Rapport d’orientation (deuxième congrès - mai 2009)

Association France Palestine Solidarité – AFPS, mercredi 10 juin 2009

Association France Palestine Solidarité – AFPS
2èmeCONGRÈS – mai 2009
Rapport d’orientation – Table des matières
1. Analyse politique
2. Le mouvement de solidarité : une responsabilité accrue
3. Orientations pour l’AFPS

1. Analyse politique

1.1. Évolution d’ensemble depuis le Congrès 2007

Exa­miner l’évolution poli­tique qui condi­tionne la situation de la question pales­ti­nienne depuis notre dernier Congrès et en consé­quence s’interroger sur les condi­tions et les pos­si­bi­lités d’une paix fondée sur le droit au Moyen-​​Orient nous amène à constater que depuis deux ans, et surtout après la guerre contre Gaza, s’est constituée, sur un fond de conti­nuité en ce qui concerne les objectifs et la stra­tégie israé­liens, une donne interne et inter­na­tionale nou­velle :
- dans la nature de l’incarnation du projet poli­tique pales­tinien,
- dans la poli­tique amé­ri­caine, avec ses limites,
- et dans poli­tique fran­çaise, qui accomplit un tournant sans pré­cédent sur les prin­cipes et dans les faits, entraînant la poli­tique de l’Union euro­péenne. Cela nous oblige à essayer de l’analyser et à en tirer les consé­quences pour notre action de soli­darité et nos axes d’intervention. Cet examen ne peut qu’être partiel, en partie fondé sur des hypo­thèses mais des lignes de force peuvent être dégagées pour carac­té­riser l’évolution de la question pales­ti­nienne et les condi­tions de la mise en œuvre de la solution au conflit, dont les grandes lignes ne sont ignorées de personne.

1.2. La politique israélienne : quelle victoire pour Israël ?

Ce qui a résulté de la confé­rence d’Annapolis a achevé de démontrer le refus d’Israël de toute négo­ciation poli­tique et d’un Etat pales­tinien indé­pendant (qui était prévu pour fin 2008 comme objectif de cette confé­rence). Il a ainsi encore plus délé­gitimé l’Autorité pales­ti­nienne, d’autant plus que paral­lè­lement il pour­suivait et accé­lérait la colo­ni­sation ainsi que la construction du mur, en par­ti­culier autour de Jéru­salem. Ce refus a été suivi, fin 2008-​​début 2009, par un mas­sacre sans pré­cédent de Pales­ti­niens à Gaza sous blocus depuis plus de deux ans.

Avec cette nou­velle punition col­lective infligée à la société pales­ti­nienne, Israël mani­feste, dans la conti­nuité du mou­vement sio­niste, sa volonté d’affirmer par la force sa supré­matie mili­taire totale dans la région dans une pers­pective d’affrontement avec l’Iran. Dans ce cadre, Israël a recherché l’affrontement direct avec le Hamas pour le "dis­suader" mais aussi pour sti­muler une radi­ca­li­sation vio­lente qui servira à son tour de jus­ti­fi­cation du recours à la force et de maintien d’une situation de guerre per­ma­nente dans la région.

Cette attaque, tuant déli­bé­rément des civils sans défense, a été perçue par l’opinion publique mon­diale comme une série de crimes de guerre. De ce fait, Israël a subi, en termes de légi­ti­mation de son action mili­taire et poli­tique, une défaite poli­tique et morale sans pré­cédent. Ce fait peut être décisif pour l’avenir. Mais la repré­sen­tation de ce conflit par les grands médias comme une "guerre contre le ter­ro­risme" ou comme une "guerre des cultures" reste assez pré­gnante dans une partie de l’opinion publique occi­dentale. Cette repré­sen­tation crée un climat sus­cep­tible de pro­voquer l’adhésion au recours à la force et à une éven­tuelle guerre contre l’Iran.

En outre, les élec­tions légis­la­tives israé­liennes du 10 février 2009 ont marqué un très net coup de barre à droite qui s’explique d’abord par des raisons conjonc­tu­relles : l’offensive contre Gaza et la mani­pu­lation média­tique dont elle a été l’objet en Israël ont ren­forcé consi­dé­ra­blement le consensus natio­na­liste. Mais ce glis­sement vers l’extrême droite découle aussi de causes struc­tu­relles : l’absence de forces alter­na­tives – sauf les partis dits "arabes", en par­ti­culier le Haddash (qui a d’ailleurs réalisé un bon score sur le thème de l’amitié judéo-arabe) – n’a pas permis que s’exprime le désir de paix d’une partie non négli­geable de l’opinion. Le soutien du parti tra­vailliste et, dans un premier temps, du Meretz, à l’offensive contre Gaza, a constitué un véri­table suicide pour la gauche. D’autre part, la cam­pagne élec­torale a été marquée par une sur­en­chère d’attaques (y compris de la part de la "cen­triste" Livni) contre la citoyenneté des Pales­ti­niens d’Israël. De ce fait la question des Pales­ti­niens d’Israël et surtout son trai­tement par le gou­ver­nement israélien, devient incon­tour­nable pour la réso­lution poli­tique du conflit.

Cette radi­ca­li­sation de la société et des forces poli­tiques israé­liennes fait qu’il y a encore moins un par­te­naire israélien pour une négo­ciation poli­tique avec les Pales­ti­niens. La fai­blesse actuelle du mou­vement paci­fiste et anti-​​colonialiste, qui a pu quand même mobi­liser près de 10.000 per­sonnes à Tel-​​Aviv en pleine opé­ration mili­taire contre Gaza, fait que la pers­pective de briser le consensus national sur la guerre ne peut se situer qu’à moyen terme. Mais le travail initié par Taayush dans une société résignée à l’indépendance des Pales­ti­niens, auprès des Juifs sépha­rades pauvres pour établir le lien entre accord de paix et solution des pro­blèmes écono­miques et sociaux en Israël peut s’avérer efficace. A Tel-​​Aviv , dans une élection muni­cipale récente, une liste menée par un com­mu­niste a pu réunir près de 40% de voix, juives et arabes, sur cette base. Le mou­vement anti-​​guerre en Israël pourrait ainsi élargir ses bases socio-​​culturelles.

La guerre contre Gaza, après la confé­rence d’Annapolis, a ren­forcé dans l’opinion inter­na­tionale l’image d’un Israël refusant toute paix négociée avec les Pales­ti­niens. Tout est fait pour rendre impos­sible la consti­tution d’un Etat viable pour les Pales­ti­niens. La pour­suite notamment de la colo­ni­sation vise et contribue à délé­gi­timer tout par­te­naire pales­tinien menant cette négo­ciation. (Yasser Arafat, en refusant les condi­tions imposées à Camp David, condi­tions qui cor­res­pon­daient à renoncer à l’application du droit inter­na­tional, avait rétabli sa légi­timité auprès de son peuple.). A cette pra­tique colo­niale per­ma­nente se sont ajoutées l’asphyxie écono­mique et finan­cière des ter­ri­toires occupés, la des­truction des infra­struc­tures d’un Etat pales­tinien en construction et l’instrumentalisation de l’Autorité pales­ti­nienne pour lui faire jouer un rôle d’"agent de sécurité" pour Israël. L’arrivée au pouvoir en Israël de Benyamin Neta­nyahou, qui a choisi de s’allier, pour pouvoir avoir une majorité par­le­men­taire, avec le parti raciste d’Avigdor Lie­berman, ne fera que ren­forcer cette logique de guerre et de refus de toute négo­ciation politique.

Mais dans l’opinion publique mon­diale une évolution se dessine vers une prise de conscience que le statut colonial de la Palestine, déguisé sous le mythe d’une Palestine ter­ro­riste ne peut plus être maintenu longtemps.

1.3. Palestine : la division du mouvement national et la nécessité de l’unité

Après la guerre contre Gaza, le paysage poli­tique pales­tinien sort pro­fon­dément modifié : - ren­for­cement du Hamas qui s’affirme comme la force majo­ri­taire de la résis­tance pales­ti­nienne contre Israël. Cependant, le Hamas ne semble pas avoir défini une stra­tégie claire à vocation uni­taire et nationale contre l’occupation israé­lienne. - affai­blis­sement de l’Autorité pales­ti­nienne en crise de lea­dership avec en outre, la fin du mandat d’Abou Mazen. La question du maintien ou non de l’Autorité pales­ti­nienne se pose de plus en plus, y compris à l’intérieur du Fatah. Ce qui pose en même temps la question de continuer une négo­ciation avec les Israé­liens et aussi de penser une nou­velle stra­tégie arti­culant négo­cia­tions et résis­tance. - Affai­blis­sement du Fatah qui, pour la pre­mière fois depuis 1965, n’a pas com­battu Israël atta­quant les Pales­ti­niens (même si des groupes du Fatah ont com­battu à Gaza). - Stag­nation de la gauche pales­ti­nienne qui s’est récemment regroupée dans un "bloc de gauche" (FDLP, FPLP, PPP-​​exPC) et qui tente de jouer un rôle pour faci­liter l’unité nationale. - Crise de l’OLP qui vient de l’échec de son projet de construire un Etat avant d’avoir obtenu la fin de l’occupation de son pays. Ce projet sup­posait en effet des condi­tions qui n’ont pas été réunies : soutien de la com­mu­nauté inter­na­tionale, mobi­li­sation quasi per­ma­nente de la société pales­ti­nienne, une conception démo­cra­tique non patri­mo­niale du pouvoir. Cependant, le patri­moine de lutte et d’élaboration stra­té­gique de l’OLP dans un cadre plu­ra­liste devrait lui per­mettre une refon­dation inté­grant l’entrée du Hamas dans l’organisation.

La dyna­mique poli­tique interne semble carac­té­risée par un appro­fon­dis­sement de la division géo­gra­phique et poli­tique dans la mesure où la priorité est donnée à la consti­tution d’un pouvoir auto­ri­taire Hamas à Gaza et Fatah en Cis­jor­danie. Pour chacun, le pro­blème numéro 1 avant la recherche d’une stra­tégie commune de lutte contre l’occupation, c’est le rival poli­tique avec l’objectif de contrôler les forces de sécurité.

On assiste à une dépen­dance accrue de chacun des deux pou­voirs vis-​​à-​​vis de pro­tec­teurs externes, Iran pour Hamas, Etats-​​Unis pour Fatah, ce qui est une rupture, un retour en arrière, par rapport à la ligne poli­tique de la période de Yasser Arafat depuis 1967.

Cette division et cette double perte d’autonomie de décision rendent plus dif­fi­ciles une réuni­fi­cation durable. En outre, ces forces poli­tiques sont elles-​​mêmes divisées en interne sur la poli­tique d’unité nationale néces­saire. La consti­tution et la poli­tique d’un gou­ver­nement d’unité nationale pour la recons­truction de Gaza et pour l’action diplo­ma­tique seront mar­quées par cette situation.

La division va à l’encontre de la volonté d’unité nationale d’une grande majorité de la société civile et de la popu­lation en général. En même temps, la position pales­ti­nienne de construire son Etat indé­pendant dans les fron­tières de 1967 a été main­tenue par tous, reflétant d’ailleurs la position du "document des pri­son­niers" et de l’Accord de La Mecque. Cette position a été confortée par le plan de paix arabe de 2002 reproposé en 2007 aux Israé­liens. Mais le refus israélien de négocier sur ces bases (nor­ma­li­sation des rela­tions de tous les pays arabes en échange de l’évacuation de tous les ter­ri­toires occupés en 1967) contribue également à ce qu’il n’y ait plus de pro­cessus bila­téral de paix crédible.

1.4. Régionalisation – mondialisation du conflit

L’opinion inter­na­tionale en faveur de la cause pales­ti­nienne s’est for­tement affirmée et entend peser pour une solution poli­tique. Face au refus israélien et à la grande dif­fi­culté d’une repré­sen­tation unifiée pales­ti­nienne, la nécessité d’un autre rôle de la com­mu­nauté inter­na­tionale dans son acception large pour imposer une négo­ciation fondée sur le droit est indispensable.

Pendant la guerre contre Gaza, on a pu mesurer à travers l’activité diplo­ma­tique des pays arabes, de l’Union euro­péenne et des Etats-​​Unis – sans oublier la Turquie et l’Iran – combien le conflit israélo-​​palestinien reflète l’état du monde et est un facteur de désta­bi­li­sation à la fois du monde arabe et musulman et du monde.

Elle a mis en relief la bataille pour l’hégémonie régionale avec en arrière plan : - la défaite amé­ri­caine en Irak, - la défaite du natio­na­lisme arabe des années 60, pro­longée par l’incapacité des Etats arabes à porter le "plan de paix arabe" - la division de la Ligue arabe, - la montée en force du projet de l’Islam poli­tique dans toute la région.

En même temps le Moyen-​​Orient est le cadre d’une redé­fi­nition en ges­tation de la poli­tique amé­ri­caine, définie entre autres comme une volonté de « dia­logue avec le monde musulman ». Quelle va en être la portée – en par­ti­culier sur le conflit israélo-​​palestinien – et quelles peuvent être les contra­dic­tions entre la volonté de Barack Obama de dia­loguer avec l’Iran et la volonté israé­lienne de lui faire la guerre ?

Le point prin­cipal est donc la ten­dance à l’internationalisation de la question pales­ti­nienne pro­vo­quant ainsi l’implication de plus en plus directe des peuples et des Etats du monde dans ce règlement.

Par consé­quent, la seule pos­si­bilité qui reste pour rompre la logique de guerre qu’entend main­tenir Israël devient l’intervention exté­rieure qui puisse imposer une solution poli­tique la plus juste pos­sible, c’est-à-dire fondée sur le droit inter­na­tional et les réso­lu­tions du Conseil de sécurité.

L’idée des deux Etats, c’est-à-dire la construction d’un Etat pales­tinien indé­pendant à côté d’Israël apparaît de plus en plus dif­ficile à réa­liser mais elle reste l’objectif commun des forces poli­tiques pales­ti­niennes. Dans cer­tains sec­teurs intel­lec­tuels et poli­tiques, en Palestine et en Israël, même parmi les tenants de la solution des deux Etats, la fai­sa­bilité de celle-​​ci est aujourd’hui mise en question. Cette pers­pective des deux Etats (celle du droit inter­na­tional) n’a plus que quelques années devant elle et elle suppose une inter­vention forte de la com­mu­nauté inter­na­tionale, à com­mencer par celle des Etats-​​Unis dont beaucoup dépend. Que veut ou peut faire le nouveau Pré­sident amé­ricain ? Dans le passé, les quelques pres­sions exercées par les Etats-​​Unis (Dwight Eisen­hower pour le retrait du Sinaï en 1956, James Baker pour obliger Yitzhak Shamir à négocier à Madrid en 1991) montrent que les pres­sions peuvent faire reculer Israël. Un des éléments de réponse tient aussi à la capacité et à la volonté de l’Union euro­péenne, et d’autres pays, d’exercer une pression poli­tique, diplo­ma­tique ou écono­mique, qui pourrait accom­pagner ou ren­forcer une éven­tuelle pression amé­ri­caine. On en est loin alors que l’opinion publique le demande de plus en plus.

1.5. La nouvelle politique américaine : possibilités et limites.

L’élection de Barack Obama à la pré­si­dence des Etats-​​Unis, qui marque la défaite d’une contre-​​révolution conser­va­trice libérale com­mencée sous Reagan il y a 30 ans, et du courant néo-​​conservateur qui a mené et pensé la "guerre contre le ter­ro­risme", y compris contre les Pales­ti­niens, ne peut pas ne pas avoir de consé­quence sur l’évolution du conflit. La volonté expli­ci­tement exprimée par Barack Obama d’établir "un dia­logue avec le monde musulman", et en par­ti­culier avec l’Iran, repré­sente un vrai tournant de la poli­tique exté­rieure amé­ri­caine. Elle amène inévi­ta­blement à se poser la question de la com­pa­ti­bilité de cette poli­tique avec celle menée par Israël, en par­ti­culier avec une droite radicale au pouvoir. La fin de l’unilatéralisme de George W. Bush peut se tra­duire en ini­tia­tives diplo­ma­tiques rompant avec la poli­tique pré­cé­dente. Tout ceci rend pos­sible la mise en place d’un méca­nisme inter­na­tional de négo­cia­tions pour le règlement du conflit au Moyen-​​Orient, à com­mencer par la question pales­ti­nienne mais incluant les autres conflits (Liban, Syrie, retrait d’Irak, Iran).

Déjà cer­tains signes – envoi de George Mit­chell en Israël et en Palestine, de par­le­men­taires amé­ri­cains à Gaza, outre la pré­pa­ration active de dis­cus­sions avec l’Iran – montrent un chan­gement de ton signi­fi­catif et pro­metteur. Mais les forces hos­tiles à cette poli­tique d’ouverture, en Israël, en Europe et aux Etats-​​Unis, se mobi­lisent for­tement pour la bloquer.

De sur­croît, l’évolution récente de la situation mon­diale, la crise finan­cière et écono­mique, les rap­ports avec la Chine, la désta­bi­li­sation de l’Afghanistan et du Pakistan font que la question pales­ti­nienne risque de devenir moins prio­ri­taire dans l’agenda amé­ricain . En même temps, pour faci­liter la poli­tique de Barack Obama concernant la question pales­ti­nienne, plu­sieurs condi­tions préa­lables sont néces­saires : un gou­ver­nement en Israël acceptant une vraie négo­ciation poli­tique, une unité nationale en Palestine, et l’abandon par l’Europe de son appui uni­la­téral à Israël… condi­tions qui sont loin d’être réalisées.

1.6. Le rôle de l’Union européenne : rapprochement sans condition

L’année 2008 aura été marquée, sous l’impulsion de la pré­si­dence fran­çaise de l’Union au cours du deuxième semestre, par une accé­lé­ration de l’évolution négative de la poli­tique de l’Union euro­péenne sur la question pales­ti­nienne. Après avoir entamé des négo­cia­tions avec Israël en juin, le Conseil européen, le 8 décembre, a décidé qu’à partir d’avril 2009, Israël gra­virait un nouvel échelon [upgrading]dans le cadre de la "poli­tique de voi­sinage" de l’UE, passant du statut d’associé établi en 1995 et entré en vigueur en 2000, à celui de par­te­naire pri­vi­légié qui, sou­ligne le texte, "doit être basé sur des valeurs com­munes pour les deux parties, par­ti­cu­liè­rement de démo­cratie, de respect des droits de l’homme, d’application de la loi et des libertés fon­da­men­tales, de bonne gou­ver­nance et de loi huma­ni­taire internationale".

Mais, avant même la réunion du Conseil européen présidé par la France, Bernard Kouchner, ministre français des Affaires étran­gères, sur demande de Tzini Livni, ministre israé­lienne des Affaires étran­gères, avait précisé qu’il n’était pas question d’imposer des condi­tions à Israël pour pouvoir béné­ficier de ce rap­pro­chement. La question des négo­cia­tions de paix ferait l’objet d’une décla­ration parallèle.

Ainsi sur ini­tiative uni­la­térale de la France, l’Union euro­péenne a aban­donné de fait le principe de condi­tion­nalité portant en par­ti­culier sur le respect des droits humains qui carac­térise les rela­tions euro-​​méditerranéennes depuis la confé­rence de Bar­celone en 1995. Ce qui signifie qu’elle semble aban­donner le prin­cipal moyen de pression sur Israël dont elle dispose, à savoir la sus­pension de l’accord d’association pour non respect des droits humains. Durant la guerre israé­lienne contre Gaza, l’Union euro­péenne, s’alignant sur la poli­tique de George W. Bush, n’a exercé aucune pression sur Israël, freinant même une réso­lution du Conseil de sécurité qui pouvait appa­raître comme un peu contrai­gnante pour Israël. Le 14 janvier 2009, après presque trois semaines de mas­sacres de Pales­ti­niens à Gaza, l’Union euro­péenne a annoncé une "pause" "pour des raisons tech­niques" dans ce rap­pro­chement avec Israël, comme si l’opération israé­lienne n’était qu’une paren­thèse. Depuis, l’Union euro­péenne doit reprendre son pro­cessus de rehaus­sement, même s’il est déjà cri­tiqué par le Par­lement européen et refusé par une part crois­sante de l’opinion publique européenne.

C’est contre cette régression poli­tique qu’il nous faut nous mobi­liser.
- Évolution négative, sui­visme de l’administration Bush, sans aucune vel­léité ou capacité de pro­po­sition poli­tique.
- Ten­tative de se dédouaner poli­ti­quement en finançant l’Autorité pales­ti­nienne, la recons­truction de Gaza (!) sans exi­gence vis-​​à-​​vis de l’auteur des destructions.

1.7. La politique française : le tournant pro-​​israélien

En décembre 2007, à la Confé­rence inter­na­tionale des dona­teurs pour l’Etat pales­tinien, dans le cadre du pro­cessus d’Annapolis, Nicolas Sarkozy avait déclaré : "Le temps est venu de mettre fin à l’occupation qui a com­mencé en 1967, de per­mettre à tout un peuple de retrouver sa dignité. (…) Le gel complet et immédiat de la colo­ni­sation est une priorité" ; "Les points de passage (de et vers la bande de Gaza) doivent être rou­verts pour favo­riser la res­pi­ration de l’économie".

On sait ce qu’il est advenu de ces belles paroles : absence de toute réponse israé­lienne, conti­nuation non seulement de l’occupation mais aussi de la colo­ni­sation, plus par­ti­cu­liè­rement à Jéru­salem et dans la vallée du Jourdain, du contrôle du ter­ri­toire et de tout dépla­cement, des assas­sinats ciblés et rafles de masse, des confis­ca­tions de terres et démo­li­tions de maisons… ainsi que du blocus de Gaza, absence de toute pression de la France sur Israël devant la conti­nuation des faits accomplis israéliens.

La France apparaît clai­rement comme le moteur de l’évolution négative des rap­ports de l’Union euro­péenne avec Israël et donne l’exemple tant en ce qui concerne le ren­for­cement de ses rela­tions écono­miques, com­mer­ciales, tech­no­lo­giques, et militaro-​​policière que dans son com­por­tement vis-​​à-​​vis du Hamas et plus géné­ra­lement des Pales­ti­niens, même si récemment, via la Syrie, des contacts dis­crets ont pu être établis avec le Hamas.

Sous l’impulsion de Nicolas Sarkozy, on assiste aussi à une com­mu­nau­ta­ri­sation du conflit – com­mu­nau­ta­ri­sation qu’il dénonce par ailleurs – en col­la­bo­ration étroite avec le CRIF, seule orga­ni­sation à avoir fait une mani­fes­tation com­mu­nau­taire pendant l’attaque contre Gaza.

Le cas du jeune étudiant pales­tinien, citoyen français, Salah Hamouri, est emblé­ma­tique de la poli­tique fran­çaise du deux poids deux mesures. Kid­nappé il y a quatre ans par Israël, il a été condamné en dépit de l’absence de tout délit à 7 ans de prison. Les inter­ven­tions fran­çaises à son sujet sont plus que timides et dis­crètes. À l’inverse, aucun effort n’est épargné pour trans­former en héros le jeune soldat franco-​​israélien Gilad Shalit capturé il y a deux ans sur son char alors qu’il était en service dans l’armée israé­lienne d’occupation contre la bande de Gaza.

En résumé la poli­tique de Nicolas Sarkozy repré­sente un tournant fon­da­mental de la poli­tique fran­çaise vis-​​à-​​vis de la question pales­ti­nienne, poli­tique qui avait été définie à partir de la condam­nation par de Gaulle de la guerre de 1967. Cette poli­tique a consisté à garder une cer­taine ouverture à l’égard des Pales­ti­niens. Elle a duré jusqu’à Jacques Chirac (Obsèques offi­ciels de Yasser Arafat). Elle est désormais aban­donnée, posant d’ailleurs un pro­blème à une partie du mou­vement gaul­liste. L’entrée incon­di­tion­nelle de la France dans le système mili­taire OTAN et les projets américano-​​israéliens sur le rôle de l’OTAN au Moyen-​​Orient doivent nous alerter sur le rôle qu’entend jouer la France dans une pers­pective qui consa­crerait l’abandon du rôle de l’ONU dans un éventuel "accord de paix". Cette situation nou­velle pourrait impliquer la France dans une logique mili­taire inter­ven­tion­niste très dan­ge­reuse dans la région. Dès lors l’AFPS pourrait par­ti­ciper aux mobi­li­sa­tions contre l’OTAN si celle-​​ci inter­venait au Moyen-​​Orient et en par­ti­culier en Palestine.

La poli­tique de Nicolas Sarkozy se carac­térise par :
- la rupture sur le droit inter­na­tional et ses ins­tances, et sur le mul­ti­la­té­ra­lisme,
- l’affirmation de valeurs com­munes avec Israël,
- la vision du monde néo-​​conservatrice (usage de la force, guerre « pré­ventive », conflit dit des civilisations).

Concernant le "conflit des civi­li­sa­tions", après l’élection de Barack Obama, les forces qui entendent trans­former le conflit poli­tique au Moyen-​​Orient en guerre de civi­li­sa­tions ou de cultures entre l’Occident et le monde arabo-​​musulman restent encore très actives en Israël, en Europe et aussi aux Etats-​​Unis. En France, cette poli­tique est de fait menée par Nicolas Sarkozy et doit être l’objet de toute notre vigilance.

2. Le mouvement de solidarité : une responsabilité accrue

2.1. Après la guerre contre Gaza

Avec la guerre contre Gaza, le mou­vement de soli­darité a connu une mobi­li­sation sans pré­cédent à l’échelle euro­péenne et mon­diale avec, en France, la pré­sence massive – parfois majo­ri­taire dans les mani­fes­ta­tions – de per­sonnes issues des quar­tiers populaires

L’internationalisation accrue de la mobi­li­sation doit nous amener à ren­forcer les formes de coor­di­nation inter­na­tionale, en par­ti­culier à l’échelle euro­péenne pour peser ensemble auprès des ins­tances natio­nales qui font les poli­tiques européennes.

La mobi­li­sation des mani­fes­tants issus de l’immigration magh­rébine nous oblige à réfléchir sur les condi­tions d’une unité d’action durable avec ces forces.

L’enjeu est d’éviter une division, voire une com­mu­nau­ta­ri­sation du mou­vement qui se feraient aux dépens de ceux qui veulent construire un rapport de force solide face au gou­ver­nement français qui ali­mente la logique de guerre des cultures. Pour ce faire, il est indis­pen­sable que partout les for­ma­tions des nou­veaux acteurs se mettent en place ; l’AFPS se doit d’être force de pro­po­sition pour celles-​​ci.

Cependant, la division actuelle du mou­vement national pales­tinien et l’inexistence d’une unité nationale portant une stra­tégie claire rendent plus dif­ficile une mobi­li­sation uni­taire durable du mou­vement de soli­darité, tra­versé par de fortes diver­gences d’appréciation, notamment sur le projet du Hamas qui combine projet de libé­ration nationale et projet religieux.

2.2. Un rôle accru

L’internationalisation du conflit, la nécessité accrue d’une inter­vention directe de l’ONU, la prise de conscience de l’opinion publique inter­na­tionale en faveur d’un règlement de la question pales­ti­nienne accroissent la res­pon­sa­bilité poli­tique du mou­vement de soli­darité. Celui-​​ci devra se donner les moyens poli­tiques et orga­ni­sa­tionnels pour exercer une pression maximale sur les Etats qui devront inter­venir pour imposer un règlement fondé sur le droit international.

Cela signifie pour le mou­vement de soli­darité de démontrer la nécessité et l’urgence d’une solution pour le peuple pales­tinien mais aussi la nécessité d’éviter une hui­tième guerre dont la gravité pourrait être extrême. Dans le même temps, il faut pro­poser et popu­la­riser un méca­nisme de négo­ciation sous l’égide de l’ONU, c’est-à-dire une confé­rence inter­na­tionale qui serait amenée, étant donné l’articulation des conflits au Moyen-​​Orient, à élaborer un plan de paix mul­ti­la­téral. Il s’agirait d’abord de pro­clamer un Etat pales­tinien sou­verain dans les fron­tières de 1967 avec Jérusalem-​​Est pour capitale en appli­cation du droit inter­na­tional repris par le plan de paix arabe qui prévoit aussi la réso­lution de la question des réfugiés fondée sur la réso­lution 194 de l’AG de l’ONU. La question des fron­tières avec le Liban et la Syrie suppose aussi une négo­ciation avec ces pays.

Plus glo­ba­lement, il s’agit d’établir un système de sécurité régionale à partir de la consti­tution d’une zone sans armes nucléaires et autres armes de des­truction massive. Il s’agira aussi, en cas de nécessité d’une force inter­na­tionale de pro­tection et de sécu­ri­sation – et non pas de maintien de l’ordre interne à la Palestine – que ce ne soit pas l’OTAN en lieu et place de l’ONU. Cette force, dont le déploiement et les mis­sions seront liés à un pro­cessus poli­tique, pourrait s’inspirer de la FINUL au Liban (avec une mission plus contrai­gnante vis-​​à-​​vis d’Israël).

Dans l’immédiat, le premier test de la capacité d’intervention de la com­mu­nauté inter­na­tionale sera la levée défi­nitive du blocus de Gaza. Toute une série d’objectifs immé­diats doit être mise en avant si on veut ouvrir une pers­pective poli­tique cré­dible : libé­ration de tous les pri­son­niers poli­tiques (en s’articulant sur la cam­pagne pour Salah Hamouri), arrêt total de toute forme de colo­ni­sation et de la construction du mur comme préa­lable à leur déman­tè­lement. Paral­lè­lement, obtenir de l’ONU qu’un pro­cessus soit mis en place qui per­mette le jugement des crimes inter­na­tionaux (crime de guerre, crime contre l’humanité, crime d’agression, crime de génocide) commis en Palestine. Pour y par­venir il faut une forte pression de l’opinion publique dans plu­sieurs direc­tions à la fois.

2.3. Lutte contre l’impunité et nécessité d’une politique de sanctions

Toutes ces actions vont se heurter à la résis­tance farouche du pouvoir israélien et de ses alliés dans le monde, en par­ti­culier aux Etats-​​Unis et en Europe. Or l’intervention exté­rieure, pour réussir, rend indis­pen­sables de fortes pres­sions poli­tiques, diplo­ma­tiques et écono­miques sur Israël. Pour l’Europe, le levier le plus efficace est de loin la sus­pension de l’accord d’association tant que les diri­geants israé­liens ne veulent pas s’engager dans la voie d’un règlement fondé sur l’application du droit inter­na­tional , qui a fait l’objet d’une recom­man­dation du Par­lement européen en 2002 non prise en compte par le Conseil –.

De même reste très actuel le rappel de la condam­nation du mur par la Cour inter­na­tionale de justice (CIJ) alors que sa construction continue, aujourd’hui pour enfermer Jéru­salem. Or l’avis de la CIJ et le vote de la réso­lution de l’ONU, en par­ti­culier par les pays de l’Union euro­péenne, confirment encore l’obligation qu’ont ces pays de prendre des mesures contrai­gnantes pour faire res­pecter les conven­tions de Genève de 1949 (que la construction du mur viole).

Cette pression sur Israël doit s’articuler avec la bataille contre l’impunité à partir de l’utilisation des voies de recours judi­ciaire pour délé­gi­timer et affaiblir la poli­tique du pouvoir israélien. Cette action peut accé­lérer en Israël même la prise de conscience de la nécessité d’une négo­ciation poli­tique res­pectant le droit. C’est dans ce cadre que doit se situer une cam­pagne de boycott ciblant en par­ti­culier tout ce qui contribue à l’occupation et à la colo­ni­sation. Si la demande de boycott s’amplifie, le contenu poli­tique de cette demande n’est pas l’objet d’un consensus au sein de l’association : plu­sieurs GL demandent un boycott sélectif poli­ti­quement ciblé contre l’occupation et la colo­ni­sation confor­mément à la ligne retenue au pré­cédent congrès, d’autres prônent un boycott plus large, voire même un boycott d’Israël.

Pour réussir, pour passer de la phase décla­ra­toire à la phase "mou­vement de masse" sus­cep­tible de peser sur les déci­deurs poli­tiques, des condi­tions sont néces­saires. Ce qui nous amène à réfléchir sur l’orientation stra­té­gique que doit avoir l’AFPS.

3. Orientations pour l’AFPS

3.1. Rappel des buts et principes de l’AFPS

3.1.1. Le droit à l’autodétermination L’AFPS a pour objet le soutien de la lutte du peuple pales­tinien pour la recon­nais­sance et la mise en œuvre de ses droits nationaux, en par­ti­culier son droit à un Etat indé­pendant dans les fron­tières d’avant la guerre de 1967 avec Jérusalem-​​Est pour capitale et le droit au retour des réfugiés confor­mément aux réso­lu­tions des Nations unies. Elle œuvre pour une paix fondée sur le droit. Elle se donne aussi pour objectif de faire connaître la réalité de la vie, de la résis­tance, de la culture du peuple pales­tinien sous occu­pation, en exil, ou au sein du ter­ri­toire israélien. Elle engage des cam­pagnes de soutien matériel au peuple pales­tinien dans ses dif­fé­rentes com­po­santes. L’AFPS sou­tient à la fois la légi­timité des ins­ti­tu­tions pales­ti­niennes dont le peuple se dote démo­cra­ti­quement et la société civile pales­ti­nienne dans son combat pour faire pré­valoir les droits humains et la démo­cratie. Pour définir les moda­lités de sa soli­darité, elle situe ses rela­tions avec le mou­vement de libé­ration nationale dans une logique de par­te­nariat entre acteurs autonomes.

3.1.2. Droit inter­na­tional et confé­rence inter­na­tionale La ligne direc­trice de l’AFPS est l’application du droit inter­na­tional qui doit être mis en oeuvre par une confé­rence inter­na­tionale sous l’égide de l’ONU. Certes, la poli­tique des faits accomplis menée par Israël rend plus dif­ficile la solution des deux Etats, mais celle-​​ci reste défendue par l’ensemble des com­po­santes du mou­vement pales­tinien car la seule fondée sur le droit aujourd’hui.

L’axe prin­cipal qui s’est pro­gres­si­vement dégagé et imposé comme objectif stra­té­gique a été celui de prôner des sanc­tions contre la poli­tique de l’Etat d’Israël tant que conti­nueront ses vio­la­tions mani­festes et répétées du droit inter­na­tional, des droits humains et des accords signés et de refus de toute négo­ciation poli­tique. Cet axe doit s’articuler avec l’exigence d’une pro­tection inter­na­tionale du peuple pales­tinien (cf. plus haut) et d’une confé­rence inter­na­tionale de l’ONU pour l’application du droit à l’échelle de la région.

3.1.3. Les moyens L’objectif central de l’AFPS est de faire évoluer sur la question pales­ti­nienne la poli­tique fran­çaise, et donc la poli­tique euro­péenne, tout en orga­nisant sur place, en Palestine, un soutien matériel et poli­tique efficace. Pour ce faire,l’AFPS construit et consolide une orga­ni­sation nationale capable de per­suader et de mobi­liser de larges sec­teurs de la société. Le ren­for­cement de l’AFPS est la condition pre­mière pour l’efficacité de son action. Elle concourt for­tement au ren­for­cement d’un mou­vement large, uni­taire et démo­cra­tique. Ce mou­vement a pris la forme de deux struc­tures natio­nales, la Pla­te­forme des ONG fran­çaises pour la Palestine, et le Col­lectif national pour une paix juste entre Pales­ti­niens et Israé­liens. Ce mou­vement, surtout quand il se combine et s’unifie, comme il l’a fait contre le mur, pèse direc­tement sur les lieux du pouvoir, c’est-à-dire sur les ins­ti­tu­tions poli­tiques. Il a vu croître le nombre de ses com­po­santes res­pec­tives. Il a démontré sa capacité de mobi­li­sation nationale, le 29 mars et le 17 mai 2008 pour les soixante ans de la Nakba où l’AFPS a joué un rôle moteur avec la Pla­te­forme et en janvier 2009 pour Gaza avec le Col­lectif national.

3.2. Changer la politique de l’Union européenne

La pers­pective stra­té­gique de l’AFPS en Europe est que l’UE, qui s’est tou­jours pro­noncée pour le droit, devienne un acteur poli­tique autonome pour inter­venir et peser en faveur d’un règlement poli­tique fondé sur l’application du droit inter­na­tional : une poli­tique exac­tement inverse de celle menée aujourd’hui, laquelle se limite de fait à une aide finan­cière qui ne fait que financer l’occupation israé­lienne. Ce qui amène l’AFPS à repré­ciser et actua­liser ses objectifs pro­gram­ma­tiques et sa stra­tégie européenne.

L’AFPS doit agir pour que l’Union euro­péenne propose ou sou­tienne un méca­nisme mul­ti­la­téral de négo­cia­tions sous l’égide de l’ONU pour le règlement de la question palestinienne.

Dès à présent, elle s’oppose fer­mement à toute démarche de rehaus­sement de la coopé­ration entre l’Union et Israël. Au contraire, elle poursuit et ren­force sa cam­pagne pour la sus­pension de l’accord d’association entre l’Union euro­péenne et Israël tant que celui-​​ci main­tient son occu­pation et la colo­ni­sation en Palestine.

Elle milite pour un dia­logue poli­tique avec toutes les com­po­santes du système poli­tique pales­tinien, et parmi elles avec le Hamas aujourd’hui ostracisé. Dans ce but, l’AFPS mettra en œuvre une action auprès de l’Union euro­péenne pour le retrait du Hamas de la liste euro­péenne des orga­ni­sa­tions ter­ro­ristes et pour la recon­nais­sance du Hamas comme inter­lo­cuteur poli­tique légitime.. De son côté, l’AFPS elle-​​même cher­chera à ren­contrer publi­quement le Hamas et à ren­forcer ses rela­tions avec les forces de la gauche pales­ti­nienne réunies dans un "bloc de gauche".

Les élec­tions au Par­lement européen de juin 2009 sont un moment poli­tique très important et l’occasion d’une forte mobi­li­sation de l’AFPS pour popu­la­riser auprès de l’opinion publique et des forces poli­tiques en cam­pagne l’ensemble de ses posi­tions pour une autre poli­tique euro­péenne au Moyen-​​Orient. Cette cam­pagne est marquée par l’interpellation géné­ra­lisée des can­didats (sauf ceux d’extrême droite) avec des péti­tions locales mais aussi à partir d’un ques­tion­naire national accom­pagné d’un argu­men­taire élaborés en liaison avec les autres asso­cia­tions de la Pla­te­forme. Ces actions sont menées également en coopé­ration étroite avec nos par­te­naires euro­péens, notamment pour accroître leur visi­bilité et leur efficacité.

3.3. Renforcer l’action politique en France

3.3.1. Urgence– L’AFPS doit pour­suivre sans relâche la cam­pagne pour : - la levée du blocus imposé sur la Bande de Gaza, - la libé­ration des 11.000 pri­son­niers (notamment des élus pales­ti­niens), en s’appuyant sur la cam­pagne en faveur de Salah Hamouri. - la recons­truction de Gaza. Celle-​​ci ne peut être se concevoir sans la levée totale du blocus. Compte tenu du fait qu’Israël est l’auteur des des­truc­tions, c’est lui qui doit les réparer sous la res­pon­sa­bilité de la com­mu­nauté internationale.

3.3.2. L’AFPS sou­tient la société civile pales­ti­nienne dans sa lutte pour la réa­li­sation de ses droits nationaux et dans son enga­gement en faveur d’un Etat de droit et de la démo­cratie. Elle fait connaître et sou­tient les ini­tia­tives de la société civile pales­ti­nienne dans sa résis­tance contre l’occupation israé­lienne sous toutes les formes reconnues par le droit inter­na­tional.. Elle rap­pelle que celui-​​ci reconnaît la légi­timité et la légalité de la résis­tance popu­laire y compris armée à l’occupation israé­lienne (mili­taires et colons armés). Elle sou­tient direc­tement la résis­tance popu­laire non vio­lente (elle-​​même vio­lemment réprimée par l’armée israé­lienne) notamment contre le mur en Cis­jor­danie, et constitue à cet effet une com­mission du Conseil National chargée des rela­tions avec la coor­di­nation inter­na­tionale mise en place à la 4ème confé­rence de Bil’In

Si l’AFPS condamne sans ambi­guïté les attaques contre les civils d’où qu’elles viennent, elle considère que la toute pre­mière urgence est de com­battre l’impunité dont jouit Israël pour des crimes de plus en plus graves.

En effet on ne peut pas mettre dos à dos les deux pro­ta­go­nistes sous pré­texte que les deux violent le droit huma­ni­taire. La bataille que mènent les Pales­ti­niens est une résis­tance légitime à une occu­pation illé­gitime et cri­mi­nelle restée impunie depuis des décennies alors que les Pales­ti­niens, eux, ne cessent d’être "punis" y compris pour avoir choisi démo­cra­ti­quement de "mauvais" candidats.

3.3.3. Justice pénale – Dans cet esprit, l’AFPS tra­vaille avec les orga­ni­sa­tions, inter­na­tio­nales et natio­nales, de défense des droits humains pour per­mettre la pour­suite de diri­geants poli­tiques et mili­taires israé­liens cou­pables de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de crimes de torture.

D’autre part, à la demande de ses mili­tants et de nom­breux citoyens, l’AFPS a lancé une pétition inter­na­tionale demandant à l’ONU la création d’un tri­bunal pénal inter­na­tional pour ins­truire le dossier des crimes commis à Gaza, pour­suivre et juger leurs auteurs. Ce tri­bunal fixerait ses règles qui pour­raient contourner les obs­tacles que ren­contre dans le cas de la Palestine la Cour pénale inter­na­tionale du fait de son statut. Cette pétition est appelée à se pour­suivre au cours de l’année 2009. Cette pétition des citoyens ne contrarie en rien les éven­tuelles actions qui seraient demandées par des Etats parties au statut de la CPI, ou par le pro­cureur de celle-​​ci saisi par des orga­ni­sa­tions ou des asso­cia­tions. Malgré les dif­fi­cultés – et même en raison de ces dif­fi­cultés – ces actions pour­raient peut-​​être faire bouger les choses. Tout l’arsenal judi­ciaire et poli­tique dont on peut dis­poser pour que les auteurs des crimes inter­na­tionaux soient punis doivent être uti­lisés, mais pas for­cément par les mêmes asso­cia­tions. L’AFPS, dont le champ d’action est très large, a choisi, après analyse attentive, les moyens les mieux adaptés à sa stra­tégie : ne pas s’engager dans une deuxième action en justice alors que nous en avons une, très impor­tante, en cours ; ne lancer des péti­tions qu’en direction d’instances poli­tiques et non pas de juri­dic­tions "indépendantes".

Enfin, l’AFPS, à travers plu­sieurs de ses mili­tants res­pon­sables, s’est for­tement investie dans la mise en place d’un tri­bunal Russell sur la Palestine. A défaut de pouvoir agir direc­tement et rapi­dement dans des pro­cé­dures pénales et tout en ne perdant jamais de vue cet objectif majeur, elle s’est engagés, à travers plu­sieurs de ses mili­tants res­pon­sables, dans une ini­tiative qui a été assumée par la Coor­di­nation euro­péenne des comités Palestine CECP (ECCP) : la consti­tution d’un "tri­bunal Russel", tri­bunal de conscience qui simulera un procès avec de vrais juges, de vrais plai­gnants, de vrais témoins et un verdict. Mal­heu­reu­sement ce ne sera pas la CPI, ce ne sera pas un tri­bunal officiel et donc ce ne sera pas une vraie sanction. Son impact, sa portée morale et poli­tique, seront fonction de sa média­ti­sation. En mars a été annoncé par une confé­rence de presse le lan­cement de ce tri­bunal sur la base d’un appel initié par Leila Shahid, déléguée générale de la Palestine auprès de l’Union euro­péenne, Nourit Peled, Prix Sakharov 2001 et Ken Coates, Pré­sident de la fon­dation Ber­trand Russell. Ce tri­bunal aura à juger les vio­la­tions du droit inter­na­tional com­mises par Israël et, surtout, à juger les com­pli­cités et sou­tiens apportés par des pays à ces vio­la­tions. Car sans ces sou­tiens, Israël ne res­terait pas, comme c’est encore le cas, tota­lement impuni. Aujourd’hui, nous sommes dans l’étape de création de comités nationaux d’appui (CNA) à cette ini­tiative dans laquelle l’AFPS doit s’engager pleinement.

3.3.4. Sanc­tions contre Israël – L’AFPS continue son action résolue contre la colo­ni­sation de la Palestine à travers la demande auprès des élus français de sus­pension de l’accord d’association UE-​​Israël (cf. ci-​​dessus) et à travers la demande du gel des dif­fé­rents accords de coopé­ration (mili­taire, poli­cière, tech­no­lo­gique, com­mer­ciale, écono­mique, cultu­relle, scien­ti­fique et sportive) entre la France et Israël. Ces actions s’inscrivent dans la cam­pagne inter­na­tionale "Boycott, dés­in­ves­tis­sement, sanc­tions" (BDS) ciblant par­ti­cu­liè­rement tout ce qui contribue à la poli­tique israé­lienne d’occupation et de colo­ni­sation. Ce qu’illustre par exemple l’action engagée par les groupes AFPS de la région Lan­guedoc Rous­sillon contre le projet Agrexco à Sète.

De même une cam­pagne citoyenne de boycott des pro­duits israé­liens (repérer tous les pro­duits en pro­ve­nance d’Israël et refuser de les acheter, exiger des gérants des magasins qu’ils pré­cisent l’origine des pro­duits mis en vente) ainsi que des mul­ti­na­tio­nales les plus engagées dans le soutien à l’occupation et la colo­ni­sation, doit se pour­suivre et s’amplifier. La demande accrue d’actions de boycott exige un travail ren­forcé de la com­mission nationale BDS qui devra faire d’autres pro­po­si­tions au CN.

Mais surtout, c’est le cas de l’action judi­ciaire entre­prise, conjoin­tement avec l’OLP, contre des sociétés fran­çaises (Alstom, Véolia trans­ports, et Alstom trans­ports) impli­quées dans la construction et l’exploitation du tramway qui relie Israël à des colonies israé­liennes en ter­ri­toire pales­tinien menée depuis plus de deux ans qui doit se pour­suivre réso­lument après le jugement du 15 avril dernier du tri­bunal de Nan­terre qui a suivi les argu­ments de l’AFPS en se déclarant com­pétent et en déclarant l’AFPS recevable.

3.3.5. Après les mas­sacres de civils aux­quels le monde entier a assisté, la pro­tection inter­na­tionale du peuple pales­tinien se pose une fois de plus. Elle ne peut se situer à l’intérieur du ter­ri­toire pales­tinien et doit être sous la res­pon­sa­bilité de l’ONU et non pas de l’OTAN.

3.3.6. Dénon­ciation de la pré­pa­ration de la guerre d’Israël contre l’Iran et soutien à la cam­pagne pour une zone libre d’armes nucléaires au Moyen-​​Orient Le maintien de l’impasse poli­tique dans la région, en par­ti­culier sur la question pales­ti­nienne, ouvre la voie à une extension et à une aggra­vation de la guerre qui pourrait prendre une dimension nucléaire. Aujourd’hui, ce qui de loin désta­bilise le plus toute la région est le puissant arsenal nucléaire israélien. Les efforts tentés pour bloquer le pro­gramme nucléaire iranien manquent de cré­di­bilité tant que l’on permet à Israël la libre dis­po­sition et le déve­lop­pement de telles armes. La pro­po­sition de l’Assemblée générale des Nations unies de faire du Moyen-​​Orient une zone libre d’armes nucléaires a été jusqu’à présent sans arrêt bloquée par les Etats-​​Unis et Israël. Aujourd’hui cet objectif doit être remis à l’ordre du jour . Il s’agit d’obtenir qu’Israël rende public le nombre de ses armes nucléaires, sou­mette l’ensemble de ses ins­tal­la­tions nucléaires, civiles et mili­taires, au contrôle de l’AIEA et que l’Iran res­pecte ses enga­ge­ments. Dans l’immédiat, cet objectif suppose qu’Israël, comme l’a fait l’Iran, adhère au Traité de non pro­li­fé­ration nucléaire (TNP) et le respecte.

3.4. Déve­lopper la soli­darité avec le peuple pales­tinien dans toutes ses com­po­santes, y compris les réfugiés et les Pales­ti­niens d’Israël : la poli­tique passe aussi par une soli­darité concrète.

En coopérant avec des orga­ni­sa­tions pales­ti­niennes, en orga­nisant des mis­sions, des par­rai­nages ou en appuyant les cam­pagnes d’urgence, l’Afps sou­tient la volonté des Pales­ti­niens de gérer leurs propres affaires et la légi­timité de leur reven­di­cation d’un Etat viable et sou­verain. Ces actions sou­tiennent la résis­tance quo­ti­dienne à l’occupation.

3.4.1. L’Afps contribue à l’établissement et au suivi de projets pérennes (éducation, santé, eau, culture, agri­culture) et de déve­lop­pement durable en Palestine (projet huile d’olive, projets sociaux et culturels) et dans les camps de réfugiés, définis avec les orga­ni­sa­tions palestiniennes.

3.4.2. L’Afps favorise l’engagement de groupes locaux à apporter les sou­tiens concrets indis­pen­sables aux pôles de résis­tance popu­laire dans les Ter­ri­toires occupés et, à cet effet, il convient de créer un groupe de travail qui pro­posera des moda­lités de soutien concret.

3.4.3. Les mis­sions restent l’une des prio­rités poli­tiques de l’Afps. Elle encourage et coor­donne des mis­sions en Palestine et au Liban répondant direc­tement à ses objectifs en les arti­culant avec les projets aux­quels elle contribue (soutien aux projets, soutien à la résis­tance popu­laire , soutien à la cueillette des olives, etc.).

3.4.4. L’AFPS favorise la coopé­ration décen­tra­lisée entre col­lec­ti­vités locales fran­çaises et muni­ci­pa­lités et camps de réfugiés pales­ti­niens. La coopé­ration entre col­lec­ti­vités d’ici et de là-​​bas est en effet un moyen de contact pour les élus et la popu­lation avec la réalité pales­ti­nienne. Les échanges qui en résultent peuvent entraîner une meilleure com­pré­hension et des chan­ge­ments d’attitude positifs en France. Enfin, dans la mesure où elle contribue au ren­for­cement des struc­tures de la société pales­ti­nienne, la coopé­ration est un soutien à la résis­tance au quo­tidien. Elle devra être vigi­lante à l’égard des ten­ta­tions, « dans un souci d’équilibre », de col­lec­ti­vités fran­çaises d’imposer aux Pales­ti­niens des coopé­ra­tions tri­par­tites (France, Palestine, Israël). Elle se réserve le droit d’intervenir publi­quement en uti­lisant les moyens adaptés à la réalité locale. La commune est le premier échelon de la vie poli­tique fran­çaise. Quand une commune prend publi­quement position, cela constitue un acte poli­tique qui est perçu comme tel par la popu­lation et les ins­tances supé­rieures qui en sont informées ( députés, pré­fecture, gou­ver­nement etc.).

3.4.5. Elle organise le par­rainage, notamment d’enfants. En principe, ces par­rai­nages sont assumés par des per­sonnes. Mais un certain nombre de groupes locaux en ont fait un projet col­lectif. Les par­rai­nages par des groupes locaux per­mettent parfois un meilleur suivi des familles et sont à encourager.

3.4.6. Elle promeut des cam­pagnes d’urgence (SOS Palestine). Ces cam­pagnes font écho à des besoins tel­lement énormes que les sommes envoyées semblent déri­soires au regard de ces besoins et énormes si on pouvait les uti­liser pour des actions en France. Elles sont aussi cri­ti­quées par cer­tains mili­tants qui y voient des actions d’assistance pure sans contenu de soli­darité poli­tique. Mais ces actions répondent aussi à une demande ici de per­sonnes qui ne conçoivent que ce tyupe d’actions pour exprimer leur soli­darité avec le peuple pales­tinien. Il n’est pas rare que des adhér­tents de l’AFPS soient arrivés à l’association par ce biais.

3.5. Ren­forcer le mou­vement de soli­darité avec la Palestine, notamment en France et en Europe

3.5.1. L’internationalisation accrue de la question pales­ti­nienne, mais aussi de la mobi­li­sation soli­daire, conduit l’AFPS à appro­fondir les rela­tions avec les mou­vement de soli­darité au moins à l’échelle de l’Euro-Méditerrranée. 3.5.1.1. Elle contribue à pro­poser et à fixer des objectifs pro­gram­ma­tiques sur les­quels puisse se mobi­liser l’opinion publique. 3.5.1.2. Elle contribue à ce que ces objectifs soient pris en charge par un mou­vement large, repré­sen­tatif, démo­cra­ti­quement organisé et sus­cep­tible de peser sur le monde poli­tique. 3.5.1.3. Elle contribue donc à établir une coor­di­nation et une cohé­rence de l’action du mou­vement dans son ensemble en France (notamment avec la Plate-​​forme des ONG pour la –Palestine et le Col­lectif national pour une paix juste entre Pales­ti­niens et Israé­liens CNP). 3.5.1.4. Elle entend tra­vailler davantage dans les quar­tiers popu­laires, dans les ban­lieues, et en direction de la jeu­nesse (en relation avec les orga­ni­sa­tions qui mènent ou sont prêtes à mener un travail de soli­darité sur la base du respect du droit inter­na­tional) pour l’action commune et éviter la com­mu­nau­ta­ri­sation d’une partie du mou­vement de soli­darité. Elle contribue de la même façon à l’élargissement du mou­vement de soli­darité européen, sin­gu­liè­rement à travers la Coor­di­nation euro­péenne des comités Palestine (CECP/​ECCP).

3.5.2. L’AFPSrenforce ses rela­tions poli­tiques avec les ins­ti­tu­tions et les médias en arti­culant lob­bying ins­ti­tu­tionnel et mobi­li­sation citoyenne. L’une de ses tâches prio­ri­taires sera de mettre sur pied une com­mission du Conseil national qui aura pour charge d’élaborer une stra­tégie de com­mu­ni­cation et de lob­bying, objectif déjà retenu lors du dernier Congrès et non mis en œuvre.

3.5.3. Elle organise des débats, confé­rences, mani­fes­ta­tions et ini­tia­tives diverses de soli­darité. Elle par­ticipe à ceux où elle est invitée, dans le cadre du respect de la charte et des valeurs de l’AFPS.

3.5.4. Elle promeut les cam­pagnes natio­nales (, contre le murl’annexion et la poli­tique de judéï­sation de Jérusalem-​​Est, contre le tramway en Cis­jor­danie, pour les pri­son­niers et la libé­ration de Salah Hamouri, pour les réfugiés), avec pour outils la demande de sus­pension de l’accord d’association UE-​​ Israël et des sanc­tions contre Israël, dont le boycott de pro­duits israé­liens, etc.. Ces cam­pagnes s’articulent avec les actions contre la colo­ni­sation dans toute la Cis­jor­danie, y compris dans la Vallée du Jourdain par­ti­cu­liè­rement visée. Un suivi national, voir européen, des péti­tions, doit être assuré ; et les groupes locaux informés de leur avancée et résultats.

3.6. Se doter des moyens internes pos­sibles et néces­saires pour mener à bien ces actions et cam­pagnes, tant pour répondre à l’urgence que pour être orga­nisée pour le long terme

3.6.1. Pro­mouvoir une dyna­mique nationale et le déve­lop­pement des groupes locaux, En mettant l’action du groupe local au cœur de notre orga­ni­sation, de sa vie, nous devons favo­riser la coor­di­nation des groupes locaux pour assurer une dimension nationale à l’activité de l’AFPS, garan­tissant la visi­bilité et l’efficacité de notre asso­ciation. (rôle du siège national).
- Il s’agit de favo­riser si néces­saire des coor­di­na­tions souples dirigées et animées par les groupes locaux (mutua­li­sation des moyens)
- Dans cet esprit la dimension régionale doit être mieux prise en compte. Elle cor­respond à une réalité du pouvoir poli­tique et écono­mique de notre pays.
- Per­mettre un échange d’expériences notamment par liaison hori­zontale informant tous les mili­tants. (Rôle de Palestine Soli­darité, de la Confé­rence nationale des groupes locaux et du site Internet).
- Chercher à gagner des adhé­rents à l’occasion de toutes les actions. Cet objectif doit être compris par tous les mili­tants comme partie inté­grante de l’action de solidarité

3.6.2. Mettre l’accent sur la recherche et le suivi de moyens humains (salariés et béné­voles) pour amé­liorer l’efficacité de l’association. La for­mation des salariés doit être partie inté­grante de la poli­tique sala­riale de l’AFPS. C’est un des leviers pour l’amélioration de son efficacité

3.6.3. Assurer une infor­mation rapide et lorsque c’est estimé néces­saire, une mobi­li­sation rapide (le site de l’AFPS en est l’un des outils, de même que la lettre hebdomadaire).

3.6.4. Assurer une infor­mation appro­fondie sur les prin­cipaux aspects et enjeux du combat pales­tinien. Pour la Palestine jouait un rôle majeur dans ce domaine. La sus­pension de sa parution en 2009, en même temps que celle de la Revue d’Etudes pales­ti­niennes, oblige à une réflexion sur les formes de notre expression poli­tique (revue, élec­tro­nique) devant aboutir à des pro­po­si­tions, pour sa relance ou son rem­pla­cement, incluant la dimension finan­cière, avant la fin de l’année.

3.6.5. Assurer une for­mation politico-​​historique des mili­tants et du public (uni­ver­sités d’été, journées de for­mation et cahiers de for­mation) et coor­donner les actions de for­mation des groupes locaux, qui doivent s’intensifier..

3.6.6. Assurer un fonc­tion­nement financier affiné et suivi en fonction des orien­ta­tions à l’échelle nationale, ce qui implique la recherche de res­sources finan­cières sup­plé­men­taires (ce doit être le souci non seulement du tré­sorier et de la Com­mission finan­cière mais aussi de toute l’association).

C’est avec tous ces ins­tru­ments que l’Afps essaie de se déve­lopper et de se conso­lider pour impulser les actions de soli­darité avec le peuple pales­tinien et déve­lopper celle-​​ci jusqu’à la réa­li­sation de ses droits.

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