Soldat franco-israélien : des Palestiniens en appellent à la justice française

Nicolas Ropert, RFI, samedi 2 avril 2016

Le soldat israélien qui a exécuté, jeudi dernier, un assaillant palestinien possède la nationalité française. La polémique se poursuit en Israël pour savoir si le soldat dont le nom est toujours interdit à la publication sera jugé pour crime. Les condamnations internationales sont unanimes après la diffusion des images filmées par un vidéaste palestinien. Mais sa nationalité française pourrait aussi ouvrir un débat en France. Des responsables palestiniens réclament que le soldat soit aussi jugé en France pour cet acte.

La vidéo de ce soldat franco-israélien tirant sur Abed al-Sharif, un Palestinien qui avait auparavant attaqué au couteau un soldat israélien continue à faire débat en Israël.

Si une majorité d’Israéliens dit soutenir le geste du soldat, Majed Bamya, diplomate palestinien en poste à Ramallah, réclame lui que le soldat français soit aussi jugé en France.

« Ce que les Palestiniens demandent, aujourd’hui, ce n’est pas la déchéance de nationalité ; c’est de nous assurer que les mécanismes de justice, y compris en France, soient ouverts ; c’est le soutien à la Cour pénale internationale, qui doit absolument ouvrir ces enquêtes ; c’est de prendre des mesures contre Israël tant que c’est une puissance occupante qui viole le droit. Il faut mettre ces efforts pour mettre fin à l’impunité d’Israël, pour ouvrir la voie de la paix. Aujourd’hui, ce Palestinien tué froidement par un soldat israélien révèle l’ampleur de l’impunité à laquelle on a affaire », a-t-il observé.

Depuis bientôt une semaine, la majorité gouvernementale israélienne se déchire sur cette affaire. Dans un premier temps, le Premier ministre Benyamin Netanyahu, avait assuré que cet incident « ne représentait pas les valeurs de l’armée ». Il a été pris à partie par une partie de l’extrême droite qui siège pourtant dans son gouvernement. Le ministre israélien de l’Education a accusé Benyamin Netanyahu de ne pas soutenir ses troupes. « Ne me faites pas la leçon », a répondu le chef du gouvernement en plein Conseil des ministres.