Rehaussement de la coopération avec Israël : Déclaration de l’UE

Olivia Elias, AFPS, jeudi 16 août 2012

Magnifique grand écart entre les paroles et les actes !

Lors de sa réunion de juillet 2012, le Conseil d’Association UE-​​Israël a recom­mandé un rehaus­sement des rela­tions dans 60 acti­vités et 15 domaines spé­ci­fiques. Le Comité d’Association a, par ailleurs, iden­tifié plus de 20 domaines pré­sentant un potentiel de coopé­ration future. Nous avons traduit les Points 2 (en partie) et 3 (en totalité) de la Décla­ration publiée par l’UE le 24 juillet à ce sujet.

Le reste du com­mu­niqué est dans la même veine : des paroles creuses sur la solution pour résoudre « le conflit » israélo-​​palestinien : solution à deux Etats, dont la via­bilité est « com­promise par les déve­lop­pe­ments sur le terrain », avec détails à l’appui, s’il vous plaît ! Tout cela, en défi­nitive, pour masquer une réalité impla­cable : une occu­pation et une répression féroces au service d’une entre­prise de vol des terres et des res­sources d’un peuple mar­tyrisé, qui se poursuit au vu et au su de l’Union européenne.

Point 2

L’Union euro­péenne prend note des efforts déployés par les deux parties pour déve­lopper les rela­tions bila­té­rales depuis la pré­cé­dente réunion du Conseil de l’Association UE-​​Israël. Ces efforts s’inscrivent dans le cadre de la position générale de l’UE telle qu’établie lors du Conseil d’Association de juin 2009. A cette occasion, le Conseil a affirmé que la décision prise en 2008 de rehausser nos rela­tions dans le cadre de la Poli­tique euro­péenne de voi­sinage (PEV) découle clai­rement de la conscience par­tagée de nos liens tra­di­tionnels, des valeurs humaines et cultu­relles et de nos intérêts écono­miques et sécu­ri­taires communs. Ce rehaus­sement doit être fondé sur des valeurs par­tagées par les deux parties, par­ti­cu­liè­rement s’agissant de : démo­cratie, respect des droits de l’Homme, règle de droit et libertés fon­da­men­tales, bonne gou­ver­nance et légis­lation huma­ni­taire inter­na­tionale. Le rehaus­sement doit être considéré dans le contexte du large éventail de nos intérêts et objectifs communs. Ceux-​​ci incluent la réso­lution du conflit israélo-​​palestinien à travers l’application de la solution à deux Etats, la pro­motion de la paix, de la pros­périté et de la sta­bilité au Proche Orient et la recherche de réponses com­munes aux défis qui peuvent menacer ces objectifs. Fina­lement, les efforts (déployés) ont été une réponse à l’engagement pris lors de la réunion du Conseil d’Association de février 2011 d’explorer plus avant les oppor­tu­nités encore offertes par le Plan d’action actuel liant l’UE et Israël dans un certain nombre de sec­teurs et de domaines poli­tiques et de pour­suivre les dis­cus­sions tech­niques afin d’identifier d’autres domaines pré­sentant un potentiel de coopé­ration future.

- En explorant les oppor­tu­nités offertes par l’actuel Plan d’Action, l’UE rap­pelle les dis­cus­sions exhaus­tives qui se sont déroulées à ce sujet, les­quelles qui ont conduit à l’établissement d’une liste com­plète de 60 acti­vités concrètes appar­tenant à 15 domaines spé­ci­fiques, incluant la coopé­ration avec plu­sieurs agences de l’Union…L’UE accueille favo­ra­blement l’approbation de ces acti­vités par le Comité d’Association et encourage les deux parties à mettre en oeuvre cette mesure acti­vement et de manière urgente.

Point 3

L’ensemble des docu­ments adoptés le 15 mai 2012 concernant le fonc­tion­nement de la nou­velle Poli­tique euro­péenne de voi­sinage (PEV) qui inclut le rapport inter­mé­diaire 2011 relatif à Israël confirme l’engagement de l’UE - tel que affirmé dans les conclu­sions du Conseil de juin 2011 tou­chant la PEV-​​ en faveur de la mise en oeuvre d’un par­te­nariat destiné à ren­forcer la démo­cratie et la pros­périté par­tagée par tous dans les pays voisins du sud. Ce par­te­nariat est fondé sur la res­pon­sa­bilité mutuelle et un enga­gement commun à pro­mouvoir les valeurs uni­ver­selles - liberté, démo­cratie, respect des droits de l’Homme, des libertés fon­da­men­tales et de la règles de droit au travers du dia­logue et de la coopé­ration avec les par­te­naires - et à déve­lopper les synergies avec l’Union pour la Médi­ter­ranée et d’autres ini­tia­tives régio­nales. A ce propos, le par­te­nariat UE-​​Israël accorde une place cen­trale au ren­for­cement des valeurs de la démo­cratie, à l’existence d’une société civile dyna­mique et au respect des droits de l’Homme, notamment les droits des indi­vidus appar­tenant à des mino­rités. Ces ques­tions conti­nueront à jouer un rôle clé dans le dia­logue pour­suivi avec les auto­rités israé­liennes et à faire l’objet d’un suivi régulier dans le cadre des rap­ports inter­mé­diaires annuels et des rap­ports d’étapes élaborés par les délé­ga­tions de l’UE et les mis­sions des Etats Membres au sujet de ques­tions spécifiques.

NB : à remarquer, comme il est précisé au point 26 : « Avec un com­merce qui avoisine les 30 mil­liards d’euros en 2011, l’UE est le premier par­te­naire com­mercial d’Israël lequel est à son tour l’un des plus impor­tants par­te­naires en Méditerranée… ».