Reconnaissance de l’Etat palestinien : Hamon reproche à Valls d’avoir « cédé » à Israël

Le premier ministre refuse d’évoquer par avance une reconnaissance de l’Etat palestinien malgré un vote en ce sens de l’Assemblée nationale.

Tristan Quinault Maupoil, Le Figaro, mardi 24 mai 2016

L'ancien ministre socialiste Benoît Hamon. Reuters

Malgré le vote du Parlement, le gouvernement refuse toujours d’envisager une reconnaissance prochaine de l’Etat palestinien. Une position rappelée dimanche par Manuel Valls qui est en déplacement dans l’Etat hébreu. « Dire aujourd’hui quand nous reconnaîtrons l’Etat palestinien, c’est acter par avance l’échec de notre initiative », a déclaré Manuel Valls à Tel Aviv, en référence à la démarche pour la paix entreprise par la France, qui organisera une conférence le 3 juin à Paris. Un refus de faire pression sur Israël qui agace Benoît Hamon, député socialiste et artisan de longue date d’une reconnaissance de l’Etat palestinien. Dans un communiqué publié lundi, l’ancien ministre juge « douloureux de constater aujourd’hui que (Manuel Valls) batte si facilement en retraite ». Lorsque Laurent Fabius était ministre des Affaires étrangères, il « affirmait fin janvier 2016 qu’en cas d’échec de l’initiative française, “nous devrons prendre nos responsabilités en reconnaissant l’État palestinien” », rappelle le député des Yvelines. « Le gouvernement avait répondu à la résolution de l’Assemblée nationale puis celle du Sénat avec sérieux et ambition », se remémore le parlementaire.

« Théâtre d’ombres »

Pour Benoît Hamon, le « principe d’une reconnaissance automatique en cas d’échec de la conférence (du 3 juin), garantissait le sérieux et la fermeté des intentions de la France ». En y renonçant, Manuel Valls « cède ainsi à la demande du gouvernement conservateur israélien et condamne par avance l’initiative française à n’être qu’un nouveau théâtre d’ombres pour constater l’impasse du processus de paix ». Le premier ministre israélien n’a d’ailleurs pas manqué de poser ses conditions lundi lors de sa rencontre avec Manuel Valls. Benjamin Netanyahu a rejeté le projet français de conférence internationale, proposant plutôt à Paris d’accueillir des négociations bilatérales entre Israéliens et Palestiniens. « J’ai entendu la proposition de M. Netanyahu. Je vais en parler au président de la République » François Hollande, a répondu le chef du gouvernement français.