Solidarité avec Hessel : conférence/​débat mardi 18 janvier

lundi 10 janvier 2011

Soutenons Stéphane Hessel et les pacifistes de la campagne BDS
10 000 per­sonnes ont déjà signé l’Appel lancé en octobre par de nom­breuses per­son­na­lités du monde poli­tique et intel­lectuel français pour sou­tenir Sté­phane Hessel et tous les mili­tants paci­fistes soli­daires du peuple pales­tinien inquiétés par la ministre fran­çaise de la Justice et Garde des Sceaux de l’époque, Michèle Alliot-​​Marie.

Après le rema­niement du gou­ver­nement, Sté­phane Hessel, accom­pagné de l’ancienne ministre de la Justice et Garde des Sceaux Eli­sabeth Guigou et de la vice-​​présidente du Sénat Catherine Tasca, a ren­contré Michel Mercier, le suc­cesseur de Michèle Alliot-​​Marie, pour lui remettre l’Appel et lui demander de renoncer à ces procès liber­ti­cides et donc de faire relaxer tous les accusés.

Cet enga­gement de Sté­phane Hessel, accentué par la publi­cation de son ouvrage "Indignez-​​vous !", dont le succès public n’a pas de pré­cédent, lui a déjà valu de nom­breuses attaques. Cer­tains n’ont pas hésité à s’en prendre à son passé de grand résistant et de déporté à Buchenwald, pour tenter de dis­cré­diter sa défense acharnée d’une paix juste entre Pales­ti­niens et Israé­liens fondée sur le droit inter­na­tional. Ceux qui, comme lui, contestent l’impunité des "crimes de guerre, voire contre l’Humanité" - dont le rapport Gold­stone soup­çonne Israël - et, dans une moindre mesure, cer­tains groupes armés pales­ti­niens - encourent aujourd’hui de lourdes peines pour avoir appelé au boycott, au dés­in­ves­tis­sement et à des sanc­tions (BDS) contre la colo­ni­sation et l’occupation israé­liennes : détournée de son objet, la loi du 29 juillet 1881 les menace, dans son article 24 alinéa 8, de 45 000 euros d’amende et de 3 ans de prison ferme, peines maxi­males aux­quelles s’ajoute, pour les fonc­tion­naires, la perte quasi auto­ma­tique de leur emploi. Pour avoir diffusé un tract ou apposé un autocollant !

A Per­pignan le 24 janvier, puis à Mul­house le 10 février, 15 citoyens de tous âges, de toutes sen­si­bi­lités et de toutes ori­gines com­pa­raî­tront devant le tri­bunal pour "pro­vo­cation publique à la dis­cri­mi­nation" : une accu­sation infâ­mante pour ces mili­tants paci­fistes engagés jus­tement par refus de tous les racismes et pour l’application du droit inter­na­tional à tous les Etats, y compris Israël. Pour arracher leur relaxe, comme nous l’avons obtenue pour la séna­trice verte Alima Boumediene-​​Thiery et pour le diri­geant national du NPA Omar Slaouti à Pon­toise en octobre dernier, la mobi­li­sation doit se pour­suivre. Seule la pression de l’opinion peut empêcher que les menaces contre Sté­phane Hessel et tous les mili­tants de BDS ne soient suivies d’effet.

C’est pourquoi Sté­phane Hessel, les signa­taires de son Appel, les asso­cia­tions regroupées dans le Pôle Palestine (AFPS, CCIPPP, Géné­ration Palestine, GUPS et UJFP) et, au-​​delà, celles du col­lectif national pour une paix juste et durable entre Pales­ti­niens et Israé­liens ainsi qu’ENS Palestine orga­nisent une grande conférence-​​débat le mardi 18 janvier à partir de 19 heures à l’Ecole normale supé­rieure (ENS). Sté­phane Hessel y sera notamment entouré de Benoist Hurel, secré­taire général adjoint du Syn­dicat de la Magis­trature, Leila Shahid, ambas­sa­drice de la Palestine auprès de l’Union euro­péenne, Haneen Zoabi, députée pales­ti­nienne au Par­lement israélien, par­ti­ci­pante à la "Flo­tille de la Liberté", et Michel War­schawski, israélien fon­dateur et ex-​​président du Centre d’information alter­native. De nom­breuses per­son­na­lités signa­taires de l’Appel, également invitées, trans­met­tront à cette occasion leurs mes­sages de soutien. Des­tinée à défendre les hommes et les femmes injus­tement accusés et avec eux les libertés citoyennes, cette confé­rence per­mettra de faire le point sur le conflit israélo-​​palestinien, le prix payé par les sociétés pales­ti­nienne et israé­lienne et les res­pon­sa­bi­lités qui, devant le blocage du "pro­cessus de paix"par le gou­ver­nement israélien et les divi­sions qui han­di­capent le mou­vement national pales­tinien, incombent à l’opinion publique et aux ins­ti­tu­tions internationales.

Mardi 18 janvier, dès 19h, à l’amphithéâtre Jules Ferry, 29 rue d’Ulm, les places seront comptées. Car nous sommes nom­breux à nous indigner, comme nous y appelle Sté­phane Hessel, et à vouloir peser avec lui de tout notre poids en faveur de la justice et de la paix. Comme l’écrit son Appel, "cer­tains d’entre nous appellent au boycott de tous les pro­duits israé­liens ; d’autres « ciblent » les seuls pro­duits des colonies israé­liennes ; d’autres encore choi­sissent des formes d’action dif­fé­rentes. Mais nous sommes tous unis pour refuser caté­go­ri­quement que les militant-​​e-​​s de la cam­pagne inter­na­tionale Boycott-​​Désinvestissement-​​Sanctions (BDS) soient accusés et jugés pour “pro­vo­cation publique à la dis­cri­mi­nation” alors qu’au contraire ils com­battent contre toute forme de dis­cri­mi­nation, pour le droit de tous les peuples à l’autodétermination, pour l’application à tous les États du droit inter­na­tional et des sanc­tions prévues lorsqu’ils le bafouent. Tous ensemble,nous exi­geons, à la fois au nom du droit inter­na­tional et des libertés : le retrait immédiat des direc­tives envoyées par la ministre de la Justice et son admi­nis­tration aux Par­quets et la relaxe immé­diate de ces inno­cents. Honneur à celles et ceux qui font leur le combat pour la justice et la paix que les auto­rités fran­çaises ont trahi."

Réservation obligatoire, places limitées : reserver@collectifpaixjustepalestine.org

Affiche