Rions en Palestine

Pierre Puchot, dimanche 28 février 2010

Cela m’avait paru sympa, ce petit docu­men­taire co-​​produit par les inter­nautes, en Cis­jor­danie, là où d’habitude on ne rigole pas beaucoup, et dont le tournage vient de débuter, mais qui a tou­jours besoin de vos sous.
Hop !, je me suis dis, cela vaut bien un entretien sur mon blog, avec la réa­li­sa­trice, Vanessa Rousselot.

Le pitch du projet :

« Le film, c’est un road-​​movie en Cis­jor­danie, à la recherche de l’humour pales­tinien. De quoi on rit et de quoi on ne rit pas. Car même là-​​bas, il y a des choses trop graves pour qu’on en rigole. Et c’est cette limite qu’on va chercher dans le film. Après, les per­son­nages sont mul­tiples, et de toutes les couches sociales. On a notamment ren­contré un anthro­po­logue qui col­lec­tionne les blagues, et qui en a accumulé plus de 2000. Il y a en Palestine un show qui s’appelle « Une patrie sur un fil » avec trois comé­diens qui, toutes les semaines, font une sorte de parodie de l’actualité poli­tique palestinienne. »

D’habitude, c’est le mur, les camps de réfugiés, le boycott, le Fatah en crise. Comment ça lui est venue, cette idée de faire rire, à Vanessa Rousselot ?

« J’ai été voir plein de films sur la Palestine, un sujet qui me pas­sionne. En allant habiter à Bethléem, j’ai été un peu sur­prise : chargée de clichés, j’imaginais que tout le monde portait une tris­tesse absolue. J’ai alors découvert une culture de l’humour, des blagues, qui est là aussi parce le soir, en Cis­jor­danie, il n’y a pas grand-​​chose à faire, pas trop de cinémas, tout ça. Donc une des grandes acti­vités, c’est de s’asseoir et de se raconter des his­toires. Et ces his­toires, moi, elles m’ont fait com­prendre plein de choses, et j’ai envie de trans­mettre ça. »

Et c’est donc le bas de laine des internautes qui finance :

« Je suis partie en 2006, et je voulais repartir immé­dia­tement après mon retour à Paris pour tourner. Mais voilà, les aléas du finan­cement du docu­men­taire… Aujourd’hui, on a quand même trouvé 3 chaînes de télés et un finan­cement de l’Union euro­péenne, mais il manque encore de l’argent pour boucler le projet. Le film est donc sur un site, tous co-​​prod, sur lequel n’importe qui peut devenir pro­ducteur et contribuer finan­ciè­rement au film. Et en échange, si ça marche au box-​​office, l’internaute reçoit même un petit pécule ! Il reçoit surtout, dans un premier, des nou­velles régu­lières du projet, des extraits du film, et on peut le voir une fois achevé. »

Il reste 30.000 euros à récolter. À votre bon cœur !