Salah Hammouri est-​​il un citoyen français de seconde zone ?

Communiqué de l’UJFP, lundi 21 avril 2008

Alors que le gou­ver­nement français cherche à démontrer qu’il défend ses citoyens où qu’ils se trouvent dans le monde, il aban­donne Salah Ham­mouri à l’arbitraire de la justice colo­niale des tri­bunaux mili­taires d’exception, dans les Ter­ri­toires Occupés Palestiniens.

Salah Ham­mouri a en effet le tort d’être à la fois citoyen français et pales­tinien. Or la poli­tique de soutien incon­di­tionnel à Israël adoptée par le gou­ver­nement français fait qu’il refuse d’agir pour la défense de Salah, jouant jus­tement sur cette double natio­nalité. De la même manière il refuse d’intervenir et de condamner les innom­brables vio­la­tions des droits humains com­mises par Israël.

Salah Ham­mouri a déjà effectué 3 ans de prison pour un seul délit d’intention ! Il aurait fait partie d’un groupe cher­chant à attaquer une per­son­nalité reli­gieuse israé­lienne. Aucune preuve n’a été apportée sur cette intention ni pendant ses trois ans de détention admi­nis­trative ni lors de son procès le 10 avril. Le délit d’intention n’existe dans aucun pays démo­cra­tique. Salah a du accepter le « plea-​​bargain »* lui pro­posant 7 ans de prison, pour éviter le verdict plus dur encore qui lui était promis. Il vient d’être condamné à 7 ans de prison ferme plus deux ans de mise à l’épreuve. Il lui reste donc 4 années de prison à effectuer, pour quel délit ? Ce type de procès est un déni de droit.

Le ministre des affaires étran­gères Bernard Kouchner que l’UJFP a plu­sieurs fois saisi, s’est jusqu’ici contenté de regretter que son procès soit tou­jours remis, et de pro­mettre d’agir pour qu’il ait lieu. Il n’a jamais exigé auprès de ses inter­lo­cu­teurs israé­liens la libé­ration de Salah. Le résultat, c’est une condam­nation très lourde et tota­lement injus­tifiée. Le sous-​​entendu de cette position étant que s’il y avait procès ce procès serait juste, Israël étant un Etat de droit.

Tel n’est pas le cas : Aujourd’hui des mil­liers de Pales­ti­niens, hommes femmes et enfants sont aujourd’hui retenus dans les prisons israé­liennes, le plus souvent sans preuve, sans acte d’accusation, donc sans procès parfois pendant des années. Beaucoup parmi eux sont ou ont été soumis à la torture… Leur seul tort, comme Salah, est d’être Palestiniens.

A une justice israé­lienne à deux vitesses, correspondrait-​​il ainsi une poli­tique fran­çaise à deux vitesses : inter­venir pour des soldats de l’armée israé­lienne d’occupation faits pri­son­niers lors d’opérations mili­taires, parce qu’ils sont franco israé­liens, et aban­donner le civil Salah Hamouri parce qu’il est franco –palestinien ?

Tous les hommes et les femmes engagés dans le combat pour le respect des droits doivent exiger -au nom des prin­cipes du droit-​​ égalité de trai­tement et pro­tection de tous les citoyens français par leur gou­ver­nement. Ensemble, nous devons agir pour que le gou­ver­nement français défende Salah Ham­mouri contre l’arbitraire comme il défend d’autres citoyens français pris en otage dans le reste du monde.

Jamais le gou­ver­nement français n’a rendu public le fait qu’un citoyen français crou­pisse dans les geôles israé­liennes. La conspi­ration du silence dont se rendent com­plices les media français doit cesser. Le cas de Salah Ham­mouri doit être évoqué au même titre que ceux de tous les otages français. Nous voulons voir le por­trait de Salah Ham­mouri devant les mairies de France et l’hôtel de ville de Paris à côté des autres otages français à l’étranger. Il doit être clair pour le gou­ver­nement français qu¹être franco-​​ pales­tinien n¹est pas un crime pas­sible de 7 ans de prison.

L’UJFP demande immé­dia­tement à ren­contrer le ministre des Affaires étran­gères pour exiger une inter­vention urgente du gou­ver­nement afin que cesse cette mas­carade de justice et que notre conci­toyen Salah Ham­mouri soit libéré.

*plea bargain : pro­cédure de com­promis proposé avant le verdict, héritée du droit anglo-​​saxon