Rencontre au FSM à Nairobi avec Nidal Abuzuluf, chef de la délégation de OPGAI

lundi 5 février 2007

Membres de la délé­gation pales­ti­nienne, Nidal Abu­zuluf (OPGAI = Occupied Pales­tinian and Golan Heigts Advocacy Ini­tiative) et Iman Hamouri (PNGO) ont animé un atelier au FSM sur la question du Boycott, Dés­in­ves­tis­sement, Sanc­tions (BDS).

De très nom­breux ate­liers se sont tenus au FSM de Nairobi tant par la délé­gation pales­ti­nienne que par des orga­ni­sa­tions du mou­vement de soli­darité. Les thèmes : Boycott-​​Désinvestissement-​​Sanctions (BDS), la colo­ni­sation, Jéru­salem, Hébron, les 40 ans d’occupation et les 60 ans de la Naqba (en 2008), l’égalité des droits en Israël pour les Palestiniens, …

Pour sa part, ECCP (CECP en français), coor­di­nation euro­péenne de soli­darité avec la Palestine orga­nisait, avec War on Want (GB), deux ate­liers : « 40 ans ça suffit ! Mettre fin à l’occupation israé­lienne de la Palestine » popu­la­risant l’appel d’une journée d’action inter­na­tional le 9 juin 2007 et « Sanc­tions contre Israël » (avec une inter­vention de l’AFPS sur le tramway colonial de Jéru­salem). Les deux ate­liers com­pre­naient des inter­ve­nants pales­ti­niens, sud-​​africains, israé­liens, etc. La par­ti­ci­pation variait entre 40 à 120 per­sonnes par atelier avec des dis­cus­sions riches et des inter­ven­tions de la salle de mili­tants de nom­breux pays.

Autre thème très présent à travers de mul­tiples ate­liers : la guerre au Moyen-​​Orient et tout par­ti­cu­liè­rement la guerre en Irak. Et parfois le rappel des menaces contre l’Iran.

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Membres de la délé­gation pales­ti­nienne, Nidal Abu­zuluf (OPGAI) et Iman Hamouri (PNGO) ont animé un atelier au FSM sur la question du Boycott, Dés­in­ves­tis­sement, Sanc­tions (BDS). L’auditoire com­prenait une qua­ran­taine de per­sonnes venant de nom­breux pays : Norvège, Danemark, France, Kenya, Tan­zanie, … Un débat inté­ressant s’ensuivit sur les dif­fi­cultés et avancées des uns et des autres dans cette cam­pagne. Voici, tra­duite de l’anglais, l’interview de Nidal à la suite de cet atelier.

RK : Pour com­mencer pouvez-​​vous nous dire quelques mots de la délé­gation pales­ti­nienne au FSM

NA : Pour la pre­mière fois à un FSM, la délé­gation pales­ti­nienne est unifiée. Elle est com­posée de 5 réseaux avec au total une tren­taine de participants.

Les 5 réseaux sont ; PNGO, OPGAI, Stop the Wall, Ittijah, la Coa­lition pour Jérusalem.

OPGAI, que je repré­sente, com­prend des orga­ni­sa­tions des Ter­ri­toires Pales­ti­niens Occupés et de Syrie et nous sommes venus à 8 pour le FSM.

La Coa­lition pour Jéru­salem a été créée il y a environ 6 mois. Elle regroupe une ving­taine d’organisations tra­vaillant sur Jérusalem.

RK : Quels ate­liers avez-​​vous tenus au FSM ? Et quelles sont vos impressions ?

NA : Nous avons organisé 2 ate­liers sur la question du BDS et inter­venus à 3 autres sur d’autres ques­tions et par­ticipé à de nom­breux autres sur la question de la Palestine et contre la guerre. La question de la guerre globale est très liée à celle du conflit en Palestine. Le lien est clair, on ne peut séparer ces deux questions.

Les ate­liers ont été un succès. Nous avons mis l’accent sur la question du BDS et les dis­cus­sions ont été très posi­tives. Nous avons tissé des liens avec des orga­ni­sa­tions dési­reuses de sou­tenir cette cam­pagne. Les gens qui sou­tiennent cette cam­pagne veulent savoir comment la mener, comment la cibler, etc. Nous avons besoin de cla­rifier les outils que nous pouvons uti­liser et les expé­riences menées à ce sujet. Nous devons tra­vailler avec achar­nement sur cette question peut-​​être en four­nissant une liste de com­pa­gnies, d’industries qui sou­tiennent Israël et qui pro­fitent de l’occupation des ter­ri­toires pales­ti­niens et syriens, et donner une liste de pro­duits fabriqués illé­ga­lement par Israël et les colons israé­liens dans les ter­ri­toires occupés.

Il faut aussi tra­vailler à la sus­pension de l’accord d’association Union Européenne-​​Israël en mettant en avant la vio­lation des droits humains par Israël en contra­diction avec ce qui est inscrit dans cet accord.

RK : Comme vous le savez, nous menons la cam­pagne pour la sus­pension de cet accord UE-​​Israël avec la par­ti­ci­pation la plus large pos­sible. Sans succès pour l’instant.

NA : Je com­prends la nécessité de déve­lopper les cam­pagnes en fonction du contexte poli­tique et des dif­fi­cultés rencontrées.

C’est pourquoi les choses doivent être menées pas à pas pour cibler tous les aspects de la cam­pagne BDS. Par exemple la cam­pagne contre Veolia et Alstom c’est très bien.

Mettre l’accent sur la vio­lation des droits humains c’est très bien aussi. Nous sommes tous mus par des valeurs uni­ver­selles, des valeurs humaines, pour condamner l’occupation israé­lienne et les vio­la­tions des droits humains.

Il est très important, par exemple, que les orga­ni­sa­tions syn­di­cales sou­tiennent le boycott des pro­duits des colonies israé­liennes ou le com­merce des armes avec Israël, le but étant d’obtenir des décla­ra­tions publiques en ce sens.

Ici et là nous pouvons mener d’autres actions : boy­cotter les pro­fes­seurs ou acteurs qui sou­tiennent l’occupation israé­lienne. Nous nous appuyons sur le droit inter­na­tional et les valeurs universelles.

RK : ECCP, la coor­di­nation euro­péenne des comités Palestine, a soutenu l’idée d’une journée d’action le 9 juin à l’occasion du 40ème anni­ver­saire de l’occupation de 1967. D’autres pro­po­si­tions com­plé­men­taires ont été formulées.

NA : Nous avons dit qu’il fallait sou­ligner l’exigence de la fin de l’occupation par une action inter­na­tionale le 9 juin, par des mani­fes­ta­tions, etc. pour la libé­ration des ter­ri­toires arabes occupés par Israël en Palestine, au Liban, en Syrie.

Et d’appeler aussi au BDS tant qu’Israël ne se conformera pas au droit inter­na­tional et aux droits humains.

Le but est de mettre fin au conflit. Au final cela pro­fi­terait à tous : les juifs, les arabes et le monde entier.

Nous avons aussi demandé de marquer le 15 mai 2008, 60ème anni­ver­saire de la Naqba, pour appeler à l’application du droit au retour confor­mément à la réso­lution 194 de l’ONU ainsi qu’à l’égalité des droits pour les Pales­ti­niens vivant à l’intérieur d’Israël.

Interview réalisée par Robert Kissous

Samedi 27 janvier 2007