Rick Santorum : « il n’y a pas de Palestiniens en Cisjordanie »

Le "palestinian bashing" avait été un trait commun des débats républicains qui ont précédé les premiers "caucus" de l’Iowa. Dans le concert des soutiens sans nuances à Israël (le libertarien Ron Paul excepté qui par conviction plaide pour la fin de toutes les aides américaines), Newt Gingrich avait même fait sensation en assurant que le peuple palestinien avait été une construction rhétorique tardive, puis en considérant que les Palestiniens étaient génériquement des "terroristes"

Gilles Paris - blog Guerre ou Paix, vendredi 6 janvier 2012

Le début officiel de la course à l’investiture n’a pas inversé la tendance, bien au contraire si on en juge par la "sortie" de Rick Santorum, candidat jusqu’alors très discret et qui a fait presque jeu égal avec le favori Mitt Romney le 3 janvier.

Ancien sénateur de Pennsylvanie, Rick Santorum a pratiqué une forme de négationisme en assurant, répondant le 2 janvier à un jeune militant, qu’il n’y avait pas de Palestiniens en Cisjordanie.

“There are no Palestinians. All the people who live in the West Bank are Israelis. There are no Palestinians. This is Israeli land." ("Il n’y a pas de Palestiniens, tous les gens qui vivent en Cisjordanie sont Israéliens. c’est une terre israélienne")

Même s’il ne reprend pas dans cette formule la dénomination nationale-religieuse israélienne de la Cisjordanie (Judée Samarie), appelation officielle en Israël, Rick Santorum se situe ainsi bien plus à droite que les autorités israéliennes qui considèrent officiellement les terres conquises en 1967 comme "disputées" et non "occupées" et surtout qui ne considèrent certainement pas les Palestiniens qui s’y trouvent comme "Israéliens" puisqu’une telle décision serait désastreuse pour la balance démographique israélienne. Dans le même échange, Rick Santorum justifie la conquête de terres dans une guerre défensive et dresse un parallèle avec le Texas américain, objet d’une guerre avec le Mexique. Cette sortie vaut quatre Pinocchios (une très sale note) au candidat dans le "facts checker" du Washington Post.)

Si on se souvient qu’il y a quelques années encore, les candidats républicains étaient souvent considérés comme moins pro-israéliens que leurs homologues démocrates. Yasser Arafat avait ainsi ouvertement misé sur une victoire de George Bush en 2000 en espérant voir revenir au pouvoir une partie de l’équipe qui avait lancé le processus de paix à partir de la conférence de Madrid, en 1991 (erreur qui s’était avérée fatale). On mesure le glissement idéologique opéré au sein de ce parti en deux décennies.

Publié par le blog Guerre ou Paix, hébergé par le Monde.