Rafah ouvre 3 jours, 2.500 Palestiniens sortent de Gaza sous blocus

Nouvel Obs avec AFP, mercredi 17 février 2016

Des Palestiniens attendent la permission d'entrer en Egypte, au point de contrôle de Rafah, dans la bande de Gaza, le 13 février 2016 (c) AFP

Près de 2.500 personnes sont sorties en trois jours de la bande de Gaza via l’Egypte, qui a rouvert le seul accès à l’enclave palestinienne à ne pas être contrôlé par Israël, ont indiqué mardi les autorités locales.

Pour la première fois depuis 70 jours, l’Egypte a ouvert le terminal de Rafah samedi avant de la refermer lundi soir. Seuls pouvaient passer les "cas humanitaires", par exemple des patients devant recevoir des soins à l’étranger et accompagnés de leurs proches.

Pendant ces trois jours, "2.439 personnes ont quitté la bande de Gaza et 1.122 y sont entrées", a dit le ministère de l’Intérieur à Gaza.

La bande de Gaza, dirigée sans partage par le mouvement islamiste palestinien Hamas, est soumise depuis dix ans à un strict blocus israélien. Les entrées et sorties de biens et de personnes sont rigoureusement contrôlées par les autorités israéliennes et font l’objet de demandes de permission fastidieuses pour un résultat non garanti.

Quant au terminal de Rafah, qui donne sur le Sinaï égyptien, l’Egypte le maintient fermé quasiment en permanence depuis la destitution en 2013 du président Mohamed Morsi, membre des Frères musulmans dont est issu le Hamas.

En 2015, "pire année" au point de passage selon le Hamas, Rafah n’a été ouvert que 21 jours, à chaque fois deux ou trois jours et pour les cas "humanitaires".

Selon l’ONU, 30.000 Palestiniens sont enregistrés comme "cas humanitaires" attendant de pouvoir sortir de Gaza.

A chaque ouverture de Rafah, de longues files se forment, des familles encombrées de lourdes valises s’entassant dans et autour du terminal. La plupart sont munis d’un laisser-passer approuvé par les autorités gazaouies et égyptiennes, mais certains doivent rebrousser chemin.

Cette fois, "334 personnes ont été refoulées par les autorités égyptiennes", a indiqué le ministère gazaoui de l’Intérieur.

Sarah Abou Karech a raconté son calvaire à l’AFP avant de finalement pouvoir monter dans un bus pour quitter Gaza : "J’étais venue à Gaza pour des vacances. Je ne devais rester qu’une semaine, mais je me suis retrouvée bloquée à cause de la fermeture de Rafah et j’y suis restée un an et demi".

L’Egypte accuse régulièrement les Palestiniens d’être derrière les attaques jihadistes qui secouent le Sinaï. Elle a lancé fin 2014 la création d’une zone tampon.

En 2012, près de 35.000 voyageurs transitaient chaque mois via Rafah, selon l’ONU. En 2015, la moyenne mensuelle est tombée à moins de 2.400.

Par le passé, de nombreux Gazaouis poursuivaient leurs études en Egypte, tandis que de nombreuses personnes se rendaient dans l’enclave palestinienne pour visiter des proches. Mais la fermeture de Rafah a mis fin à ces flux.