Quelle situation économique pour la Palestine ?

La Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) vient de rendre public un rapport, intitulé « Rapport sur l’assistance de la CNUCED au peuple palestinien : Évolution de l’économie du territoire palestinien occupé ». L’organisation fait ainsi le point sur les évolutions qu’ont permis les aides qu’elle a apportées en 2010, mais aussi sur la persistance de disparités économiques entre les différents territoires palestiniens et les améliorations à apporter.

Affaires stratégiques, mercredi 31 août 2011

La croissance économique a enregistré une hausse notable de 1,9 points (7,4% en 2009 pour 9,3% en 2010), mais cette croissance, alimentée par les aides, non créatrice d’emplois (le taux de chômage dans l’ensemble de la zone est de 30%) ne sera pas durable si aucun changement structurel n’est opéré. Les disparités économiques sont frappantes : le PIB a progressé de 15% en un an à Gaza, mais n’a augmenté que de 7,6% en Cisjordanie, ce qui n’amène néanmoins le premier qu’à 900 dollars contre 1900 dollars pour le second. Gaza est un peu à part des autres territoires palestiniens, parce que les restrictions et le blocus qui y sont imposés y rendent les conditions humanitaires déplorables et empêchent l’amélioration de la situation (les restrictions qui pèsent sur les importations de matières premières freinent le redressement du secteur privé et contrarient donc les projets d’investissement publics d’infrastructures, pourtant envisagés par le Plan national palestinien de redressement et de reconstruction de Gaza de 2009).

La pauvreté demeure très grande dans les territoires palestiniens : 26% d’entre eux vivraient dans la pauvreté en 2009-2010, et la CNUCED indique que sans l’aide qu’elle a apporté, le taux aurait atteint les 31% (on compte 18% de « pauvres » en Cisjordanie contre 38% à Gaza). Le Programme alimentaire mondial (PAM) indique que 50% des Palestiniens ont été exposés à l’insécurité alimentaire, 33% sont actuellement en état d’insécurité alimentaire et 17% en sont menacés. A Gaza, les chiffres sont respectivement de 65%, 52% et 13%. En cause, la forte dépendance vis-à-vis du commerce avec Israël et le creusement du déficit commercial, ainsi que la fragilité budgétaire, qui demeure élevée en dépit des mesures d’austérité.

Depuis vingt-six ans, la CNUCED apporte son aide au développement économique de la Palestine. Actuellement, l’organisation travaille beaucoup sur l’amélioration des douanes palestiniennes qui, en devenant plus performantes, permettraient d’augmenter les recettes douanières. Un nouveau projet de coopération technique visant à consolider les résultats obtenus, financé par la Commission européenne, devrait voir le jour à la fin de l’année 2011. Mais l’amélioration des douanes n’est pas le seul cheval de bataille de la CNUCED, qui s’investit dans de multiples domaines pour permettre une amélioration des conditions de vie dans les territoires palestiniens.