Retour à Gaza

Michel Paul et Karim Lhebour, lundi 4 août 2008

Plu­sieurs dizaines de Pales­ti­niens qui avaient cherché refuge en Israël après les attaques des forces du mou­vement isla­miste Hamas ont regagné dimanche la bande de Gaza, à la demande du pré­sident de l’Autorité pales­ti­nienne Mahmoud Abbas.

C’est le résultat de contacts intenses entre diri­geants israé­liens et l’entourage du pré­sident de l’Autorité pales­ti­nienne. L’Egypte doit se porter garant de la sécurité des Pales­ti­niens qui repartent d’Israël [1].

Déci­dément cela bouge à la fron­tière entre Israël et la bande de Gaza, et dans les deux sens. Cette fois, ce sont plu­sieurs dizaines de membres du Fatah, accueillis hier en Israël, qui sont repartis vers les Ter­ri­toires pales­ti­niens. D’autres doivent suivre, indique-​​t-​​on.

C’est le résultat de contacts intenses entre diri­geants israé­liens et l’entourage du pré­sident Mahmoud Abbas. Côté israélien, on indique qu’ il s’agit d’éléments indé­si­rables, impliqués dans des attaques terroristes.

En tout, les Israé­liens ont accueilli près de 200 Pales­ti­niens, pour la plupart des adeptes du clan Helles, proche du Fatah, accusé par le Hamas d’être res­pon­sable d’un attentat à la bombe le 25 juillet dernier.

Les leaders du clan ont affirmé aux médias en Israël qu’ils dési­raient retourner à Gaza, tandis que plu­sieurs autres membres de ce groupe ont estimé que « le retour était comme un arrêt de mort pour eux ».

En fin de compte, c’est pro­ba­blement l’Egypte qui se portera garant de leur sécurité. Par ailleurs, une ving­taine de Pales­ti­niens sont tou­jours soignés à l’heure actuelle dans des hôpitaux du sud d’Israël.

En Israël, on sou­ligne que la décision d’ouvrir la fron­tière est purement huma­ni­taire. La trêve, dit-​​on encore, est tou­jours en vigueur, et surtout, les efforts pour obtenir la libé­ration du soldat Gilad Shalit se poursuivent.


Le Hamas s’en prend aux bases du Fatah à Gaza

Avec le correspondant de RFI à Ramallah, Karim Lhebour :

Ce sont les combats les plus vio­lents depuis le coup de force du Hamas en juin 2007. Gaza a revécu les heures les plus sombres des affron­te­ments entre fac­tions pales­ti­niennes, avec le retour des hommes cagoulés, dans les rues de la ville.

L’offensive du Hamas a visé le clan Helles, l’une des puis­santes familles de Gaza. Encerclé dans leur quartier de Choujaya, les hommes du clan se sont fina­lement rendus, en fin de journée. Plu­sieurs dizaines d’entre eux ont été arrêtés ; plus d’une cen­taine d’autres sont par­venus à fuir vers Israël, avant d’être trans­férés en Cis­jor­danie, au terme d’un accord entre l’Autorité pales­ti­nienne et l’Etat hébreu. Le Hamas s’est félicité d’une vic­toire, sur ce qu’il a appelé : « l’une des plus grandes mafias de la bande de Gaza ». La famille Helles, affiliée au Fatah, n’a jamais accepté la prise de pouvoir du Hamas.

Le mou­vement isla­miste indique que d’autres opé­ra­tions sui­vront, des­tinées semble-​​t-​​il à éliminer toute forme de contes­tation. Les affron­te­ments de Gaza ont briè­vement débordé en Cis­jor­danie, où des mili­tants du Fatah ont érigé des bar­rages dans cer­taines villes, comme à Naplouse et Jenine, où une dizaine de sym­pa­thi­sants isla­mistes ont été arrêtés.

[1] Pourtant, comme l’indique l’Orient le Jour’ "Plu­sieurs dizaines de membres du mou­vement pales­tinien Fateh, qui avaient fui en Israël après des heurts meur­triers à Gaza, ont regagné hier ce ter­ri­toire où ils ont été arrêtés par le groupe rival Hamas, ont indiqué des responsables.

Sur les plus de 180 membres du Fateh, le parti du pré­sident Mahmoud Abbas, qui s’étaient réfugiés samedi en Israël, 35 sont rentrés, tandis que d’autres devraient suivre en soirée, selon ces res­pon­sables. Un porte-​​​​parole du Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, Sami Abou Zouhri a déclaré à l’AFP que les forces de sécurité du groupe isla­miste avaient inter­pellé des « dizaines » de membres du Fateh à leur retour, pour les inter­roger. « Ceux qui ont enfreint la loi feront l’objet d’une enquête et, s’ils sont cou­pables, ils seront jugés. Ceux qui s’avéreront inno­cents seront relâchés », a-​​​​t-​​​​il dit. Selon lui, leur fuite est « la preuve qu’ils ont enfreint la loi, car ils pré­fèrent se sou­mettre à l’occupant (israélien) plutôt que de rester chez eux ».

D’après un des res­pon­sables israé­liens de la sécurité, qui a requis l’anonymat, le retour des membres du Fateh s’est fait à la demande de M. Abbas. Dès samedi soir, le ministre israélien de la Défense Ehud Barak avait été contacté par M. Abbas pour qu’il per­mette leur retour à Gaza. Interrogé sur leur sort, il a dit que des « assu­rances sur leur sécurité avaient été fournies par une tierce partie étrangère », une allusion à une inter­vention en cou­lisses de l’Égypte. Le même res­pon­sable a ajouté que plus de 20 des 180 hommes, évacués de Gaza après avoir été blessés, res­te­raient en Israël jusqu’à leur réta­blis­sement. Néan­moins, l’Association israé­lienne des droits de l’homme a pré­senté un appel devant la Cour suprême d’Israël, demandant d’interdire le retour de ces membres du Fateh à Gaza, arguant que leur vie était menacée dans ce territoire.

Les heurts samedi à Gaza entre membres du Hamas et du Fateh ont fait 11 morts et plus de 100 blessés, selon plu­sieurs groupes de défense des droits de l’homme pales­ti­niens. Il s’agit des vio­lences les plus meur­trières depuis la prise du pouvoir par la force du Hamas dans le ter­ri­toire en juin 2007, aux dépens du Fateh.(…)

Selon la radio mili­taire israé­lienne, l’ouverture excep­tion­nelle du point de passage de Nahal Oz aux membres du Fateh a été décidée par le ministre de la Défense, à la demande de M. Abbas et de res­pon­sables égyp­tiens. « Notre position de principe est que nous devons col­la­borer et aider ceux parmi les Pales­ti­niens qui se battent contre l’islam radical, qui sont opposés au ter­ro­risme et sou­tiennent les négo­cia­tions », a dit le vice-​​​​Premier ministre israélien Haim Ramon. Israël a bouclé Gaza après la prise de contrôle du ter­ri­toire par le Hamas.

Depuis l’attentat du 25 juillet, le Hamas a arrêté plus de 300 per­sonnes, pour la plupart membres du Fateh, à Gaza. Le Fateh a également lancé une vague d’arrestations de membres du mou­vement isla­miste en Cis­jor­danie. http://​www​.lorient​lejour​.com/​p​a​g​e​.​a​s​p​x​?​p​a​g​e​=​a​r​t​i​c​l​e​&​a​m​p​ ;​i​d​=​378333