Refusons la censure du débat sur le conflit israélo-​​palestinien

FSU, dimanche 17 janvier 2010

Communiqué de presse

Les Lilas, le 15 janvier 2010

Une suc­cession de plaintes ont été déposées contre des syn­dicats de la FSU, le SNES notamment, leurs adhé­rents et d’autres orga­ni­sa­tions pour des textes (contri­bu­tions per­son­nelles, motions de congrès aca­dé­miques ou nationaux) relatifs à la poli­tique israé­lienne dans les ter­ri­toires pales­ti­niens occupés ou assiégés illégalement.

Ces actions en justice, menées par cer­taines asso­cia­tions connues pour leur soutien à la poli­tique d’Israël, par­ti­cipent d’une stra­tégie d’intimidation visant à accuser d’antisémitisme toutes les voix cri­ti­quant la poli­tique menée par les gou­ver­ne­ments d’Israël.

Sou­cieuse du respect du droit inter­na­tional, la FSU s’appuie sur les réso­lu­tions des Nations Unies. Ses der­nières prises de posi­tions prennent en compte les éléments relevés dans le récent rapport Gold­stone, approuvé par Conseil des droits de l’homme de l’ONU, qui dénonce les crimes de guerre lors de la guerre à Gaza l’hiver dernier.

C’est la poli­tique israé­lienne en Palestine qui porte des atteintes au droit, qu’il s’agisse de l’occupation illégale de ter­ri­toires reconnus par la com­mu­nauté inter­na­tionale comme appar­tenant au peuple pales­tinien ou des crimes de guerre voire des crimes contre l’humanité commis à Gaza.

Pour la FSU, engagée dans la cam­pagne BDS (Boycott, Dés­in­ves­tis­sement, Sanc­tions) dans le cadre de sa par­ti­ci­pation au Col­lectif pour une Paix juste et durable entre Pales­ti­niens et Israé­liens, le boycott des pro­duits israé­liens qui ne res­pectent pas les accords UE-​​Israël, imposant une tra­ça­bilité des pro­duits des colonies, est légitime.

La FSU s’indigne donc que des textes ou posi­tions déposés au débat émanant de mili­tants ou d’instances syn­di­cales appelant au boycott d’Israël puissent être lus comme des inci­ta­tions à la haine raciale, motif au nom duquel a été dili­gentée une enquête suite aux ins­truc­tions du Pro­cureur de la Répu­blique près le Tri­bunal de Grande Ins­tance de Bobigny. Elle conteste qu’une pro­cédure pénale puisse viser à sanc­tionner des textes qui ne sont ni inju­rieux, ni insul­tants , ni por­teurs de haine et qui ont leur place dans le débat et non devant les juges, comme elle conteste qu’une pro­cédure pénale puisse viser des syn­di­ca­listes pour des contri­bu­tions au débat syn­dical. Elle dénonce par avance toutes pour­suites éven­tuelles, qu’elle juge injus­ti­fiées et extrê­mement cho­quantes, et s’inquiète de l’abus des accu­sa­tions d’antisémitisme qui prennent pré­ci­sément le risque de dis­cré­diter la lutte contre l’antisémitisme menée par de nom­breuses orga­ni­sa­tions, dont la nôtre.