Redéfinir « l’extrême difficulté » - nouveaux critères pour l’UNRWA

Irin, mercredi 13 février 2008

L’UNRWA, l’agence des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine, adoptera de nou­veaux cri­tères pour dis­tinguer les per­sonnes en situation dif­ficile parmi les 1,9 million de réfugiés pales­ti­niens qui béné­fi­cient de son pro­gramme d’aide huma­ni­taire, selon un res­pon­sable de l’agence.

L’objectif de cet amen­dement est d’assurer une inter­vention plus efficace au sein des com­mu­nautés locales et d’envoyer de l’aide à ceux qui en ont vraiment besoin, a expliqué à IRIN Matar Saqer, porte-​​parole de l’UNRWA.

« Nous sommes actuel­lement en train de revoir nos anciens cri­tères pour faire la dis­tinction entre les cas de pau­vreté absolue et les cas d’extrême pau­vreté, et pouvoir ainsi apporter de l’aide aux per­sonnes qui en ont réel­lement besoin », a-​​t-​​il précisé. Seules les per­sonnes extrê­mement pauvres pourront pré­tendre à recevoir l’aide finan­cière et ali­men­taire prévue pour les réfugiés dits « en situation dif­ficile », a pour­suivi M. Saqer.

Selon M. Saqer, les béné­fi­ciaires de l’aide d’urgence jouissent aussi d’autres ser­vices, et notamment d’une assu­rance maladie et de places prio­ri­taires réservées au sein des pro­grammes de for­mation professionnelle.

« Personnes en extrême difficulté »

En Jor­danie, au moins 50 000 réfugiés pales­ti­niens – vivant dans les 13 camps de réfugiés ou dans les villes et les vil­lages du royaume – béné­fi­cient de l’aide accordée aux « per­sonnes en extrême dif­fi­culté », soit 2,6 pour cent du nombre total de réfugiés ins­crits sur les registres jor­da­niens de l’UNRWA, selon les sta­tis­tiques de l’agence.

Les familles réfu­giées ins­crites sur les listes des « per­sonnes en extrême dif­fi­culté » peuvent pré­tendre à recevoir une aide ali­men­taire et finan­cière, à être hébergées et à se voir accorder la priorité dans le cadre des pro­grammes orga­nisés par la division des ser­vices sociaux, et notamment à être ins­crits en priorité dans les centres de for­mation professionnelle.

Confor­mément au pro­gramme d’aide actuel, lorsque le fils aîné d’un foyer mono­pa­rental atteint l’âge de 18 ans, la famille ne peut plus pré­tendre à recevoir de l’aide, mais désormais, selon M. Saqer, ce système va changer.

Le nouveau système, a indiqué M. Saqer, pourrait exclure cer­taines des familles qui béné­fi­cient actuel­lement de ces ser­vices ; en revanche, de nou­velles familles pour­raient aussi s’ajouter aux listes des béné­fi­ciaires du programme.

« Nous sommes actuel­lement en train de revoir nos anciens cri­tères pour faire la dis­tinction entre les cas de pau­vreté absolue et les cas d’extrême pau­vreté, et pouvoir ainsi apporter de l’aide aux per­sonnes qui en ont réel­lement besoin » De nou­velles études seront menées dans un avenir proche pour déter­miner qui pourra pré­tendre à recevoir cette aide, a-​​t-​​il poursuivi.

Les nou­veaux cri­tères définis seront « appliqués, on l’espère, dans le courant de l’année ».

Les béné­fi­ciaires habi­tuels sont : les femmes céli­ba­taires veuves, divorcées ou aban­données par leur mari, les per­sonnes atteintes de maladies chro­niques, les per­sonnes âgées, les réfugiés han­di­capés ou les très jeunes enfants. Ces per­sonnes reçoivent toutes une aide maté­rielle et finan­cière directe dans le cadre du pro­gramme pour les per­sonnes « en extrême difficulté ».

L’agence fournit aux per­sonnes en extrême dif­fi­culté l’aide finan­cière dont elles ont besoin pour se pro­curer des pro­duits essen­tiels mais trop coûteux, tels que les uni­formes sco­laires ou les livres d’école, ainsi qu’une aide ali­men­taire à hauteur de quelque 136 dollars amé­ri­cains par per­sonne et par an ; l’essentiel de cette aide ali­men­taire pro­vient de dons en nature versés par les gou­ver­ne­ments dona­teurs sous forme de denrées ali­men­taires de base (farine, riz, sucre, lait et huile de cuisson). Les quan­tités de denrées ali­men­taires dis­tri­buées dépendent des dona­tions, a noté M. Saqer.

Formation professionnelle

Malgré tout, selon M. Saqer, ces pro­grammes spé­ciaux ont été conçus pour aider les réfugiés à amé­liorer leur niveau de vie en les encou­ra­geant à s’inscrire à des pro­grammes de for­mation professionnelle.

« L’objectif n’est pas uni­quement d’apporter une aide finan­cière et de donner de la nour­riture aux réfugiés ; nous voulons aussi qu’ils gra­vissent l’échelle sociale pour vivre plus convenablement ».

La plupart des réfugiés sont arrivés dans le royaume après la guerre israélo-​​arabe de 1948, tandis que les autres ont afflué en Trans­jor­danie (à l’est du Jourdain) à la suite du conflit israélo-​​arabe de 1967.

L’UNRWA est une agence de déve­lop­pement humain et de secours huma­ni­taire créée par les Nations Unies après la guerre de 1948 entre les pays arabes et Israël. Elle fournit des pro­grammes éducatifs, des soins de santé, des ser­vices sociaux et une aide d’urgence à plus de 4,4 mil­lions de Pales­ti­niens réfugiés dans la bande de Gaza, en Cis­jor­danie, en Jor­danie, au Liban et en Syrie.