colons, les forces mili­taires d’occupation, et la police israé­lienne ont vivement intérêt à res­treindre sa liberté de mou­vement et à lui interdire la zone. Pour ce faire, ils ne cessent de l’accuser – fal­la­cieu­sement – de violer la loi. Récemment il a été jugé cou­pable d’agression envers un policier qui démo­lissait une maison pales­ti­nienne, le 22 juillet 2007. La peine sera pro­noncée en juillet prochain.

Le hasard a voulu que la démo­lition et la résis­tance qui s’y opposait aient été filmées, et mon­trées au journal télévisé en Israël. Dans le film (à voir abso­lument), on voit Nawi (en veste verte) non seulement pro­tester cou­ra­geu­sement contre la démo­lition, mais aussi, quand le bull­dozer détruit les maisons, signifier à la Police des fron­tières ce qu’il pense de leurs actes. Assis menotté dans un véhicule mili­taire après son arres­tation, il s’exclame : "Oui, moi aussi j’ai été soldat, mais je ne démo­lissais pas les maisons… La seule chose qui restera ici, c’est la haine…"