Sommet arabe à Ryad

L’orient le Jour, lundi 26 mars 2007

Le conflit arabo-​​israélien en tête de l’ordre du jour du sommet de Ryad. L’adoption du plan de paix arabe signi­fierait un enga­gement du Hamas.

Une adoption du plan de paix arabe lors du sommet de Ryad signi­fierait un enga­gement du mou­vement isla­miste pales­tinien Hamas qui n’était pas au pouvoir en 2002 lorsque cette ini­tiative a été enté­rinée une pre­mière fois, estiment des res­pon­sables arabes.

Le gou­ver­nement pales­tinien d’union nationale, investi la semaine der­nière, regroupe pour la pre­mière fois les mou­ve­ments rivaux du Hamas et du Fateh du pré­sident Mahmoud Abbas. Or c’est le Fateh, avec à sa tête le défunt pré­sident Yasser Arafat, qui avait approuvé en 2002 l’initiative de paix arabe, pro­posée par l’Arabie saoudite et adoptée au sommet arabe de Beyrouth.

Ce plan prévoit la recon­nais­sance d’Israël par les pays arabes en échange d’un retour de l’État hébreu aux fron­tières de 1967, de la création d’un État pales­tinien et du règlement de la question des réfugiés palestiniens.

Le Premier ministre pales­tinien Ismaïl Haniyeh, qui a dirigé un gou­ver­nement Hamas de mars 2006 à mars 2007, a affirmé que le cabinet d’union « res­pecte les réso­lu­tions de la légi­timité inter­na­tionale et les accords signés par l’Organisation de libé­ration de la Palestine (OLP) ».

« Il s’agira donc pour ce gou­ver­nement de passer de la phase de “respect” des accords à celui de l’“engagement” », a déclaré à l’AFP un ministre arabe, sous le couvert de l’anonymat. Dans ce contexte, a-​​t-​​il relevé, « l’adoption par le sommet de Ryad de l’initiative arabe engagera le gou­ver­nement d’union, et par consé­quent le Hamas, dans cette voie ».

La délé­gation pales­ti­nienne à Ryad doit être repré­sentée conjoin­tement par MM. Haniyeh et Abbas. Pour sa part, le chef du Hamas, Khaled Mechaal, qui a effectué une courte visite hier en Arabie saoudite, a affirmé que son mou­vement se ral­liera au « consensus arabe » lors du pro­chain sommet de Ryad, a-​​t-​​on appris de source diplo­ma­tique arabe. Le chef du mou­vement isla­miste Hamas a également affirmé au chef de la diplo­matie saou­dienne Saoud el-​​Fayçal que son mou­vement « acceptait la création d’un État pales­tinien sur la base des fron­tières du 4 juin 1967 », selon la source.

La charte du Hamas appelle à la des­truction de l’État d’Israël, mais les chefs du mou­vement affirment être prêts à accepter un État sur les ter­ri­toires occupés en 1967 en échange d’une « trêve » de longue durée avec Israël et non pas une recon­nais­sance de l’État hébreu.

Hier, hauts fonc­tion­naires des pays membres et délégués per­ma­nents auprès de la Ligue arabe ont approuvé l’ordre du jour du sommet de Ryad des 28 et 29 mars, qui sera centré sur le plan de paix arabe pour un règlement du conflit arabo-​​israélien.

Outre ce plan de paix, l’Irak, la question pales­ti­nienne et le Soudan figurent parmi les prin­cipaux points de l’ordre du jour qui sera soumis aujourd’hui aux ministres des Affaires étran­gères de l’organisation panarabe.

L’initiative de paix arabe avait été rejetée en 2002 par Israël, sus­citant également les cri­tiques des États-​​Unis. Mais, récemment, des res­pon­sables israé­liens ont fait état d’éléments « positifs » dans ce plan. À condition, disent-​​ils, qu’il spé­cifie que les réfugiés pales­ti­niens retournent dans des zones contrôlées par les Pales­ti­niens et non en Israël.

Hier, au len­demain d’une ren­contre du « quar­tette arabe » avec la secré­taire d’État amé­ri­caine Condo­leezza Rice, le ministre saoudien des Affaires étran­gères, Saoud el-​​Fayçal, a réitéré le refus de son pays d’amender l’initiative arabe. « Il n’y a pas d’amendement ni de chan­gement de l’initiative arabe de paix. Je l’ai déjà dit 20 fois et c’est la der­nière fois que je le répète », a déclaré le res­pon­sable saoudien aux journalistes.