Saint-Jean-d’Acre : Trois jour de violence entre juifs et Palestiniens d’Israël

L’Orient le Jour, dimanche 12 octobre 2008

Les diri­geants israé­liens appellent au calme, la police aug­mente son niveau d’alerte.

Les heurts ont repris hier après-​​midi (ven­dredi 10 octobre) à Saint-​​Jean-​​ d’Acre, trois jours après avoir éclaté pendant le Yom Kippour, la fête juive du Grand Pardon. Des dizaines de voi­tures aux vitres brisées ou aux pneus crevés dans le quartier prin­ci­pa­lement juif témoi­gnaient des vio­lences qui ont baissé en intensité hier soir.

D’importants effectifs de la police ont dis­persé au canon à eau quelque 200 mani­fes­tants ras­semblés dans un secteur juif de la ville, munis de bou­teilles et de pierres, qui se diri­geaient vers la maison d’un de leurs voisins arabes en scandant « Mort aux Arabes », selon un pho­to­graphe de l’AFP. « Nous avons aug­menté nos forces dans la ville. Il y a pour le moment 500 poli­ciers sup­plé­men­taires répartis dans la zone s’ajoutant aux 200 poli­ciers habi­tuels », a déclaré le porte-​​parole de la police Micky Rosenfeld. « Nous avons par ailleurs aug­menté notre niveau d’alerte dans l’ensemble du pays pour que de tels inci­dents ne se repro­duisent pas », a-​​t-​​il ajouté. Selon la radio, le chef de la police, Dudi Cohen, a ordonné à ses forces de n’utiliser ni balles réelles ni gre­nades lacrymogènes.

Dans un com­mu­niqué, le pré­sident israélien Shimon Peres a appelé au calme « habi­tants et diri­geants » de la ville. « Juifs et Arabes doivent au plus vite éteindre cette flambée de vio­lences qui ne pro­fitera à per­sonne (…). Les vio­lences, menaces et accu­sa­tions mutuelles doivent cesser immé­dia­tement », a affirmé M. Peres. De son côté, la ministre des Affaires étran­gères, Tzipi Livni, qui s’est rendue sur place, a également réclamé un retour au calme « pour que les habi­tants puissent continuer de coha­biter ». Mme Livni, qui dirige le parti cen­triste Kadima, tente de former la pro­chaine coa­lition gou­ver­ne­mentale, le Premier ministre démis­sion­naire Ehud Olmert menant un cabinet de tran­sition. « Chaque citoyen israélien doit res­pecter le Yom Kippour (Grand Pardon), qui fait partie de l’héritage d’Israël », a-​​t-​​elle dit.

Le député arabe israélien Mohammad Barakeh a, pour sa part, imputé les heurts à des « gangs fas­cistes juifs » qui sévissent « avec la com­plicité de la police » contre la popu­lation arabe.

Depuis mer­credi soir, trois per­sonnes ont été blessées légè­rement, dont un policier. Les vio­lences ont com­mencé lorsqu’un auto­mo­bi­liste arabe est entré dans un quartier oriental de la ville, où juifs et Arabes coha­bitent, en faisant marcher à fond son auto­radio. Durant le Yom Kippour, les juifs n’ont pas le droit de cir­culer en voiture et cette inter­diction d’ordre reli­gieux est mas­si­vement res­pectée en Israël. Un groupe de jeunes juifs accusant l’automobiliste arabe de faire volon­tai­rement du bruit s’en est pris à lui. « Puis des rumeurs répandues notamment par des appels lancés à partir de mos­quées pro­clamant que l’automobiliste avait été tué ont pro­voqué des attrou­pe­ments de plu­sieurs cen­taines d’habitants arabes », a ajouté M. Rosenfeld.